“Mets ta peine dans ta poche, un mouchoir par dessus”

Combien de peine j’ai mis sous mon mouchoir? Combien de questions non posées, de tristesse dissimulée, de culpabilité cachée? 2

J’en ai rempli toutes les poches, de tout ces trucs qu’on ne veut pas voir ni entendre.

Les poches de mes tabliers à l’école communale

Les poches de mes gilets sur les bancs de la fac

Les poches de mes pantalons en défilant au pôle emploi

Les poches fourre-tout qui recevaient mes peines et celles de mes enfants

Je recouvrais le tout d’un grand mouchoir à carreaux, en coton

Mon mouchoir était neuf, il ne servait à rien, qu’à recouvrir mes peurs.

Aujourd’hui encore, j’encaisse, je ne dis rien, je mets tout ce qui ne me plait pas au fond de ma poche,

Ma colère, ma culpabilité, ma honte parfois, et je les recouvre d’un mouchoir,

Bien caché, je tente d’oublier, mais quand rien ne va, une poche trouée, et tout réapparait.