05 décembre 2009
Mon père, ce veil homme
J'étais ce soir sur msn avec une amie qui a lu LE (Son? Mon? Celui qu'elle m'a commandé? Celui que j'ai écrit?) livre.
J'ai du mal à écrire « mon livre » (je trouve ce terme pompeux me concernant) surtout depuis que quelques personnes le lisent, l'ont lu, vont le lire!
C'est ridicule mais peut être est-ce simplement parcequ'il n'est pas MON livre, il a été écrit par moi, mais il ne m'appartient pas.
Mais là n'est pas le propos. Cette amie donc, me glisse tout à coup (je ne me souviens pas des propos exacts)
« Dans ce livre, tu as tué ton père »
Ce ne sont pas les termes exacts, c'était de sa part une constatation sur ma façon inconsciente d'avoir éliminé mon père de l'histoire, de façon prématuré .
Je n'en avais pas eu vraiment conscience mais elle a touché dans le mille.
Mon père (vivant et bonne santé comme on peut l'être à son âge, merci!) fait des passages très fugaces dans ce livre.
Et puis je le tue, je le fais disparaître, sans donner d'explication. Il est mort et ça s'arrête là. Je continue mon histoire comme si de rien n'était.
Je n'ai pas cherché d'explication à cela. Je ne voulais pas de lui lorsque j'écrivais sur ma mère, parce qu'il n'avait aucune importance dans le déroulement de l'histoire. Parce qu'il devenait même gênant.
Et d'ailleurs, il a été très peu présent sur la fin de vie de ma mère. Elle était dans une clinique, loin de chez lui et il venait très peu la voir. Les 2 dernières semaines de sa vie n'appartiennent qu'à elle et moi.
J'ai très peu de souvenirs de mon père, du temps ou j'étais enfant. Très très peu. En creusant bien mes souvenirs, je n'en trouve que 3 ou 4, que je narre dans le livre.
J'ai pourtant une mémoire intacte en ce qui concerne ma petite enfance. Certains souvenirs remontent à mes 2 ans. Et pourtant, mon père est absent, absent de ses souvenirs.
L'ai-je délibérément effacé? OU tout simplement n'était-il jamais là dans ces instants là.
Lorsque j'ai écrit le livre, je me souviens avoir écrit les paragraphes dans le désordre.
Hormis les 3 souvenirs qui le concernent vraiment, je me suis inventée un père présent et participant aux tâches quotidiennes, alors que ce n'était pas le cas, du moins n'en ai-je pas de souvenirs précis.
Je me souviens donc, à mesure que le livre avançait, avoir été gênée par sa présence. Je ne savais pas où le mettre. Il me semblait de trop. Il me gênait dans l'écriture. Je l'ai donc fait disparaître. Je l'ai effacé.
Mais en y réfléchissant mieux, il est évident qu'il n'a jamais fait partie de ma vie, ni moi de la sienne.
Alors oui, tout compte fait, il disparaît du livre sans crier gare.
Oui je l'efface, je tue LE père.
Et ce soir, je m'en rends compte, et je m'apitoies sur la petite fille que j'étais, qui a grandi sans l'image d'un père.
Mais ça s'arrête là. Depuis quelques mois à peine, j'ai fait le deuil de ce père qui n'a jamais existé pour l'enfant que j'étais.
Et je m'applique à tolérer, presque aimer cette personne âgée qui m'appelle 1 ou 2 fois par semaine.
Cette personne que ma mère a aimé. Ce vieil homme qui a été un enfant, un enfant triste et mal aimé. Un enfant peut être malmené, parce que peut être déjà différent.
Et cette question qui tout à coup me traverse l'esprit.
Ce livre est-ce que je lui dirai un jour que je l'ai écrit?
Ce livre, est-ce qu'il en verra un jour la couverture?
Je sais qu'il ne le lirait pas. Il est de toute façon presqu'aveugle.
Mais qu'il l'est un jour dans les mains pourrait peut être m'aider à accepter celle qui est si différente de l'enfant qu'il a voulu faire de moi.
