Sans importance

Soit dit en passant j'ai beaucoup à apprendre

19 juin 2009

Arrogance

Je suis « Le Lampadaire ».ST831330

Ne vous méprenez pas mes frères,

Je ne suis pas n'importe quel luminaire.

Je suis l'unique lampadaire

De l'impasse des Bruyères.

Ma lumière discrète et pâle

Veille sur la nuit des notables.

Ceux qui ont des décapotables,

Et sont tout en haut de l'échelle sociale.

La nuit, je suis le seul témoin,

Du calme et de la beauté de leurs jardins.

J'illumine la rue du soir au matin,

Et écrase mes confrères de mon dédain.

Les notables admirent ma discrétion,

Leurs femmes ma stratégique position,

Qui éloigne les mauvaises intentions.

D'ou l'importance de ma profession.

Respecté par grands et petits,

Les jeux de ballon sont interdits.

Chiens et chats fuient ma compagnie,

Sur moi serait sacrilège de faire pipi.

Mais à la même heure chaque soir,

Je pleure de désespoir.

Un chien laid blanc et noir,

S'empresse de venir me voir.

Il tourne autour de moi en se moquant,

Puis me flaire en me narguant.

Enfin après un clin d'oeil outrageant,

Il lève la patte en m'innondant!

Consigne 77 de Kaléïdoplumes

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19 février 2009

En lisant Balzac

«  L'espoir est une mémoire qui désire... » (H. De Balzac)

 

Lisez ce qui suit:

 

Et si je le désire

Si je veux me battre

Pour un monde meilleur

Ouvrir mes bras

Idéal improbable

Renaissance d'espoir

 

Et si ce désir là

Se concrétisait

Tant l'espoir serait grand

 

 

Une main tendue

Ne plus dire « impossible »

Espérer savoir écouter.

 

 

Maman! Lorsque j'étais enfant

Ecoutait mes espoirs

Mes demandes inquiètes

Ouvrait ses bras pour me les tendre

Ils étaient mon refuge

Reléguaient mes peurs au passé

Et me redonnaient espoir

 

Quand le ciel s'assombrit

Un désir de retrait

Illumine mes souvenirs

 

Dans un mois ou un an

Est-ce que j'accomplirai

Sans l'aide de tes bras

Instinctivement, ce pour quoi je suis là,

Rendre l'espoir et apaiser les peurs.

 

 

L'espoir est une mémoire qui désire,

Mon désir est d'espérer ne jamais oublier

la douceur de tes bras tendus, maman!


(Consigne 60 de Kaléïdoplumes)

Posté par cassymary à 00:22 - Ecrire - Commentaires [0] - Permalien [#]
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24 janvier 2009

La croix

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Elle trône là-haut, sur le causse comtal.

Au milieu d'un champs, aride et rocailleux, balayé par les vents.

Elle se dresse ainsi depuis si longtemps, bravant pluies, neige et froid, et soleil ardent.

En bois vermoulu, patiné par les ans. Elle reste debout, au mépris du temps.

 

Cette croix que l'on voit d'en bas, de la vallée.

Elle qui a guidé des centaines de bergers.

Le repère de tant de randonneurs, ma pause à l'heure du goûter.

 

Une croix dressée, sur une terre ou ne pousse que cailloux et plumets.

Une terre désertée que seul le voyageur chevronné peut fouler.

 

Grimper, toujours grimper, se frayer un chemin sur le sentier empierré.

Pour parvenir enfin au pied de ce totem qui nous fait de l'oeil dès le départ, en bas, dans la vallée.

 

Cette croix qui a guidé ma grand-mère, lorsque, enfant, elle venait s'y promener.

C'est dès son premier pas que ma mère a porté ses pas jusqu'à cette croix.

Des journées entières j'ai moi même passé dans ce pré, jusqu'à ce que le soir assombrisse la croix.

 

Lorsqu'à peine arrivé, chez ma grand-mère, on lui lançait:

« On monte à la croix, mémé, on redescend pour déjeuner »

Elle nous répondait, un brin de nostalgie dans la voix:

« Le causse ça vous prend jeune et ça vous lâche plus! »

 

Et c'est vrai que ça nous lâche plus. Ni le causse, ni la croix.

La joie, le plaisir, l'émotion, c'est tout ça à la fois,

tout ce qui me submergeait lorsque je prenais le petit sentier, juste en face de la maison de mémé,

et que je commençais à grimper au milieu des rochers.

 

Il y avait toujours, sur mon parcours, la rencontre avec le vieux monsieur.

« Ça va les filles? » Nous lançait-il lorsque nous passions près de lui.

Il montait dans le causse, comme il disait, tous les jours depuis toujours.

Il s'arrêtait quand il était fatigué. Se reposait des heures les yeux fixant la vallée,

puis il redescendait par le même sentier.

 

« Le causse, vous pouvez pas vous en passer hein? Votre mère avant vous,

vous l'auriez vu courir dans les rochers!

Le vieux monsieur dont le trajet raccourcissait chaque jour, n'en démordait pas:

« Le jour où je monterai plus, c'est que je serai mort ».

 

Combien d'années que je ne suis pas montée jusqu'à la croix?

10 ans je crois, le causse est bien loin de chez moi.

Qu'importe, cette croix qui se dresse là-haut sur le causse comtal.

N'est pas qu'une simple croix de bois, c'est ma racine, celle que j'ai encrée dans le sol de mes 5 ans, de mes 10 ans, de mes 15 ans, de mes 20 ans.

Celle qui me rappelle que le bonheur ne tient parfois, qu'à une simple croix de bois.

Posté par cassymary à 16:00 - Ecrire - Commentaires [0] - Permalien [#]
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