Sans importance

Soit dit en passant j'ai beaucoup à apprendre

05 décembre 2009

Mon père, ce veil homme

J'étais ce soir sur msn avec une amie qui a lu LE (Son? Mon? Celui qu'elle m'a commandé? Celui que j'ai écrit?) livre.

J'ai du mal à écrire « mon livre » (je trouve ce terme pompeux me concernant) surtout depuis que quelques personnes le lisent, l'ont lu, vont le lire!

C'est ridicule mais peut être est-ce simplement parcequ'il n'est pas MON livre, il a été écrit par moi, mais il ne m'appartient pas.

Mais là n'est pas le propos. Cette amie donc, me glisse tout à coup (je ne me souviens pas des propos exacts)

« Dans ce livre, tu as tué ton père »

Ce ne sont pas les termes exacts, c'était de sa part une constatation sur ma façon inconsciente d'avoir éliminé mon père de l'histoire, de façon prématuré .

Je n'en avais pas eu vraiment conscience mais elle a touché dans le mille.

Mon père (vivant et bonne santé comme on peut l'être à son âge, merci!) fait des passages très fugaces dans ce livre.

Et puis je le tue, je le fais disparaître, sans donner d'explication. Il est mort et ça s'arrête là. Je continue mon histoire comme si de rien n'était.

Je n'ai pas cherché d'explication à cela. Je ne voulais pas de lui lorsque j'écrivais sur ma mère, parce qu'il n'avait aucune importance dans le déroulement de l'histoire. Parce qu'il devenait même gênant.

Et d'ailleurs, il a été très peu présent sur la fin de vie de ma mère. Elle était dans une clinique, loin de chez lui et il venait très peu la voir. Les 2 dernières semaines de sa vie n'appartiennent qu'à elle et moi.

J'ai très peu de souvenirs de mon père, du temps ou j'étais enfant. Très très peu. En creusant bien mes souvenirs, je n'en trouve que 3 ou 4, que je narre dans le livre.

J'ai pourtant une mémoire intacte en ce qui concerne ma petite enfance. Certains souvenirs remontent à mes 2 ans. Et pourtant, mon père est absent, absent de ses souvenirs.

L'ai-je délibérément effacé? OU tout simplement n'était-il jamais  là dans ces instants là.

Lorsque j'ai écrit le livre, je me souviens avoir écrit les paragraphes dans le désordre.

Hormis les 3 souvenirs qui le concernent vraiment, je me suis inventée un père présent et participant  aux tâches quotidiennes, alors que ce n'était pas le cas, du moins n'en ai-je pas de souvenirs précis.

Je me souviens donc, à mesure que le livre avançait, avoir été gênée par sa présence. Je ne savais pas où le mettre. Il me semblait de trop. Il me gênait dans l'écriture. Je l'ai donc fait disparaître. Je l'ai effacé.

Mais en y réfléchissant mieux, il est évident qu'il n'a jamais fait partie de ma vie, ni moi de la sienne.

Alors oui, tout compte fait, il disparaît du livre sans crier gare.

Oui je l'efface, je tue LE père.

Et ce soir, je m'en rends compte, et je m'apitoies sur la petite fille que j'étais, qui a grandi sans l'image d'un père.

Mais ça s'arrête là. Depuis quelques mois à peine, j'ai fait le deuil de ce père qui n'a jamais existé pour l'enfant que j'étais.

Et je m'applique à tolérer, presque aimer cette personne âgée qui m'appelle 1 ou 2 fois par semaine.

Cette personne que ma mère a aimé. Ce vieil homme qui a été un enfant, un enfant triste et mal aimé. Un enfant peut être malmené, parce que peut être déjà différent.

Et cette question qui tout à coup me traverse l'esprit.

Ce livre est-ce que je lui dirai un jour que je l'ai écrit?

Ce livre, est-ce qu'il en verra un jour la couverture?

Je sais qu'il ne le lirait pas. Il est de toute façon presqu'aveugle.

Mais qu'il l'est un jour dans les mains pourrait peut être m'aider à accepter celle qui est si différente de l'enfant qu'il a voulu faire de moi.

L'idée doit faire son chemin sans doute!

