Mon blog aura dix ans en décembre. Dix ans que je traine mes mots sur ce morceau d'internet. Et vous savez quoi? J'en ai marre parfois!

Marre de voir toute la noirceur dont on nous matraque par télé et wifi interposées. Combien de fois j'ai eu envie de hurler ma peine devant des images illustrant nos plus bas instincts! Combien de fois j'ai eu envie de cracher ma colère sur mon clavier pour la jeter en pâture ici-même! Et combien de fois j'y ai finalement renoncé en me disant: 

À quoi bon? Pour qui ? 30 ou 40 personnes qui me lisent chaque jour? (enfin, je dis 40, mais combien dans le lot ne font que cliquer, hop, un petit tour et puis s'en va parce qu'il faut consommer, consommer à tout va, le temps et tout ce qu'on met dedans)

J'ai perdu l'envie de la rebellion. Je la traîne toujours avec moi mais je ne l'étale plus à tout va. Suis-je moins en colère qu'avant, pour autant? Au contraire, bien au contraire. Je sens que ça hurle à l'intérieur, que la bête ne demande qu'à sortir. Ici une femme qu'on viole, torture et assassine! Là, des migrants qu'on laisse crever au bord des routes et là encore des fillettes que l'on vend, comme des bouts de viande, au plus offrant.

Et alors me direz-vous? Il reste Zahia (non, on ne dit pas pute, on dit femme d'affaire reconvertie dans le bénévolat pour le droit à manger végétarien et condamner tous ceux qui mangent de la viande et tous ceux qui leur en fournissent: ce sera le bûcher pour mon petit boucher de quartier à moins de te reconvertir dans la salade aux noix!), et son corps trop parfait, fière d'être comparée à une vache pour défendre la cause animale, parce que vous comprenez, mon bon monsieur, dites à tous les bouchers de France que c'est pas bien de faire du mal aux animaux, ils ont rien demandé eux! Si vous voyiez leurs pauvres petits yeux vous implorer de ne pas les tuer, vous ne les condamneriez pas. Manger de l'herbe bon sang!!! (oui, Zahia parle aussi et elle fait même travailler son cerveau... Avec plus ou moins de réussite d'ailleurs...)

C'est vrai, pauvre de moi, coupable que je suis d'avoir ri, enfant, en voyant la poule de ma grand-mère, affolée courir autour de la cour ... sans sa tête qui venait d'être tranchée! J'irai en enfer c'est sûr rejoindre ma mémé qui a gavé, tué, écorché, pendu et éventré lapins, volailles et cochons. Barbares que nous sommes...

Souriez, le monde n'est pas si triste, il y  Sophie Marceau qui montre sa culotte en remontant le tapis rouge sang. Oups! Elle l'a pas fait exprès. Pas besoin d'en recouvrir les pages des magazines, d'elle et de ses copines qui se baladent à moitié à poils sous des robes archi-tranparentes. Non monsieur, ce n'est pas vulgaire, c'est tendance! Et bien plus esthétique que de mettre en une des enfants qui se noient du côté de Lampeduza: que voulez-vous pauvre gens que nous sommes, on y peut rien, c'est la vie, z'avaient qu'à naître du bon côté de la Méditerranée!!! De toute façon un cul et des seins en silicone étalés sur les affiches, façon Kardashian , c'est plus rentable qu'une main qui se tend devant le bistrot du coin. Les enfants étrangers, ils rapportent plus vendus à l'unité sur un marché de l'état Islamique!

Arrêtons de nous plaindre, non mais Allo quoi! On s'est battu tellement longtemps pour la liberté des femmes, on devrait être fière d'être représentées dans la presse, à la télé, dans les campagnes de pub, par des Nabilla, Sh'ym et Loana (non pas elle, elle rentre plus dans le costume!) Elles sont tellement sympas ces filles, toujours prêtes à nous rendre service en nous remontant le moral avec toutes leurs  photos sur instagram: "regardez comme je suis belle au saut du lit, sans maquillage, je le jure!". Signée Sh'ym. "J'ai un nouveau maillot de bain, ça me fait un cul d'enfer, youpieeeeeee, vive les vacances" signée Rihana. "Je suis un con et je l'assume, ouafouafouafouafouaf, vive les sardines" signé Hanouna (mais qu'est-ce qu'il vient faire là celui-là? C'est même pas une fille!).

Ne pensez plus aux autres, occupez-vous uniquement de vous, prenez soin de votre teint, de vos fesses et vos seins (si vous avez la chance d'en avoir!) le reste est facultatif.  Et n'oublions pas de  semer des like a tout va sur FB pour que le monde change de couleur (uniquement si vous êtes beaux, jeunes, riches et célèbres, les autres s'abstenir!)

 

Mais je m'égare, de quoi je parlais déjà? Ah oui, j'en ai marre parfois, me vient  l'envie de laisser ma maison à l'abandon, d'autant que le quartier se désertifie, et il a bien changé en dix ans. J'ai la nostalgie chevillée au corps. Il y avait du soleil, plein de musique et des volets qui s'ouvraient. Aujourd'hui, je ne vois que des volets se refermer, des gens qui partent sans se retourner, je ne suis plus dans le bon quartier sans doute, mais ceux d'à côté ne me font même par rêver!

Heureusement, il y a encore de l'espoir car au milieu de tout ce bordel, il reste encore des poètes:

23-Georges Chelon-Pompëi-Olympia 2008