Par une belle matinée d’octobre, Bertha, la poule blanche, sort précipitamment du poulailler

- Cotcotcotcot codec codec! Cooooooooooooooooooooooottttttttttt codeccccccccccccccc!

Pour vous faciliter la lecture, et vous éviter de lire le sujet avec à portée de main un dictionnaire de traduction Poule/Français, et parce que nous n’avons pas toute la journée pour ce fait divers, j’ai préféré traduire le texte complet. J’espère que vous ne m’en voudrez pas. Loin de moi l’idée de vous empêcher de vous perfectionner en langage de poulailler! Mais le froid de ces derniers jours nous a quelque peu gelé les neurones, vous êtes en passe, je le vois bien, d’hiberner, et la chute de mon histoire souffrirait d’une approximation sous prétexte de bâcler la traduction parce que la température chute et le cerveau s’embrume. J’ai donc pris le parti de traduire le texte moi-même.

Mais… Revenons à nos moutons … Pardon… A nos poules!

Par une belle matinée d’octobre, disais-je, Bertha, la poule blanche, sort précipitamment du poulailler.images

- Au secours, à l’aide, à l’aide! Au secouuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuurttttttttt, à l’aiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiideeeeeeeee!

Elle court et volète, les yeux exorbités, la crête en bataille, les plumes en éventail.

Elle court en cercle autour de la cour, alors que le coq, fier, fait la cour à sa cour.

Elle court tout du long de la cour en gueulant à qui veut l’entendre:

- Au secours, au secours !

Une poule qui caquète en hurlant, et c’est 100 poules affolées, qui la suivent en caquetant, si bien qu’une telle cacophonie finit par installer la panique dans le poulailler.

On court dans la cour, on caquète, on s’interpelle du bec, on s’affole, on glousse de peur, si bien qu’à la fin, entre les plumes qui voltigent, et les poules qui courent dans la cour, sans plus trop savoir pourquoi, Maître Coq perd patience.

- Vos gueules!!!!!!!!!!!!!!! lance-t-il à la ronde (la traduction exacte du mot employé par le coq est “Vos becs! “ Mais j’ai eu peur que vous ne saisissiez pas le sens exact du mot “bec” dans ce contexte précisément, j’ai donc préféré le traduire par un mot plus adapté à votre compréhension)

Aussitôt la centaine de poules hystériques se statufie, n’osant bouger d’une plume. Lorsque maître Coq intime un ordre, vaut mieux fermer son bec.

- Ramène ton croupion ici, la grosse Bertha, j’espère que tu as un bonne raison de venir déranger ma cour juste avant mon déjeuner.

Bertha, la poule blanche (c’est vrai qu’elle est un peu grassouillette) s’approche, penaude, du coq

- Maître Coq, maître Coq, le drame s’est abattu sur mon coin de paille. C’est terrible, c’est horrible, c’est incompréhensible.

Maître Coq s’impatiente:

- Et bien grosse Bertha, explique-toi une bonne fois pour toute

- Maître Coq, c’est la panique au poulailler, un œuf a disparu, mon œuf a disparu. Je ne l’avais pourtant pas quitté de l’œil. Pondu ce matin, il était beau, il était bon, il était doux. On m’a volé mon œuf maître Coq, je suis désespérée.

Maître Coq sur son tas de fumier perché pousse un long soupir de découragement.

- Bertha, tous les matins tu ponds un œuf

- Ah bon?

- Oui, Bertha, et tous les matins la fermière vient ramasser ton œuf et celui de tes voisines

- Hein???????? Mais ce n’est pas possible! Un œuf par jour? Et pourquoi je ne m’en aperçois jamais?

Maître Coq se radoucit, un brin de pitié dans le gosier, il descend de son tas de fumier, entoure de son aile Bertha et tout en la raccompagnant vers le poulailler tente pour la millième fois de lui expliquer.

- Bertha, tous les matins, tu sors en hurlant du poulailler, à la recherche de ton œuf, et tous les matins je t’explique qu’il a été ramassé par la fermière. Bertha, je sais que c’est difficile à admettre, mais… Tu es une poule, toi, tu ponds des œufs, et la fermière les vend sur la place du marché.

Bertha se met à hurler:

- Mon œuf, mon petit, mon tout petit œuf pondu avec amour, vendu sur le marché, comme un vulgaire tas de patates.

Au fond de la cour, deux poules hochent la tête compatissantes.

- C’est terrible de devenir sénile dit l’une

- Oui, répond l’autre, avant elle oubliait qu’elle pondait, maintenant elle oublie qu’elle est une poule.

Moralité:

Comme on pond son œuf on le couve, et l’omelette sera épicée (je ne suis pas très sûre de cette traduction là, veuillez m’en excuser!)

Pour la consigne 230 de kaléïdoplumes