Une heure du mat' j'éteins et me prépare à une nuit sans fin
Fatiguée, je tourne et retourne dans les draps froissés
Mon envie de dormir chevillée au corps
Un petit tour d'aiguille et puis revient,
Un cauchemar a eu raison de mon sommeil

Deux heures du mat', je dessine des ronds et des huit de la pointe de mes pieds
Au-dessus du lit défait, les jambes en feu et la tête dans le brouillard
Des milliers de fourmis rampent le long de mes mollets
Dansent la gigue et narguent ma fatigue
Les impatiences draguent mon insomnie effrontément

Trois heure du mat', mes jambes se calment enfin
Mon estomac prend le relais, j'ai soif et j'ai faim
Je descends en cuisine, furette dans le frigidaire
Un yaourt fera l'affaire, je remonte une bouteille d'eau
Cette fois c'est sûr, le sommeil vaincra l'ennemie

Quatre heures du mat', j'entends le livreur passer à moto
Il dépose le journal dans la boite aux lettres
Et moi je ne dors toujours pas
Les moutons j'ai essayés, le livre barbant j'ai plongé dedans
L'insomnie n'en a cure, elle s'est installée sur ma moitié de lit

Cinq heures du mat', les oiseaux commencent à gazouiller
J'ai tenté les mots croisés et posé quelques phrases sur une feuille blanche
La fraîcheur du matin glisse à travers la fenêtre ouverte
Et l'aube pointe le bout de son nez, venant cueillir mon insomnie
Mes paupières se font lourdes, le lit confortable, l'oreiller amical

Six heures du mat', je m'accorde enfin le repos du guerrier
L'insomnie s'en est allée à mesure que le jour se levait
Dehors les lèves-tôt partent travailler
Pendant que je visite le sommeil paradoxal
Dans deux heures la lutte pour se sortir du lit débutera

28 ans que ça dure et raccourcit mon espérance de vie
Les randos, le sport, le farniente, les films insipides
Rien ne vient à bout de mon insomnie
Peut-être une lobotomie?
Et dire qu'enfant, on m'appelait marmotte

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pour la consigne 301 de Kaléïdoplumes