guillotine_200 “Six heures du matin, deux motards et une voiture de police encadrent un fourgon.
Pas de sirène, le ciel est sombre, lugubre.
A l'intérieur, quatre flics et José.
Dans une heure ou deux, il va mourir. Il n'attend aucune grâce.”

José n’est pas abattu, il n’est pas en colère, il n’a ni espoir, ni regret, ni remord. La vie ne vaut plus rien pour lui. Elle n’a d’ailleurs jamais rien valu!

Tu comprends ce que j’attends de toi Patrick? Ce mec, il a fait les pires choses dans sa putain de vie, il est en galère depuis toujours, il n’a jamais connu ses parents, il a été bringuebalé de foyer en foyer. Alors savoir qu’il va crever, il en a rien à foutre. Il réagit même pas aux mecs qui tapent contre le fourgon à coup de pieds, à coups de poings, aux  femmes qui hurlent “A mort”, aux hommes qui se réjouissent de le voir crever bientôt.

Alors putain de merde, ne regarde pas la caméra avec ce regard de chien battu!

OK Boss! j’imaginais le mec qui voyant la mort se rapprocher, pensait à sa femme ou à sa mère, tu vois le gars qui se dit: merde, si j’avais su, je les aurais pas buter ces flics!

C’est moi qui dirige, contente toi de faire ce que je te dis: José est la pire raclure qui soit, on s’en branle de savoir si sa mère était une pute ou si son père buvait. On s’en branle qu’il crève, ce que je veux faire comprendre aux gens, c’est pas que le José était un brave type victime d’un coup monté ou d’une erreur judiciaire. Je fais pas dans le patos.

Ce que je veux c’est que les gens se posent une et une seule question en visionnant cette scène:

On est en 1975, on va assister à la mise à mort d’un mec, le pire des salopards, c’est un enfoiré de voyou sans foi ni loi, un violeur, un voleur, un assassin, récidiviste, irrécupérable, mais bordel de merde: qui on est pour le juger, pour le condamner à mort? Est-ce qu’on vaut mieux que  lui?

Pour la consigne 231 de Kaléïdoplumes