Voilà pourquoi je ne me mêlerai  pas aux gilets jaunes.

Au risque de recevoir les foudres des gilets jaunes, au risque de me faire insulter, je vais essayer de développer ma pensée .

Je ne peux qu’être d’accord sur le fond- il faudrait être idiot pour ne pas l’être - Je suis tout à fait consciente des énormes difficultés des « petites gens » qui ne bouclent pas leur fin de mois et qui croulent sous les taxes. 

Je suis fille d’un cantonnier et d’une mère au foyer. J’ai connu les fins de mois difficiles, la viande que l’on ne mange qu’une fois par semaine, du porc car c’est moins cher. Le chauffage pas dans toutes les pièces, la salle de bain qui est inexistante et les vêtements recyclés.

 Je ne suis pas une privilégiée pour qui l’augmentation des taxes ne pose pas problème . Je ne fais pas partie des nantis. Mais je mesure la chance que j’ai de ne pas faire partie des plus pauvres et des oubliés. Mon enfance et mon passé de jeune adulte me permettent d’avoir tout à fait conscience de cette chance.

 Alors pourquoi je ne suis pas gilet jaune? 

Parce que ce week-end c’était  la journée de collecte de la banque alimentaire et que les gilets jaunes  via FB ont demandé  à tous de ne pas consommer, de ne pas aller dans les magasins. Ainsi les plus pauvres, ceux qui n’ont pas de voiture ni de compte en banque sont les grands oubliés de cette journée. Autant de perte pour la banque alimentaire, irrattrapable ! 

Parce que j’ai régulièrement vu des gilets jaunes bloquer des voitures dans les rond points et les obliger à mettre un gilet jaune pour pouvoir passer.

 Parce que j’ai vu une jeune fille empêchée d’aller travailler et être insultée : dégage de la ! 

Parce que des commerçants vont mettre la clé sous la porte.

Parce que des salariés vont être en chômage technique 

Parce que si ce gouvernement venait à démissionner ce serait l’extrême droite qui serait mis au pouvoir . L’extrême gauche ne valant pas mieux de toute façon ! 

 Parce que j’ai été choquée, sidérée de voir l’arc de triomphe envahi par des gilets jaunes. La tombe du soldat inconnu entourée des dizaines de manifestants assis, débraillés et vindicatifs chantant la Marseillaise, ceux-là même qui appellent à la démission de Macron et qui disent ne plus avoir rien à perdre. Sous cette flamme il y a un jeune soldat de 20 ans qui a rampé dans la boue, qui s’est pissé dessus de trouille, qui a prié pour ne pas mourir et qui pourtant n’a jamais reculé, pour la liberté de sa patrie. Comment peut-on s’identifier à lui? 

Parce que des revendications qui partent dans tous les sens n’ont aucune chance d’aboutir.

Ça va de la suppression de toutes les taxes à la hausse du SMIC, ça va de la revalorisation des retraites à plus de services publics et de la démission du gouvernement à la suppression de la loi sur les 80 km/H.

Les gilets jaunes n’ont pas tous les mêmes priorités. Et si on émet des doutes sur l’avenir de leur mouvement , ils nous répondent que l’on est soit des collabos, soit des ingrats parce que s’ils gagnent on sera bien content d’en profiter. 

 Nous sommes en démocratie, quoiqu’on en dise, la victoire ne passe pas par la violence mais par les urnes. Et si la très grande majorité  des français faisaient leur devoir en allant voter, ils n’auraient pas à la tête de l’état une personne dont ils ne voulaient pas.

 Toute cette énergie mise à bloquer les gens, à empêcher les livraisons, à obliger les commerçants à fermer boutique, nous pourrions la mettre à réfléchir à des solutions, à structurer ce mouvement et faire de vraies propositions.

On ne résoudra rien par la pression, le chantage ou la violence, que ce soit du côté des gilets jaunes ou du gouvernement.

On ne résoudra rien en laissant ces groupuscules nauséabonds se mêler aux gilets jaunes. Car il y a les casseurs, incontrôlables, qui sont là pour détruire mais il y a aussi ceux qui véhiculent des discours extrêmes, certains à l’origine du mouvement. Ceux-là me répugnent et ils sont une raison supplémentaire à ma décision de ne pas être un gilet jaune. 

 Non je ne suis pas un gilet jaune, allez-y, lynchez-moi !