L'idée doit faire son chemin sans doute!
30 novembre 2009
Quand j'étais petite
Ça circule sur les blog, j'ai rebondis sur le blog de Valclair
10 souvenirs de « Quand j'étais petite »
Quand j'étais petite, j'étais très petite, toujours le plus petite de la classe.
Alors dès le début de l'année, j'entendais le maître, la maîtresse, les profs dirent: « Les plus petits passent devant » et ainsi je me retrouvais sur la rangée de devant, en classe, sur la photo de classe, en rang dans la cour de l'école.
J'ai pensé m'être débarrassée de cet adjectif lorsque je suis allée à la fac, je pouvais enfin m'installer où je voulais dans les amphis. C'était sans compter sur les cons qui me disaient de retourner en maternelle. Ma revanche? Leur dire que j'avais 2 ans d'avance!
Quand j'étais petite, je déguisait mon chien, mon chat, et même mes cochons d'inde avec les habits de mes poupées, et je prenais des photos avec un appareil jetable. C'était ma façon de partager avec eux mes jeux d'enfant.
Quand j'étais petite, j'ai pensé que ma sœur allait mourir devant mes yeux, et que c'était ma faute. Peut-on être responsable d'un accident alors qu'on n'a que 5 ans?
Quand j'étais petite, je vouais une admiration sans limite à ma sœur, d'un an mon aînée. Je la trouvais plus intelligente, plus sociable. Elle était la préférée de tout notre entourage. Je n'en souffrais pas car je trouvais que cette préférence était légitime.
Quand j'étais petite, je zozotais. Une langue mal placée et des dents du bonheur transformait mes "s" et "z" et mes "j" en "ch". Le jour de mes 10 ans, j'ai décidé de changer ça, être la plus petite était une tare bien suffisante. Je me suis entraînée seule à placer ma langue correctement. Je répétais un mot jusqu'à ce que le "s" soit presque parfait. Aujourd'hui, il m'arrive encore de zozoter, mais c'est très rare.
Quand j'étais petite, je tétais ma langue pour m'endormir, et lorsque je m'ennuyais aussi. Cela me rassurait, et je l'avais toujours à portée de main. Aujourd'hui encore, je tête ma langue, il faut dire que je n'ai pas grandi non plus!
Quand j'étais petite je souffrais car on se moquait de ma sœur qui était très ronde. Elle en riait, mais je savais qu'elle en souffrait. Je ne supportais pas qu'on le dise, devant elle, ou pas. Cela me mettait dans une colère que j'avais du mal à contrôler. Ma sœur a cessé d'être ronde à l'âge adulte, mais les cicatrices sont restées, pour elle et pour moi.
Quand j'étais petite, je regardais ma mère faire les chaussons aux pommes. Je les trouvais parfaits. Ça sentait bon dans toute la maison. Je m'en voulais de ne pas les aimer, tant je sentais l'amour qu'elle mettait à les confectionner.
Quand j'étais petite, je n'osais jamais aller faire pipi dans les toilettes de l'école, j'avais peur que quelqu'un réussisse à ouvrir la porte, ou de rester enfermée.
Quand j'étais petite, je ne partais jamais en vacances. Je rêvais de mer ou de montagne. J'ai vu la mer pour la 1ere fois à 14 ou 15 ans, j'ai pleuré tant j'ai trouvé ça beau.
27 novembre 2009
Marathon d'écriture

Depuis le marathon d'écriture, de Alainx je n'arrive plus à écrire. Je me cache, mais je ne fuis pas.
Je ne suis pas surprise, l'effet est à chaque fois le même.
Pourtant, je n'ai pas l'impression d'avoir tout dit, loin de là.
Mais j'ai un besoin de refermer ma coquille, le temps d'éponger toutes les émotions, lus sur les autres textes.
Éponger aussi l'énergie presque "vitale" d'aller le plus loin possible dans ce marathon.