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30 novembre 2009

Quand j'étais petite

Ça circule sur les blog, j'ai rebondis sur le blog de Valclair

10 souvenirs de « Quand j'étais petite »

 

  1. Quand j'étais petite, j'étais très petite, toujours le plus petite de la classe.

    Alors dès le début de l'année, j'entendais le maître, la maîtresse, les profs dirent: « Les plus petits passent devant » et ainsi je me retrouvais sur la rangée de devant, en classe, sur la photo de classe, en rang dans la cour de l'école.

    J'ai pensé m'être débarrassée de cet adjectif lorsque je suis allée à la fac, je pouvais enfin m'installer où je voulais dans les amphis. C'était sans compter sur les cons qui me disaient de retourner en maternelle. Ma revanche? Leur dire que j'avais 2 ans d'avance!

  2. Quand j'étais petite, je déguisait mon chien, mon chat, et même mes cochons d'inde avec les habits de mes poupées, et je prenais des photos avec un appareil jetable. C'était ma façon de partager avec eux mes jeux d'enfant.

  3. Quand j'étais petite, j'ai pensé que ma sœur allait mourir devant mes yeux, et que c'était ma faute. Peut-on être responsable d'un accident alors qu'on n'a que 5 ans?

  4. Quand j'étais petite, je vouais une admiration sans limite à ma sœur, d'un an mon aînée. Je la trouvais plus intelligente, plus sociable. Elle était la préférée de tout notre entourage. Je n'en souffrais pas car je trouvais que cette préférence était légitime.

  5. Quand j'étais petite, je zozotais. Une langue mal placée et des dents du bonheur transformait mes "s" et "z" et mes "j" en "ch".  Le jour de mes 10 ans, j'ai décidé de changer ça, être la plus petite était une tare bien suffisante. Je me suis entraînée seule à placer ma langue correctement. Je répétais un mot jusqu'à ce que le "s" soit presque parfait. Aujourd'hui, il m'arrive encore de zozoter, mais c'est très rare.

  6. Quand j'étais petite, je tétais ma langue pour m'endormir, et lorsque je m'ennuyais aussi. Cela me rassurait, et je l'avais toujours à portée de main. Aujourd'hui encore, je tête ma langue, il faut dire que je n'ai pas grandi non plus!

  7. Quand j'étais petite je souffrais car on se moquait de ma sœur qui était très ronde. Elle en riait, mais je savais qu'elle en souffrait. Je ne supportais pas qu'on le dise, devant elle, ou pas. Cela me mettait dans une colère que j'avais du mal à contrôler. Ma sœur a cessé d'être ronde à l'âge adulte, mais les cicatrices sont restées, pour elle et pour moi.

  8. Quand j'étais petite, je regardais ma mère faire les chaussons aux pommes. Je les trouvais parfaits. Ça sentait bon dans toute la maison. Je m'en voulais de ne pas les aimer, tant je sentais l'amour qu'elle mettait à les confectionner.

  9. Quand j'étais petite, je n'osais jamais aller faire pipi dans les toilettes de l'école, j'avais peur que quelqu'un réussisse à ouvrir la porte, ou de rester enfermée.

  10. Quand j'étais petite, je ne partais jamais en vacances. Je rêvais de mer ou de montagne. J'ai vu la mer pour la 1ere fois à 14 ou 15 ans, j'ai pleuré tant j'ai trouvé ça beau.

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04 novembre 2009

Le concert

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A quoi voit-on qu'un film est bon?

A la tête des gens qui sortent après la projection.

Et lorsqu'on fait partie de ces gens là, un sourire béat sur les lèvres et des yeux pétillants, on se dit qu'on a bien fait de choisir celui-là même, plutôt que de se laisser emporter par la folie jacksonienne ou hollywoodienne.

Évidemment, j'avais mis toutes les chances de mon côté. J'avais choisi le film bien avant qu'il ne sorte et rien ne pouvait me faire changer d'avis, pas même mon fils qui voulait me traîner voir pour la seconde fois le petit Nicolas.

Qu'à cela ne tienne, il est allé voir Nicolas, et moi celui dont j'attendais impatiemment la sortie.

Le petit jeune à l'accueil m'a dit: « Très bon choix M'dame, vous le regretterez pas »

--Je sais

« Et vous allez pleurer à la fin »

--J'espère bien.

Des les premières images, je trouve la lumière, je devrais dire, l'ombre, superbe.

Et je suis embarqué à la minute même.

A chaque fois que la larme monte à l'oeil droit, l'oeil gauche est attiré par un dialogue parfois truculent.

