17 mars 2009
Un arbre, un banc
Les arbres ont toujours fait partie de ma vie.
A chaque étape, un arbre a marqué de son souvenir ma mémoire.
Mon
1er arbre était sur le chemin de l'école. J'avais 5 ans et nous nous
arrêtions chaque soir en rentrant à la maison. Une cabane construite au
pied. De grands feuillages pour nous cacher.
Nous jouions aux Robinson Crusoë avec ma soeur aînée.
Le
second arbre, c'est celui qui se trouvait dans la cour de la ferme. Un
soir d'orage, la foudre l'a frappé. Il a pris feu devant nos yeux, une
nuit d'été, puis il s'est écroulé. J'avais 6 ans.
Il y eu par
la suite le cerisier, dans lequel nous grimpions pour cueillir des
cerises. La propriétaire nous chassait à grand coups de balai.
Il
y eut ce magnifique arbre, durant mes jeunes années; situé dans un très
beau parc, de l'hôpital psychiatrique ou grand-mère faisait de longs
séjours. Je m'enfuyais déjà de la réalité en me réfugiant sur ses
hautes branches. J'observais avec effroi tous ces gens aux yeux
hagards, déambuler dans les allées.
L'année de mes 15 ans, il
y a eut cet arbre dans le jardin public. Un platane contre lequel je me
tenais: mon premier baiser au goût de fraise. Une main sous mon
chemisier, et l'odeur de sa peau.
Bien d'autres baisers ont suivi, et d'autres arbres aussi.
Un arbre, un banc.
Un banc pour contempler ou rêver. Lire ou écrire. Pour se reposer ou s'enlacer.
Un banc pour me souvenir de toi.
Un banc pour avoir le temps de regarder pousser un arbre.
Consigne 64 de Kaléidoplumes
15 mars 2009
Le soleil me rechauffe
J'ai changé mes lunettes pour voir de près. Elles sont rouges et violettes.
J'ai coupé mes cheveux, ils sont presque courts et effilés
J'ai changé de chaussures, elles brillent et ont une forme bizarre
J'ai mis une robe courte sur un collant opaque et des lunettes de soleil
Je suis sortie dans la rue et j'ai marché
Je me suis arrêtée prendre une glace à la nectarine.
J'ai senti le soleil réchauffer mon coeur.
je me sentais bien, dans mon corps, dans ma tête.
J'ai encore marché, au milieu de la rue.
J'ai pensé que j'aimerai m'allonger dans l'herbe d'un jardin discret.
J'ai imaginé que tu glisserais ta main sous ma robe
Que tu caresserais ma peau nue tout en m'embrassant dans le cou
Je n'avais plus d'âge, plus de fardeau, plus de passé, pas d'avenir.
J'étais ancrée dans ce présent . Et dans ce présent là, tu n'étais plus absent.
Un banc attire mon regard.
Je m'y assoie. Pas de livre sous la main.
Dommage. J'aurai bien laisser une trace.
C'est con la vie. Déjà l'heure de retourner travailler!
05 janvier 2009
Couché sur un banc
Il est là, couché sur ce banc. Sur le boulevard des Pyrénées.
Il n'entend pas le bruit de la ville qui festoie tout près de lui.
Il est allongé face à la montagne, éclairée par le clair de lune.
Il ne voit pas les lumières de la ville, qui clignotent tout proche de lui.
Emmitouflé dans un sac de couchage, dans le froid de la nuit naissante.
Il ne rêve pas des festins qui vont alourdir les convives, si près de lui.
Recouvert d'une couverture de survie, la tête posée sur son bras.
Il n'a rien à attendre du nouvel an, que certains fêtent à outrance.
Je passe près de lui, en silence, pour ne pas le réveiller.
Dort-il? A quoi pense-t-il? Se souvient-il quel jour on est?
A cet instant, je ne voudrais vivre que pour lutter.
Lui ne lutte que pour vivre!