On pourrait croire que c'est douloureux!
On pourrait se dire: pourquoi se faire souffrir en écrivant 12 heures en suivant?
Mais ce n'est pas douloureux. Ça l'est dans la fatigue accumulée, dans la concentration que demande certains textes, mais pas dans le marathon lui même.
C'est une encontre avec soi-même.
C'est oublier l'écriture soignée, l'écriture contrainte parfois, pour laisser aller ses doigts sur le clavier, où bon leur semble.
C'est une expérience enrichissante, bien que dangereuse parfois, si on pousse trop loin l'expérience.
Dangereuse dans la mesure ou on arriv, après quelques heures, à un état second qui nous empêche de faire des mots qu'on dépose nos propres mots, comme une distance qui apparaît entre notre écriture et la lecture qu'on en fait.
D'ou la nécessité, comme le fait très bien Alainx, de rendre les textes éphémères.
Pour ma part, j'enregistre sur mon disque dur tous les textes écrits ici ou là, pour garder une trace. Mais je suis soulagée de savoir que je peux déposer sur mon blog certains textes, et pas d'autres. Et que ces autres textes, plus intimes, disparaîtront d'ici quelques temps.
C'est une façon d'intégrer les maux qui sont posés dessus. Et de passer à autre chose.
Pas autre chose dans le sens: "J'oublie tout, j'efface, je reconstruis" mais dans le sens de "j'intègre, je soigne la blessure, elle ne s'infectera plus, je construit derrière, d'autres mots, sur d'autres maux.
Construction permanente qui pour ma part, me passionne.
05 novembre 2009
Tu veux donc je suis
Dans mon sac, le livre.
- Je suis venue vous le montrer, mais je ne sais plus si c'est ce que je dois faire.
_ Pourquoi voulez-vous me le montrer
- Je ne sais pas. Pour concrétiser mon projet?
_ Mais il est déjà concrétisé votre projet. Vous voulez que je le lise?
- Nonnnnnnnnn
_Alors vous me demandez quoi exactement?
-Je ne sais pas. J'imagine que si je vous le montre c'est pour déclencher la suite. Je suis bloquée. Tout à coup, j'hésite, je doute, j'ai peur, je panique.
_Pourquoi vous paniquez?
-Parce que des personnes me l'ont commandé.
_C'est ce que vous vouliez non?
- Non! Enfin oui! Mais j'ai peur de les décevoir.
_ Mais ces gens vous connaissent à travers ce que vous avez déjà écrit. Ils ont envie de lire ce livre. Pourquoi essayer de penser à leur place?
- Oui, c'est vrai, mais tout à coup, tout devient concret, et je ne me sens pas d'attaque. J'ai besoin de reprendre confiance en moi.
_ C'est ce que vous me demandez? Que je vous donne l'autorisation de continuer?
- Je ne sais pas, peut être oui.
_ Alors pourquoi me le montrer? Ce n'est pas utile puisque vous ne voulez pas que je le lise. Et de toute façon, vous êtes seule à décider.
- Je crois que ce n'est pas votre autorisation que je cherche mais le rejet.
_ Expliquez vous.
- J'attends de vous que vous me disiez de tout arrêter.
_ C'est pour ça que vous voulez me le montrer?
- Oui, il n'est pas tout à fait fini. J'imagine que je cherche votre désapprobation. Vous voyez le livre, vous le trouvez moche. Vous lisez le résumé, vous le trouvez nul. Et vous me dites que tout ça est débile.
_ Ce que vous cherchez, c'est donc a être rejetée.
- Sans doute, c'est mieux que la peur de décevoir.
_ Mais ce n'est pas l'enfant que vous étiez qui a écrit ce livre. C'est l'adulte que vous êtes aujourd'hui. Imaginez que les gens qui sont en face de vous, ceux qui vous connaissent un peu soient bienveillants, et ils le sont puisqu'ils aiment ce que vous écrivez. Pourquoi ne pas accepter les choses comme elles sont, plutôt que de faire remonter des émotions négatives.
