J'ai les mains calleuses, celles des pauvres gens
Qui pour gagner leur pitance ne rechignent pas à la tâche
L'eau glacée de l’hiver n'entame ni mon courage 
Ni l'avancée de ma besogne 

Chaque matin mon panier d'osier je charge
Du linge sale de la maisonnée 
Au lavoir je vais entamer ma journée 
Elle sera longue et harassante 

J'suis lavandière, j’ai pas choisi
J'suis  juste née du mauvais côté
Ça m'empêche pas de rêver 
Qu'un jour c'est mon linge que je donnerai à laver 


J'aime l’odeur du savon noir et le claquement du battoir 
Courbée au-dessus de ma peine 
Je frotte je rince et j'essore les draps de lin
Que j'étendrai dans le jardin 

La paye est de misère mais j’suis pas à plaindre
Je suis jeune, en bonne santé et le travail ne m'fait pas peur
Et pour me donner du courage je pense à dimanche
Jules m'amènera danser sur les bords du canal

J'suis lavandière, j’ai pas choisi
J'suis  juste née du mauvais côté
Ça m'empêche pas de rêver 
Qu'un jour c'est mon linge que je donnerai à laver 


Le lavoir est ma seconde maison
Ma famille, mes sœurs de misère
Qu’il vente ou qu’il gèle mon labeur
M’occupe pendant des heures

Je brasse le linge en chantonnant
Les pieds glacés dans mes sabots
Lorsque la morsure du froid me surprend
J’imagine un été resplendissant

J’suis lavandière, j’ai pas choisi
J’suis juste née du mauvais côté
Ca m’empêche pas de rêver 
Qu’un jour c’est mon linge que je donnerai à laver

Source: Externe

 

Pour la consigne 313 de Kaléïdoplumes