Les gens rient dans la salle, puis c'est le silence. Je regarde autour de moi. C'est curieux de voir des gens de tout âge sourire béatement en regardant un grand écran.

Le film c'est comme une partition qui se joue devant nos yeux, on nous emporte tout en haut, puis on redescend sur terre. Et puis ça recommence, jusqu'à la scène finale.

On trépigne d'impatience. On veut le voir ce concert, on veut les entendre ces musiciens improbables.

Un film qui oscille entre comédie et émotion.

Ca fait un bien fou

Le Concert, film Roumain de Radu Mihaileanu

Synopsis : A l'époque de Brejnev, Andrei Filipov était le plus grand chef d'orchestre d'Union soviétique et dirigeait le célèbre Orchestre du Bolchoï. Mais après avoir refusé de se séparer de ses musiciens juifs, dont son meilleur ami Sacha, il a été licencié en pleine gloire. Trente ans plus tard, il travaille toujours au Bolchoï mais... comme homme de ménage.
Un soir, alors qu'Andrei est resté très tard pour astiquer le bureau du maître des lieux, il tombe sur un fax adressé au directeur : il s'agit d'une invitation du Théâtre du Châtelet conviant l'orchestre du Bolchoï à venir jouer à Paris... Soudain, Andrei a une idée de folie : pourquoi ne pas réunir ses anciens copains musiciens, qui vivent aujourd'hui de petits boulots, et les emmener à Paris, en les faisant passer pour le Bolchoï ? L'occasion tant attendue de prendre enfin leur revanche.

 

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16 octobre 2009

Fils de

« Désormais, ce qui compte en France pour réussir, ce n'est plus d'être bien né, c'est travailler dur et avoir fait la preuve, par ses études, par son travail, de sa valeur".

Nicolas. Sarkozy


"j'estime que mon devoir n'est pas d'attendre, mais de prendre des responsabilités parce que mes électeurs (...) me le demandent"

Jean. Sarkosy

candidat à la présidence du premier quartier d'affaires d'Europe, La Défense: L'EPAD (Établissement public d'aménagement de la Défense)

 

Faut-il rappeler que ce jeune homme est âgé de 23 ans, qu'il possède un bac et qu'il vient d'entrer en seconde année de droit.

 

Est-il bon de souligner que le bac, en France se passe en moyenne à l'âge de 18 ans, et que la majorité des étudiants ont un bac + 5 à l'âge de 23 ans.

 

 

Faut-il s'armer de prudence et préciser que la valeur n'attend pas le nombre des années, encore eut-il fallu que le mérite et l'expérience aille avec lorsqu'il s'agit d'un poste à haute responsabilité.

 

Est-il bon de préciser que ce jeune homme est « entré en politique » TARDIVEMENT, puisqu'il se destinait d'abord à un métier d'acteur. L'envie de faire de la politique venant à la suite de l'élection de son père à la présidence de la république.

 

En conclusion:

 

A Mr le président de la République Française:

 

Ma fille, âgée de 23 ans

  • Ayant obtenu son bac littéraire avec mention  Bien à 18 ans

  • Ayant été sous-admissible au concours de l'ENS à 20 ans après Hypokhâgnes et Khâgnes.

  • Ayant obtenu une double licence avec mention Bien à 21 ans

  • Ayant passé son master 1 avec mention Très bien à 22 ans

  • Ayant obtenu son CAPES et une admissibilité à l'agrégation à 23 ans

 

Tout en travaillant plusieurs mois dans l'année pour se payer ses études.

 

Ma fille donc, demande à être adoptée par votre grandeur afin de se donner toutes les chances d'obtenir un poste de professeur de littérature dans une prépa, en région Midi-Pyrénées.

 

 

Si vous voyez ce que je veux dire..........

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08 septembre 2009

RETOUR

Ca bouillonne dans ma tête

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Je reviens à la maison

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31 juillet 2009

Pause

Blog en pause pour une heure, un jour, une semaine, un mois, une éternité?

Blog en pause de mots, remplacés par des arrêts sur image.

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21 mai 2009

La sieste

Il y a la pelouse à tondre, les tomates à planter, et puis les rosiers à tailler, et la chaise longue qui me fait de l'oeil.

Par une journée ensoleillée, le jardin sent bon le printemps. Les températures grimpent, et la chaise longue n'attend que moi.

