21 septembre 2009
21 septembre 2001: AZF
Je me trouvais à 60 km du lieu de l'explosion. La radio allumée, je faisais du repassage.
Puis, vers 11h la nouvelle est tombée: on a parlé d'explosion, et tout de suite après de terrorisme. Le 11sept était encore (et pour longtemps) dans toutes les mémoires.
J'ai essayé de téléphoner à ma soeur, qui travaillait à l'époque près de la cité de l'espace.
Evidemment, la plupart des gens faisaient comme moi. Téléphone fixe coupé, impossible de l'avoir sur son portable.
Au fur à mesure que la journée avançait, les images défilaient à la télévision et la panique montait.
Mon neveu était au lycée près de Rangeuil. On voyait à la télé des scènes de panique, l'autoroute en champs de bataille, le centre ville lui même avait été touché, des vitres brisées partout dans les rues.Des gens déboussolés. Et toujours pas de possibilité d'avoir des nouvelles.
Les numéros verts à disposition étaient saturés, les urgences de tous les hôpitaux et cliniques alentours pris d'assau.
D'immense bouchons se sont formés sur l'autoroute, dans la direction opposé de l'explosion. Tous les étudiants et tous ceux qui avaient de la famille dans la région partaient. Certains, sont même arrivés en voiture, dans notre ville, sans savoir ce qui s'était passé, et blessés.
L'explosion a eu lieu le matin à 10h18. Je n'ai eu des nouvelles de ma soeur et ses enfants que tard dans la soirée. C'est elle qui a réussi à me joindre. Et elle m'a raconté l'enfer.
L'explosion s'était entendu à des kilomètres à la ronde.
Un séisme de magnétude 3,4 a été enregistré.
La déflagration a creusé un cratère de forme ovale de 70 mètres de long et 40 mètres de largeur, et de 5 à 6 mètres de profondeur.
Tous sont sortis dans la rue et ont vu le nuage de poussière qui s'élevait du site AZF. Les gens ont voulu rentrer chez eux, récupérer leurs enfants à l'école. Pour eux une bombe avait explosé, ou un avion s'était écrasé quelque part.
Beaucoup ont compris de suite que c'était AZF, et pas mal de Toulousains se méfiaient de cette bombe à retardement qu'était cette usine donc la cheminée se voyait à perte de vue.
Ma soeur est restée. Elle a essayé de joindre ses enfants et c'était impossible. Elle a finit par avoir le lycée ou on lui a dit que tout le monde avait déserté les bâtiments. Toutes les vitres étaient par terre, il y avait des blessés.
Ce qui s'est passé en réalité? Juste après l'explosion, tous les lycéens et les profs sont sortis dans le parc qui entoure le lycée. C'était la panique totale. La plupart ont décidé de rentrer chez eux par leur propre moyen.Les bus ne circulaient plus.
La majorité des enfants ont fait du stop. Des parents arrivés en premier ont récupérés plusieurs enfants. D'autres ont marché pour rentrer chez eux.
Mon neveu a été pris en charge par les parents d'une copine. Et ce n'est que dans l'après-midi qu'il a réussi à joindre sa mère pour la rassurer.
Il a raconté la panique, les plus jeunes qui hurlaient, d'autres qui montaient avec n'importe qui en voiture pour fuir. Il n'y a eu aucun plan de secours, adultes comme enfants étaient totalement paniqués.
Toulouse et sa région ont été traumatisés par cet accident. Le fait qu'il soit survenu juste après le drame des tours jumelles a marqué les esprits, même si très vite la thèse d'un acte terroriste a été écartée.
Je pense que chaque toulousain a en mémoire ce qu'il faisait à la seconde exactement où l'usine AZF a explosé.
Je n'ai en tête que le souvenir de l'inquiétude qui m'a taraudée tout au long de cette journée terrible, et personne de ma famille n'a été blessé. Mais il y en a tant qui n'oublieront jamais pour des raisons bien plus dramatiques.
L'explosion d'AZF a entraîné la mort de 30 personnes et fait 2500 blessés graves.
Les blessés légers seraient au nombre de 8000.
Quand au nombre de personnes qui sursaute au moindre claquement d'une porte, on ne le saura jamais.
03 novembre 2008
La 25 ème heure
Je suis l'invitée surprise, celle dont on rêve en silence.
L'heure de plus accordée à un condamné à mort pour espérer encore.
L'heure utile à la ménagère pour boucler une journée surchargée.
L'heure aimée par deux corps enlacés ne pouvant s'arracher.
L'heure dégustée au petit matin, bien au chaud sous la couette
Je suis les minutes de trop qui semblent durer des heures
L'heure haïe par l'employé éreinté par une journée de labeur.
L'heure qui n'en finit pas de s'étirer faisant s'éterniser l'ennui
L'heure de trop pour l'amant impatient qui regarde sa montre
L'heure qui dure une éternité pour le jeune enfant puni
Je suis l'heure de tous les possibles, je m'offre en cadeau une fois l'an,
Je vous offre une parenthèse au milieu de la nuit, ou du soir précédent,
ou bien alors du jour suivant, à votre bon vouloir.
Il vous suffit pour cela, de retarder la petite aiguille,
A l'automne venu, quand le jour décline, ou en pleine nuit.
Je suis l'invitée surprise, tout un rêve de possibles
Après tout je suis votre heure, utilisez moi comme bon vous semble
Puisque je ne suis qu'un leurre, une heure de plus, une heure de trop,
Empêcheuse de tourner en rond, ou cadeau du temps qui passe.
Je vous offre d'arrêter la pendule, une heure, une fois l'an.
Profitez en, car cette heure, je la reprends, dès le printemps!
Consigne 44 de Kaléïdoplumes
