Les raquettes sont rangées au garage, la chaleur a envahi la montagne. Il reste encore de la neige sur les hauteurs, de mauvaise qualité. Nous délaissons les vallées d’Asp et d’Ossau pour partir dans le Pays Basque.22 Direction Sainte-Engrâce. Un premier arrêt pour prendre en photo la magnifique retenue d’eau sur la D 26

1Avant d’arriver à l’église de St Engrâce, datant du moyen âge. 20

A travers une ouverture dans le mur du cimetière, nous apercevons l’endroit où nous allons.

Au fond, tout en haut, dans les gorges d’Ehujarre.

Ici, tous les touristes connaissent Holzarte et sa passerelle, ou bien Kakuetta et son canyon (il se trouve quelques kilomètres avant St Engrâce (on le visite en payant un droit d’entrée)

Entaillés dans des calcaires du Crétacé supérieur (vieux de 70 millions d’années) , les canyons de haute-Soule font partie des merveilles du Pays Basque.

L’entaille d’Ehujarre est la moins connue, et parce qu’elle est la plus sauvage, la moins fréquentée, elle est pour moi la plus belle.Grandiose et solitaire, elle a tout pour me plaire.

Nous laissons la voiture près de l’église (620m d’alt) et commençons la rando par une petite route qui descend en pente raide vers le sud. Derrière nous, l’église comme un point de repère dans un ciel bleu azur

2 Nous suivons la route sinueuse pendant une quinzaine de minutes. Nous la quittons ici, au niveau de cette grange, pour nous enfoncer dans le canyon3 Nous entrons dans un bois, il n’y a plus qu’à suivre le sentier qui va traverser plusieurs fois le ruisseau.4

Tantôt rive droite, tantôt rive gauche, mais toujours au plus près de l’eau, nous grimpons à notre rythme.

Il fait déjà très chaud (il fera 30° au plus fort de la journée) Nous sommes la plupart du temps à l’ombre, dans l’entaille même .

Parfois au plus proche de la roche vertigineuse, avec juste un carré de ciel au dessus de nous, parfois dans un espace beaucoup plus large, avec des arbres et de la verdure.

Pour traverser le cours d’eau, nous sautons de pierre en pierre.

C’est un sentiment de grande liberté qui nous anime. Nous imaginons tous les autres, tous ceux qui, pour profiter de cette magnifique journée estivale, sont partis sur la côte, dans les parcs, au bord des cours d’eau. Ici il y a un petit paradis, et pour l’instant nous n’avons rencontrer personne. 

5Parfois nous levons la tête pour admirer la roche calcaire qui se dessine parfaitement dans le ciel bleu, impressionnante de domination tranquille.6Le contraste entre l’ombre du canyon, la lumière que le soleil projette sur la roche et le ciel d’un bleu intense est un régal pour les yeux 7 Un peu plus haut, les rives s’élargissent, nous faisons une première pause pour grignoter. C’est un autre plaisir que je retrouve avec le beau temps. Nous pouvons nous asseoir, rester le temps nécessaire à notre bon plaisir. Pas de crainte de se mouiller ou de se refroidir très vite. Du coup, alors que l’hiver nous nous contentons de barre de céréales mangés à la va-vite. les autres saisons nous faisons un vrai casse-croûte. Mais celui-ci sera pour plus tard dans la journée, une pâte de fruit fera l’affaire pour l’instant.   8Après à peu près 2heures de marche, nous croisons 3 marcheurs. Nous entamons la conversation.

Vous avez remarqué? A la plage, même hors saison, lorsqu’on rencontre des marcheurs, chacun passe sa route, indifférent. Ici, en pleine montagne, même à 2000 m d’alt, même dans un endroit très isolé, on ne parait jamais surpris de rencontrer quelqu’un, et on prend le temps de dire bonjour et d’échanger quelques mots. 10 Ceux-ci nous demande si nous souhaitons faire la boucle ou juste monter au col. Nous répondons que nous n’avons pas encore décidé, ce sera suivant l’humeur une fois au col. Ils nous expliquent alors que plus haut, à 1300m d’alt à peu près, il y a eu une grosse coulée de neige qui bouche la fin du canyon ainsi que la pente qui descend de la roche calcaire, recouvrant le sentier très pentu à cet endroit là, sur une vingtaine de mètres. Ils ont fait demi-tour! 9Nous les remercions puis continuons notre marche pour aller jusqu’à cette fameuse coulée de neige.

Le canyon se fait à nouveau très étroit 11La roche calcaire se rapproche de nous 13    Nous marchons encore une vingtaine de minutes et nous découvrons la coulée de neige 16 Toute la neige accumulée sur les barres rocheuses et sur la pente a dégringolé dans le canyon, emportant avec elle les cailloux et la terre. Nous poursuivons le sentier jusqu’à la limite neige, hésitons. Il n’y a aucun moyen de passer tout droit, la neige est molle, nous risquons d’être emportés jusqu’en bas si nous glissons.

Il y a sans doute un moyen par en haut, et grimpant jusqu’au bord de cette barrière naturelle calcaire. IMG_5219Mais cela reste dangereux, on peut glisser, ou se prendre un rocher sur la tête . Nous décidons de renoncer, ce qui est toujours un crève-coeur . Une fois ce passage difficile effectué, il nous reste 15mn de marche pour être au col. Quelle frustration!

17 Bah, ce n’est pas grave, nous reviendrons très vite et nous irons jusqu’au bout. Chaque printemps nous sommes confrontés à ce problème, cela doit être la quatrième fois que nous devons rebrousser chemin avant d’atteindre le but, et par deux fois déjà, nous avons fait les balades plus tard dans la saison pour aller au bout.

12Nous nous arrêtons plus bas pour pique-niquer, près de l’eau 14

15Plus bas encore, proche de l’entrée du canyon, le printemps a fait son apparition, ainsi ces primevères qui ont élu domicile dans un tronc d’arbre

18Retour à l’église. La rando aura duré 4h30 et nous n’aurons pas été au bout, mais ce n’est que partie remise…19 C’était un dimanche ensoleillé dans le Pays Basque 21