1 500 migrants sont morts noyés depuis le début de l’année 2018

1 500 réfugiés en 7 mois

214 personnes disparues en mer chaque mois

50 hommes, femmes ou enfants qui ont perdu la vie chaque semaine en montant sur des bateaux de fortune.

7 cadavres par jour qui flottent entre deux eaux

Est-ce qu’ils étaient pires ou meilleurs que nous ?

Qui auraient-ils été s’ils étaient nés dans un autre pays, un pays libre, un pays prospère ?

Auraient-ils été du côté de ceux qui tendent la main ou de ceux qui ferment leur porte ?

Est-ce que le savoir nous rendra meilleur ou pire qu’eux ?

Aujourd’hui, comme toutes les autres jours depuis 7 mois, 7 mères ne pleurent pas le fils qu’elles ont vu partir puisqu’elles ne sauront jamais ce qu’il est devenu. Elles espèrent et prient en silence.

Il n’y aura personne pour réclamer les corps de 7 malchanceux tombés dans l’oubli avant même de tomber dans la mer.

 

Est-ce nous allons continuer à vivre comme si rien ne se passait là-bas, près de nos côtes. Est-ce que nous allons encore longtemps faire semblant de ne rien voir et rien entendre.

Des milliers de personnes descendent dans la rue pour accueillir les héros d’un jour, pour un moment de gloire.

Combien descendront dans la rue pour dire STOP, ce n’est pas que ce n’est plus supportable, c’est juste que nous ne pouvons plus vivre en sachant tout cela, nous ne méritons pas de vivre en sachant tout cela et sans lever le petit doigt pour que cela cesse.

 

Des selfies à tout va pour se montrer sur les réseaux sociaux, des filtres pour se rendre plus beaux, des amis virtuels pour se sentir aimé, des partages de photos où tout le monde est heureux, tout le monde sourit, tout le monde triche.

Nous recherchons le bonheur au creux de notre nombril, parce qu’on vit dans un pays libre, que nous sommes des privilégiés, des égoïstes de plus en plus égocentriques. Moi d’abord et après moi le déluge !

 

Pendant ce temps, chaque jour, 7 humains crèvent de faim, de soif, ou de noyade au milieu d’une mer qui ne nous sert qu’à faire trempette.

Putain, y’a que moi que ça choque ?

 

J’ai honte de parler ici de mes petites randos dans un paysage paradisiaque pendant que d’autres survivent à peine.

 J’ai honte d’éclabousser tout mon entourage du bonheur que j’éprouve à l’idée d’avoir un petit fils alors que des bébés, des enfants, n’atteindront jamais l’autre rive.

 J’ai honte de réfléchir à ce que je vais prendre comme viande pour mon barbecue du dimanche et quelle bouteille de vin je vais choisir pour aller avec, pendant que des voyageurs affamés se partageront un bout de pain sur un bateau pneumatique qui prend l’eau.

 

1 500 migrants sont morts près ou loin de nos côtes, depuis le début de l’année. Les autres, ceux qui ont eu plus de chance, seront ballotés d’une frontière à l’autre, et les dirigeants de ces pays civilisés se frotteront les mains en les regardant crever, en disant c’est pas moi, c’est lui qui… C’est son tour…  C’est à eux d’accueillir… C’est plus mon problème !

 

1 500 réfugiés, fuyant la guerre ou la misère, et si c’était nous ? Et si c’était toi, ton fils, ton père ! Un jour, il n’y a pas si longtemps que cela, ce fut ton aïeul, fuyant l’Espagne ou l’Italie, traversant Alpes ou Pyrénées pour trouver refuge au pays des droits de l’homme. Ce fut un parent, juif de France, broyé par la barbarie, embarquant pour la terre promise, ce fut mon arrière-arrière-grand-père, Alsacien devenu Allemand, quittant sa terre natale pour redevenir français, traversant le pays pour trouver refuge dans le Sud-Ouest.

Un jour ce fut l’un de nous…

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