Après le repas, vaisselle faite, cuisine rangée, je prends mon café, à l'ombre du cerisier.

J'ai sorti table et chaises de jardin. Les premiers repas « dehors » rassurent et le moral est au beau fixe.

Je n'ai pas sorti le parasol, on a tant besoin de chaleur sur nos peaux frileuses et blanches. La chaise longue me tend les bras. Il n'est pas encore l'heure.

Je l'ai juste sortie « au cas où » ou pour tout à l'heure. Après la promenade des chiens, après que le linge soit étendu. Après que le coup de fil soit passé.

Et puis je me décide enfin. Lunettes de soleil, livre dans une main, perrier orange dans l'autre, je m'installe enfin.

Tête à l'ombre, corps au soleil, j'apprécie l'instant présent.

Non, je ne fais pas la sieste, je me détends simplement.

Je lis quelques ligne, bois une gorgée, me replonge dans mon livre. Puis pars à la dérive.

La chaise longue prête à la contemplation. Des avions tracent des lignes impeccables dans un ciel sans nuage.

Je me concentre sur le chant des oiseaux. Je fais taire mes chiens. Silence! Non! Je ne fais pas la sieste, je prends du bon temps.

Tout doucement, je me laisse aller à une torpeur douce et légère. Un petit vent vient rafraîchir l'atmosphère, juste assez pour ne pas sentir la morsure du soleil. Juste assez pour se sentir de mieux en mieux.

Je ne fais jamais la sieste, vous savez! Pas le temps, pas envie, trop de choses à faire et jamais le temps de rien.

Je me suis allongée quelques instants. Je suis en train de lire un livre très intéressant.

Je me suis laissée aller à ne plus penser à rien, du coton a envahi mon cerveau. Une apesanteur bien sympathique a pris possession de mes muscles.

J'ai bien essayé de lutter. Non! Je ne fais pas la sieste. J'ai ce livre à finir, et puis un texte à écrire.

Il faut aussi que j'entame le marathon. Voyez, pas de temps à perdre.

La chaise longue m'a prise par surprise.

Le temps était à l'orage. Sur ma chaise longue, je voulais bouquiner. Je me suis endormie, sans y penser. Une petite sieste j'ai fait.

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20 mai 2009

Marathon (2)

J'aime les arbres, pour ce qu'ils représentent. Dans un arbre, je vois la vie, je vois le temps qui s'écoule lentement.

Je vois les saisons, je vois le décor qu'ils dessinent dès qu'ils sont à plusieurs.

J'aime toucher le tronc rugueux, c'est leur fierté d'exhiber cette force tranquille.

Et la fragilité qui les caractérise aussi dans leur feuillage qui se balance au gré des intempéries.

Et tout un monde qu'il cache dans leurs racines: l'attachement à leur terre, autant de cordons ombilicaux qui les relient à leur mère nourricière.

 

Près des arbres il y a souvent de l'eau.

Dans les montagnes, les ruisseaux sont des cascades.

Les milliers de gouttelettes jouent une symphonie qui, si vous n'y prenez gare, vous hypnotise au point de vous clouer au sol de longues heures encore.

Il faut s'éloigner des villes, oublier les routes surchargées.

Il faut emprunter des petites routes de campagne, puis des chemins de terre.

Il faut laisser la voiture et continuer en marchant.

Et puis il faut grimper, parfois à travers les rochers, loin des sentiers balisés.

Il faut suer sang et eau pour atteindre la source.

Et puis on pose le sac à dos, on enlève chaussures et chaussettes, on trempe ses pieds meurtris dans l'eau glacé et tout est oublié.

Je me sens souvent « bête » dans la montagne. Je souris sans raison, je respire à plein poumon, je me roule dans l'herbe.

Je me sens libre de ressentir des émotions vierges de toute pollution extérieure.

La futilité dans laquelle nous plonge la société actuelle, la course éfrénée au bonheur « virtuel »; entendez par là bonheur fabriqué par pub interposée, apparence à exhiber, et rôle à tenir en société; me devient insupportable.

Alors, couchée dans l'herbe avec le soleil pour témoin, je rêve que plus jamais je ne redescendrai dans la vallée.

Et puisque j'aime les arbres, je les photographie.

Je cherche le détail qui les identifie. Qui fait qu'un arbre ne ressemble à aucun autre.