Je ne veux pas voir ce livre, puisque vous me demandez quelque chose que je ne suis pas en droit de vous accorder, ou de vous refuser.
- Vous me laissez me dépêtrer toute seule alors?
_ Oui! Vous avez bien écrit ce livre toute seule. Ce projet, il est terminé, vous avez été au bout, ce n'est pas a vous d'écrire la suite de cette histoire, mais à vos lecteurs.
- Et si je me trompais? Si ....
_ Si rien du tout! Vous vendez le fruit de votre travail. A eux de juger si LE livre est bon ou pas. Cela ne remet pas en cause l'amitié qu'ils ont pour vous.
Le livre est resté dans mon sac. Et moi je cherche toujours à ce qu'on m'empêche de me réaliser, comme si cela m'était interdit.
J'ai peur de penser par moi-même. J'oublie de me reposer sur la bienveillance de ceux qui m'aiment un peu, beaucoup, pas.........
C'est pourquoi quoi qu'il arrive, je vais terminer ce foutu bouquin et ne plus me poser de question.
16 octobre 2009
Oublier l'essentiel
J'ai souvent la sensation d'avoir oublié quelque chose, ou bien d'être en train d'oublier quelque chose.
Mais ce n'est qu'une sensation.
Il m'arrive souvent d'oublier, des broutilles finalement.
Je suis très « tête en l'air ». Je pose mes clefs n'importe où.
Je fais sonner mon portable pour savoir où il est.
Je mets des post-its sur mon frigo.
Je fais 2 fois le tour de la place pour repérer où j'ai garé ma voiture.
Bref de petits oublis sans importance.
Ce dont j'ai peur, c'est l'oubli d'évennements marquants, consciemment ou inconsciemment.
Car pour moi l'important c'est de ne surtout pas oublier mais d'intégrer tous ces évennements, et de constater comme chacun d'eux est un pierre à mon édifice. Comme chacun d'eux m'a construite:
Le jour où ma mère m'a oubliée
La honte que mon père m'a fait subir
L'admiration que j'ai eu pour ma soeur.
La terreur face à mes professeurs
Un amitié perdue
.........................
Tout ce qui a façonné ma vie d'adulte
01 mai 2009
Mot pour mot
......Il y a des jours où mes mots restent désespérément bloqués à l'intérieur de moi au lieu de pouvoir s'exprimer sur une feuille, des jours où je suis incapable d'expliquer le pourquoi des choses, ce que je ressens, comment je ressens.... Je sais seulement que c'est comme un cri du ventre......
Mot pour mot ce que j'aurais sans doute écrit il y a peu de temps encore. Et pourtant pas de moi mais de l'auteur d'un mail à mon intention.
Un cri du ventre, peut être parce que la vie vient de là, du creux de ce ventre capable d'extirper le meilleur en donnant la vie, comme de cacher le pire dans le fond de ces entrailles. A l'endroit le plus protégé, le plus intime de son corps de femme qui crie en silence, sans aller au delà des limites de ce monde intérieur.
Cri de ventre parce que ce ventre trouve son essentiel dans le respect de ce qu'il protège. Trop beau ou trop laid pour être étalé au grand jour.
Cri du ventre parce que cri de l'enfant à naître, conscient des emmerdes dans lesquelles il sera propulsé dès la sortie du tunnel.
Cri du ventre, parce que les mère pleurent fort, mais crient en silence, leur colère, leur révolte.
Petites fourmis qui s'activent, dans l'indifférence des grands décideurs, pourvoyeurs de mort et de guerres incessantes. Armée de fourmis besogneuses qui ne livrent jamais bataille avec armes et fracas, mais avec patience et amour, afin de protéger la vie qu'elles ont enfantée.
Cri du ventre parce qu'une vie se façonne dans un acte d'amour, et s'arrache de votre ventre en un acte violent et douloureux, qui vous laisse entre deux rives.
