Suite de mon post consacré aux 10 ans de "Sans Importance"...

Coumarine vit en Belgique et tient un blog depuis onze ans. Elle a aussi créé le blog d'écriture Paroles Plurielles que la plupart d'entre vous ont connu. Elle m'y a accueillie en 2007 à la fermeture d'Obsolettres

Je vais être franche, Lorsque j'ai décidé de proposer des cartes blanches à ceux qui me suivent depuis le début de mon blog je n'imaginais pas que Coumarine faisait partie des premières personnes à m'avoir commentée. J'ai ainsi réalisé que nos routes virtuelles se croisaient depuis dix ans. Via nos blogs, Paroles Plurielles et puis Kaleidoplumes. C'est donc tout naturellement que je lui ai proposé de participer à ces cartes blanches et je ne le regrette pas, elle m'a écrit un texte magnifique. 

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Chère Cassy,


Connais-tu l’histoire du piano de Hölderlin ?
Non ? Alors, écoute…
Après avoir reçu l’instrument en cadeau des mains de la princesse de Hambourg, le poète en coupa quelques cordes. Au hasard. Si bien que, lorsqu’il improvisait, Hölderlin ne savait jamais quelles notes allaient retentir et lesquelles allaient rester silencieuses.
Il y a dans le piano de nos vies, bien des cordes cassées ou rendues caduques par le temps. Certaines  sont cassées depuis longtemps, depuis toujours peut-être. Il y a des blessures qui ne guérissent jamais. Une cicatrice reste cicatrice ad vitam aeternam. Même si la plaie vive s’est refermée, il arrive qu’elle soit ravivée par un incident parfois ridicule, sans commune mesure avec la vague de souffrance  qui vient soudain te pincer le cœur. On lit une phrase, on te dit un truc insignifiant, on te parle d’un ton un peu vif, tu apprends quelque chose que tu ne savais pas ou qui ne t’était pas destinée… et hop !  Tu te heurtes à  ta corde cassée.
Pourtant avec des cordes qui manquaient et sans savoir d’avance lesquelles, Hölderlin le poète enchantait la princesse de Hambourg avec ses improvisations au piano, assez pour que Nancy Huston en parle, dans son roman déroutant mais passionnant Instruments des ténèbres
Parfois on ne sait pas ce qu’on va pouvoir jouer, si on ne va pas buter sur des cordes manquantes. On le découvre quand c’est trop tard : on frappe le clavier qui reste muet, ou qui avorte d’une lamentable mélodie, fausse et tronquée. Et il arrive qu’on frappe exprès sur les mauvaises cordes pour se prouver à soi-même qu’on est nul…
Parfois au contraire, on ne s’attend à rien, on frappe le piano de la vie et il en sort quelque chose de magique qui nous surprend les premiers, et nous transporte dans le meilleur de nous-mêmes, dans le plus profond de notre Espérance…

Chère Cassy, toutes ces années à se côtoyer, à échanger nos mélodies ! Une amitié virtuelle qui tient la route. Nous savons bien quelles sont nos cordes cassées, et nous pressentons celles que nous ne connaissons pas, à force…
A force de nous lire, ici ou ailleurs…
Mais malgré ce piano qu’on trouve parfois si bancal, s’élève à travers tout, le concert incroyable d’une femme debout, droite et fière.
Et sensible, dans le plus beau sens de ce mot !
J’aime lire tes balades magnifiques, elles me font rêver. Je me plonge dans tes photos, et s’éveille chaque fois en moi une infinie mélodie du bonheur
Grâce à toi… 

Coumarine

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