Dans chaque paysage où je pose mes pas il y a des arbres. Et parmi eux je cherche MON arbre.

Mon arbre, c'est celui qui me ressemble. Il va attirer mon oeil par un détail, que parfois je suis seule à remarquer.

Ou bien il va s'imposer à moi par son caractère affirmé, se positionnant de façon très particulière. Ainsi mon regard sera aussitôt attiré vers lui.

Ne pensez pas que ce soit facile de découvrir son arbre, dans chaque lieu de balade. Il faut parfois chercher, marcher longtemps, y penser au détour de chaque arbre, et puis ne plus y penser du tout, plongé dans la beauté du paysage.

Jusqu'à ce que, au détour d'un chemin, l'arbre apparaisse enfin.

Une aubépine au sommet d'une montagne nue.

Un vieux chêne malade dans une forêt de sapins.

Un bouleau pris dans un fil de fer barbelé.

On immortalise l'instant pour laisser une trace quelque part, un peu comme un tampon au bas d'une feuille administrative.

Fait à tel endroit, tel jour. Ceci est mon arbre, dans ce paysage là.

Chaque arbre ainsi répertorié est une de mes racines.

Chaque racine me maintient en vie.

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19 mai 2009

Mon marathon (1)

J'entends la pluie dans le jardin.

Les chiens grattent à la porte, l'un d'eux n'aime pas les orages.

Les enfants font du bruit, ça m'énerve. J'aimerais les mettre au lit, mais à leur âge, c'est trop leur demander (en tout cas avant minuit un samedi)

Moi, je suis là, imperturbable, ma seule crainte étant que ma connexion ne me lâche avant la fin du marathon. Besoin d'écrire, quand tu nous tiens, tu nous ferais vendre notre âme au diable.

Au diable l'humeur des chiens, l'orage qui gronde, et les enfants qui parlent trop fort. Même le bon Dieu ne me détacherait pas de ma mission: marathonner au delà de la nuit si le coeur m'en dit.

De toute façon, je ne crois ni en Dieu ni au Diable, et je ne vois pas ce que viennent faire ici ce propos mal à propos.

D'ailleurs, ce n'est pas sur ceux-ci que je voulais écrire mais sur cela.

La page étant usée, et encouragée par l'orage qui gronde, je vais donc choisir la facilité.

De Dieu il sera donc question, et si vous n'y prenez gare, je risque d'enchaîner sur le bon petit diable et autres lutins malins.

J'ai fait la connaissance de Dieu, par l'intermédiaire du curé de la commune, le jour de mon baptême.

Mais de ceci je ne m'en souviens point. Pendant que mon parrain me portait fier dans ses bras, vers l'autel pour me faire adopter par Dieu le père, je pensais au prochain biberon qui n'allait pas tarder.

Je failli me faire noyer dans un bénitier parce que le curé mal intentionné m'avait sans doute pris pour un diablotin.

Après 1 hoquet de surprise, 2 rôts d'indignation, et un hurlement de colère, on me remit enfin dans les bras de maman.

La récompense fut à la hauteur des émotions de ma rencontre avec l'eau bénite: un bon biberon de lait chaud servie dans les bras de maman.

Ce n'est que bien plus tard que je réalisais mon incapacité à aimer Dieu

A peine remise de  ma noyade  mon baptême, je dû me rendre à l'évidence:

Je n'en n'avais pas fini avec Dieu et ses apôtres.

Issue d'une famille catholiquenonpratiquantemaisdésireusedefairecommetouslesgensduvillage (ce qui consiste à envoyer ses enfants au catéchisme pour se faire pardonner de déserter l'église le dimanche) j'ai eu droit à toute la panoplie de l'enfant de coeur, sans coeur et avec tous les reproches possibles et imaginables pour ce bon dieu qui m'obligeait à inventer des péchés pour ne pas passer pour une menteuse, voire une muette dans le confessionnal!

Catéchisme oblige, le chemin de l'autel passe par le confessionnal. Une fois par semaine si possible, juste après la leçon de catéchisme.

Assis en rang d'oignon sur les bancs de l'église. Se tortillant les mains en attendant son tour. Il fallait ruser pour trouver à chaque fois un nouveau péché, pas trop gros pour vite se faire pardonner avec un avé et 2 maria, ce qui était déjà punition bien lourde pour qui considérait déjà le confessionnal comme un instrument de torture (ce qui était mon cas)

  • Qu'a tu à me dire aujourd'hui?

