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Aujourd’hui, je vous amène faire une belle randonnée,

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 mais pas que…

Je vais aussi vous raconter une histoire, lorsque nous serons installés là-haut, au soleil, les pieds proches de l’eau et la tête presque dans les nuages.

Et puis une fois redescendus, nous ferons une joli rencontre, avec une mémoire du village.

Vous êtes prêts? Balto aussi. C’est parti!

Allons faire craquer les feuilles sous nos pieds, et profitons de ces belles couleurs d’automne!

Nous commençons par un beau lever de soleil, sur la route qui nous mène en Hautes Pyrénées

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Nous allons à Gèdres (juste avant Gavarnie) Nous montons à Gèdres-Dessus et nous nous garons au terminus de la route, juste à côté de la dernière ferme avant la montagne. (1200m d’alt)

Nous allons emprunter pendant 1h 30 un sentier dans une belle forêt de hêtres. 

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Après s’être trompés de chemin et fait une demie-heure de grimpette en plus, nous avons retrouvé le bon sentier (nous étions montés trop haut)

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Le sentier redescend au niveau du ruisseau, que nous traversons un peu plus loin au pont de Grabassets (1630m)

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Nous suivons maintenant le sentier sur l’autre rive et longeons le torrent à travers les prés. C’est superbe

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Ca et là, sur l’autre versant, quelques touches de couleur, posées sur la terre aride: ce sont les arbres disséminés dans la montagne. 

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Encore un peu de marche et nous arrivons à la première cabane

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Les granges de Campbieilh, (1678m) en contrebas, s’offrent alors à nous

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Nous les dépassons

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Laissant en contrebas le pont de pierres

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 Nous continuons sur le sentier, en direction du cirque d'Estibère 

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Nous ne pourrons aller jusqu’à la cabane de Sausset (1930m)

car le parc des  Pyrénées, que nous longions jusqu’à présent, nous fait maintenant face, et coupe le sentier

Avec Balto, impossible d'aller plus loin, les chiens sont interdits dans le parc des Pyrénées, hormis les chiens de troupeau, et le notre, bien que ce soit un chien de berger, n'est absolument pas dressé pour ;o)

Nous faisons demi-tour, sans regret, et longeons le torrent pour retourner aux granges. 

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 Beau point de vue dans la descente

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Nous approchons à nouveau des granges

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Nous nous installons sur ce banc, pour admirer le pysage qui nous fait face

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C'est alors qu'un joli papillon bleu est venu se poser sur la main de l'homme, et nous a raconté une bien belle histoire

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Celle du poète de Campbieilh

 

Ici, dans l’une de ces granges, vécu au XIX ème siècle un homme hors du commun. Son nom? Louis Porte-Labit.

C’était un auteur local qui composait des poèmes et des chansons. Il passait une partie de l’hiver dans une de ces granges. Un jour, elle fut recouverte par une avalanche.

“Heureusement - écrit-il dans son journal - cette avalanche descend en petites quantités et la cabane robuste soutient bravement le choc.

Le 18 janvier 1887, l’avalanche couvrit la surface entière de la cabane, ne laissant qu’une petite ouverture sur le côté de Midi pour sortir et entrer”.

Tout en écoutant le papillon me raconter l’histoire du poète, j’observais les cabanes alentours, cherchant à deviner qu’elle avait été la sienne.

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J’ai cherché des marques sur les vieilles pierres

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J’ai imaginé qu’il écrivait ses poèmes, face à la montagne, près du torrent, assis devant une porte de bois

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Je suis descendue jusqu’au pont 

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J'ai demandé à Balto de retrouver sa trace

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Pour finalement jeter mon dévolu sur cette cabane-là. . Et pourquoi pas?

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 Il faut repartir, comme d’habitude, avec beaucoup de regrets.

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Le retour va s’avérer plus difficile que prévu

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Une fois Arrivés au pont, nous décidons de rester sur la même rive, et faire le chemin retour sur ce versant.

Cela va nous donner l’occasion d’admirer la forêt de hêtres que nous avons grimpée à l’aller

Un sentier à flanc de montagne suit la rive du torrent et va nous mener jusqu’à Gèdre-Dessus.

 

La vue est magnifique, toutes les couleurs de l’automne explosent tout autour de nous

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 En montagne je marche souvent à quelques mètres de l’homme, d’abord parce que je marche moins vite, mais aussi parce que ‘j’aime marcher à mon rythme, et avoir l’impression que je suis seule dans l’immensité de cette montagne. Et il m’arrive aussi de parler toute seule, et les mots qui me viennent sont toujours les mêmes:

Superbe, magnifique, qu’est-ce que c’est beau. Quelle merveille.

J’ai toujours l’impression que la rando que je fais est la plus belle de toutes. Mais il faut avouer qu’en automne, la montagne est réellement la plus belle. Et parfois, je vous l’avoue, il m’arrive de pleurer de bonheur face à de tels paysages.

Mais comment ne pas être émue par ce genre de décor?

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 Nous entrons dans un bois de noisetiers

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Plus loin, cela se corse sacrément pour moi. Nous abordons des passages très délicats, à même la roche, avec le ravin juste sous nos pieds. Je suis pétrifiée par le vertige. Je m’accroche, que dis-je, je me colle carrément à la paroi, essayant d’écouter la voix de l’homme qui m’encourage.

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Ouf! je suis passée, Sauf qu’il y a encore deux passages comme celui-là! Maintenant que je suis là, je n’ai d’autre choix que de continuer. 

Plus bas nous retrouvons enfin un vrai sentier, et une grange qui domine le village.

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 Balto, sommes-nous encore loin?

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Oui, il faut récupérer la route, puis remonter jusqu’au moulin

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Puis grimper jusqu’au point de départ

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C’est là que nous rencontrons un vieux monsieur qui engage la conversation.

Et c’est ainsi que nous apprenons que la cabane où nous avons mangée lui appartient. Et le voilà parti à nous raconter une partie de sa vie. Et c’est passionnant. Il montait là-haut au printemps et ne redescendait au village que pour Noël, à skis (qui étaient en bois à cette époque là) . Tout était monté à dos de mulet. Et là-haut il vivait de ses chèvres. Jusqu’à il y a quelques années, il continuait à monter.

Ce monsieur de 80 ans n’a jamais été à l’école, mais a appris tout au long de sa vie. C’est un passeur de mémoire. Et c’est émouvant de pouvoir écouter son témoignage.

Nous repartons avec des étoiles dans les yeux.

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