Partagée que vous êtes entre le bonheur de pouvoir bercer l'enfant né de vos entrailles, et la douleur de vous savoir déjà condamnée à lui apprendre à quitter le nid pour son monde à lui.
Cri du ventre parce que dès l'instant ou l'acceuil n'est pas celui espéré, vous petit enfant, vous ne rêvez que d'appuyer sur la touche stop/rewind. Revenir en arrière. On peut refaire la scène siouplait? Ils ne savaient pas leur texte, le père dit et fait n'importe quoi et la mère n'a pas appris à dire je t'aime. Mauvais navet. Retournez au tout début et recommencez.
Pas possbile? On n'est pas dans un film? Alors juste retrouver le ventre bien chaud et surtout y rester. Attendre que l'orage passe, une génération ou deux. Ou peut être même ne plus y penser et revenir encore plus en arrière.
Voyage dans le passé. C'est pas un titre de film?
Mais c'est l'histoire sans fin qui tourne en boucle.
Une grain de sable, coincé dans un ventre, qui crie sa douleur, et qu'on a tant recouvert d'autres détritus, qu'on si'magine ne jamais avoir le courage de faire ce qu'il faudra bien faire un jour, pour enfin se sentir vivre: un grand néttoyage de printemps.
Vider la corbeille et récupérer ce petit grain de sable, qui est finalement abordable puisqu'il fait partie de nous, et qu'on apprend à aimer, puisqu'il nous a construit tel qu'on est.
Et on est pas si mal que ça, vu la charge de détritus qu'on traîne derrière soi.
Parce que sinon, on est aussi humain. Mais pour le coup, y'a rien à faire du tout!
10 avril 2009
Le recul nécessaire
Le recul nécessaire pour mieux appréhender nos actions passées ou présentes.
Emporté par la suractivité ou bien par l'angoisse, on s'oublie
On oublie ce qu'il y a eu de bon dans sa vie
Plus envie, plus besoin de jeter le bébé avec l'eau du bain.
Si j'avais été différente, je n'aurais certes pas pris certaines mauvaises décisions
Mais si j'avais été différente, je n'aurais pas non plus su tout ce je pouvais accomplir par amour, par fierté, ou pas simple humanité.
A l'âge où on prend du recul, je ne veux pas ne faire que constater. Je veux aussi accepter.
Mon père:
Père enfant, plus enfant que père.
De ce père je ne retiens rien. Rien que désamour, derresponsabilité, lâcheté, violence parfois.
Mais de l'enfant qu'il est? Il y a sûrement quelque chose aussi infime soit-il, qui me retient.
Pitié? Tendresse? Ou simplement désir profond que c'est cet enfant qui a empêché le père d'être.
Maman:
D'elle je ne veux retenir que tolérance, patience, simplicité, humilité.
Une force de caractère au delà du commun.
Taire ses souffrances et sourire pour cette vie qu'elle a tant chérie.
Qui mieux que moi pouvait voir au delà de ce corps trop lourd, de cette discrétion.
Comme j'ai regretté d'avoir parfois eu honte de ta mise en plis négligée, de tes tabliers à carreaux et de tes chaussures en corde.
C'est ainsi que te voyaient mes copines venues des beaux quartiers, elles dont les maisons neuves étaient entourées d'un jardin fleuri et les mères fines et jolies.
Et puis j'ai grandi, j'ai compris, j'ai accepté. Je t'ai aimée mieux aussi. Je savais tout le reste.
Le recul nécessaire m'a apporté la fierté d'aimer tout de toi, jusqu'à ta rondeur rassurante.
Je n'aurais sans doute jamais ta force tranquille mais je revendique ton humanité et ta sensibilité.

19 décembre 2008
Une année Kaléïdoplumienne
Difficile de parler de l'année qui vient de s'écouler sur Kaléïdoplumes.
Mon parcours ici ne peut être analyser qu'en liant étroitement mes deux fonctions. Celle d'écrivante et celle d'admin.
Parce qu'il m'est impossible de dissocier les deux.