    Mon père.... Heu!!!!!!! J'ai péché!

  • Qu'as-tu fais?

    Ben! Heu! .... J'ai crié après ma soeur!

  • C'est tout?

    Non! J'ai tiré la queue du chien!

  • Mais encore?

    J'ai menti

  • Pourquoi?

    Parce que j'aime pas les épinards, alors j'ai dit à maman que j'avais mal au ventre.

  • .............

    .............

  • C'est tout?

    Oui mon père!

  • Tu es pardonné. Tu me diras 2 je vous salue Marie, ça suffira. Vas en paix mon enfant.

Quel soulagement de sortir de cette prison. Ma punition récité en deux temps, trois mouvements, petite génuflexion devant l'autel avant de repartir en courant, et je retrouvais l'air du dehors.

Mr le curé était satisfait, je n'avais pas fait de gros péchés à l'entendre.

Dieu ne saurait pas que j'avais volé des bonbons à l'épicerie du coin. Il peut pas être partout à la fois hein!

J'ai eu la chance d'avoir un curé vieille France, qui n'hésitait pas à jouer de la baguette sur les doigts et du coup de pied aux fesses pour faire rentrer le énième commandement dans nos crânes d'enfant plus ou moins sages. Je dis chance car il m'a permis de très vite remettre en question l'existence d'un dieu qui prenait pour péché la moindre broutille d'enfant sage et laissait des vieilles bigotes déblatérer sur Paul ou Jacques, du moment qu'elles se tenaient au premier rang à la messe le dimanche.

Une vague idée d'injustice s'est insinuée en moi dès ma confirmation. De laquelle je ne me souviens que du fichu blanc que j'avais sur la tête.

On ne fait jamais les choses à moitié dans nos campagnes. La première communion a suivie (c'était quoi déjà?)

Mais le fossé se creusait doucement. Je ne trouvais pas mes bêtises si détestables au point d'être condamnées sans avoir été défendues.

Et embrasser un garçon sur la bouche ne menait pas directement en enfer. J'avais tenu à prendre le risque moi même, par esprit de rébellion (et surtout parce que le garçon en question avait une bouche qui se prêtait très bien à cette expérience).

Bon an, mal an, je suis arrivée à la dernière étape: communion solennelle. Robe blanche, voile de nonne, souliers blancs vernis.

Ce qui me reste? Le souvenir des 3 jours passés avec mes compagnons d'infortune pour la préparation: Blague en tout genre, bataille de petits pois, petits mots passés de main en main. Retour en fanfare du presbytère.

Il me reste aussi l'image de ma tante, complètement soûle, au point de rouler sous la table du resto ou un festin avait été organisé pour fêter ma « communion »

Décidément, Dieu ce jour là était lui aussi à la fête, c'est pourquoi il était plus laxiste qu'à son habitude.

Les cadeaux venaient récompenser mes années de labeur. Et mettre un point final avec mon aventure « pratique du catholicisme ».

Quelques années plus tard je pris le temps de lire la bible et de me poser la vraie question: Qui est Dieu.

N'ayant pas trouvé la réponse, je pris pour acquis que Dieu n'existait pas.

Et entre nous, si il existe vraiment, il me pardonnera bien ce petit péché d'orgueil, si orgueil il y a dans le fait d'imaginer que je suis bien assez grande pour me débrouiller seule, sans croix au dessus de mon lit ni confessions intimes!

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17 mai 2009

Après le marathon

Le marathon d'écriture s'achève ce soir. Beaucoup de participants ont écrit durant ces 8 jours.

J'ai moi même fait "mon marathon" le week-end dernier". 8 Heures d'écriture non stop. 10 textes produits.

Et la frustration de ne pas avoir pu recommencer pendant la semaine.

Un plaisir aussi: celui d'avoir partagé mon marathon avec Pati, avec qui mon empathie d'écriture se confirme au fil du temps.

Après ce marathon, une grande lassitude m'a envahie. Je me suis sentie vidée de mon envie d'écrire ou de lire sur kaléïdo.

En fait, même ouvrir mon ordi était difficile.

Ainsi j'ai quelque peu déserté Kaléïdo et ce blog.

J'attendais que le désir revienne, et il tarde à revenir.

Alors j'attends moi aussi, sur mon banc, sous mon arbre, au pied de la montagne

PB190772

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