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Avec le temps, avec le temps va tout s’en va

Balloté par les ans, balloté par la vie

Celles que l’on a aimées, celles que l’on a trahies

Dès nos jeunes années et nos premiers émois

Elles ont défilé dans nos draps, dans nos bras

Fardées de sentiments, de rêves inassouvis

 

Garçonnière en banlieue, pas d’attaches pas d’promesses

Habillé d’arrogance et puis de certitudes

Icare, beau, insouciant, je m’suis brûlé les ailes

Je rêvais de plonger dans leurs yeux maquillés

Khôl dégoulinant des joues de ces pucelles

Le temps a fait son œuvre, j’ai perdu ma prestance

 

Moi j’voulais juste vivre ma vie à mille à l’heure

N’est-on pas là pour ça, pour un peu de bonheur ?

On oublie l’échéance, on oublie qu’on finit

Par ne plus s’reconnaitre, dans l’miroir un matin

Quand jeunesse passée, le présent vous rattrape

Revenu des excès on s’découvre vieillard

 

Souvenirs d’un passé qu’on croyait invincible

Tout m’dégoute à présent, j’n’ai jamais rien construit

Une vie de débauche après moi le déluge

Vaincu par la fatigue, vaincu par la vieillesse

Week-end à tourner en rond, des heures à me morfondre

Xavier t’es plus bon à rien, t’es plus qu’un vieux con

 

Y’a plus qu’à t’laisser aller, y’a plus qu’à juste crever

Zoom sur une mort annoncée, lestée de tous ces remords

 

Avec le temps, tout fout le camp

 

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