Le rôle d'Admin, il est venu par hasard. Je l'ai dit souvent ici. L'idée première n'était pas de moi mais d'Alainx.
Mais cette idée, je l'avais en tête depuis longtemps, bien enfouie d'ailleurs, tant le travail, l'organisation, la rigueur d'un tel lieu me faisait peur.
Je ne m'en sentais pas capable.
Obsolettres fermé, je me sentais orpheline. J'écrivais sur Paroles Plurielles mais il me manquait quelque chose: l'échange, le partage. L'idée de devoir passer par quelqu'un pour poster les textes m'enchaînaient. Une suite de textes, sans possibilité de vrai dialogue entre les écrivants me laissaient sur ma faim. Bref, je rêvais d'autre chose et j'attendais que quelqu'un de suffisamment impliqué s'y colle.
Et puis je me suis lancée, et Kaléïdoplumes est né.
J'ai été étonnée, dépassée un peu par le succès grandissant.
Et en même temps chaque nouvel inscrit était pour moi comme une preuve d'amour, un peu comme une tape dans le dos.
J'étais utile, j'apportais quelque chose de nouveau, et cette idée me nourrissait.
Alors j'ai voulu arranger, embellir, apporter à chacun le petit plus qui rendrait sa journée plus agréable.
Kaléïdoplumes : un foyer où chacun a sa place, les meilleurs comme les moins bons.
Que chacun se sente bien, que tous trouve dans l'autre quelque chose de différent.
Je me suis mise à la place de chacun, et je me suis dit:
Tu arrives, tu es paumée, tu as envie de dire des choses, tu hésites à partager tes écrits, comment souhaites tu être accueilli ici?
Avec respect. Et pour avoir le respect, il faut avoir écoute, lecture attentive, réponse adaptée, échange d'idée.
Chacun sa place, une place pour chacun, des liens tissés. Bref un vrai partage autour de l'écriture, sans prise de tête, sans étalage de culture ou de compétence.
Montrer à chacun qu'il a ce quelque chose en plus qui a sa place ici.
J'ai su que j'avais trouvé ma vitesse de croisière quand j'ai pu écrire des consignes qui n'étaient pas « liées » à moi. Quand j'ai pu détacher le lien entre l'écrivante Cassy et l'Admin.
Kaléïdoplumes, sans doute pour moi une histoire personnelle, liée à un passé lointain. Un besoin de créer quelque chose pour quelqu'un: Toi, Toi, et Toi, et Toi aussi.
Une façon de dire: Je t'aime Toi, Toi, et Toi aussi. La peur de la réalité, je la laisse dehors, je te donne tout ce que je peux donner et tout ce que je ne peux pas faire à l'extérieur, je le fais ici.
Parce que si tu savais Toi, Toi, et Toi, et puis Toi aussi, si tu savais comme je suis une personne banale.
Mes études? Lâchées à cause d'une putain de phobie sociale qui m'a laissé sans force devant la salle d'examen! Pfuit! Tournée les talons et fuis: adieu licence!!!
Travail? Abandonné très vite a cause de cette putain de phobie sociale qui m'a enchaîné au bas de l'échelle, puis devant chez moi, puis à l'intérieur de moi!!!
Travail que j'ai repris il y a quelques années à peine, au bas de l'échelle, là où je me sens le moins « envahie, agressée » mais fière quand même de ce que j'accomplis.
Il y a toujours cette petite voix intérieure qui me siffle: tu vaux mieux que ça, tu le sais hein?
Oui, je le sais, mais maintenant, je m'en fou, il y a tant de choses plus importante: le soleil qui se lève au dessus des Pyrénées, la neige qui illumine la montagne, mes chiens qui demandent à sortir, mes enfants qui me sourient.
Je ne suis ni prof, ni cadre supérieur, je ne suis pas responsable marketing, ni écrivain.
Mais j'ai un trésor. Il s'appelle KALEIDOPLUMES. Et enfin, là, je m'y sens à ma place.

