Je vous présente le  premier roman à quatre mains que j’ai écrit avec mon amie de plume Pati. Une année de partage et de travail qui s’achève sur un livre de 230 pages consacré à la vie  de deux héroïnes, Louise et Ninon, qui nous font traverser l’histoire de 1931 à 1994. En cliquant sur le livre, vous serez redirigé vers le site d’achat*. Merci

Couverture définitive Extrait:

Louise partit dans la soirée rejoindre sa chère cabane, témoin des jours heureux, devenue depuis trop longtemps à son goût, un lieu de pèlerinage… Quand elle ouvrit la porte de la cabane, elle le fit avec un mince espoir. Son père l’avait envoyée ici avec beaucoup trop de facilité. Il n’aimait pas la laisser dormir seule là-haut. Il la savait triste, mais au point de l’encourager à passer la nuit loin de la maison, c’était louche. Peut-être… Elle avait imaginé sur le chemin que peut-être Ninon serait là, à l’attendre. Elle avait poussé la porte avec une énergie nouvelle. Et si….

L’espoir s’envola très vite, son amie n’était pas là. Elle se maudit de s’être laissée aller à ce genre de pensées idiotes. Le retour à la réalité était trop dur. Elle pleura de longues minutes, assise sur le tabouret, la face contre la table de bois que son frère lui avait construite avec de vieilles planches. Et si Ninon ne revenait jamais ? Et si elle ne voulait plus vivre ici, et si elle l’avait oubliée, elle, sa cabane, sa montagne, son village, et tout ce qui faisait leur vie d’avant ? Après avoir reniflé tant et plus, elle sortit. Il fallait qu’elle récupère son cahier, qu’elle y écrive ses mots, son chagrin, son espoir : son amie reviendrait, il ne pouvait pas en être autrement.

La cachette se trouvait au bout du champ, près du ruisseau, nichée au fond d’un arbre mort. Une vieille boîte en fer recelait quelques trésors qui n’avaient de valeur qu’aux yeux de Louise et de son amie. Le cahier en était le bien le plus précieux.

Au bord de l’eau, il faisait un peu plus frais ; l’ombre protégeait le vieil arbre témoin de bien des secrets. Avant qu’elle n’attrape la boîte, elle entendit une branche craquer. Elle se retourna, sans avoir eu le temps d’avoir peur…

Le cahier était là, au creux d’une main tendue vers elle. Ses yeux remontèrent lentement le long de cette main, de ce bras... jusqu’à plonger son regard stupéfait dans les yeux de Ninon.

Un ange passa. Il sembla aux deux filles que l’eau s’arrêtait de couler, les oiseux de chanter, le monde de tourner. Une seconde d’éternité venait de se poser sur leurs épaules.

Se regarder à se manger des yeux, sans un mot.

Puis s’approcher et se regarder encore, à s’en faire tourner la tête.

Et enfin se toucher, pour être sûre que le mirage n’en est pas un. Se toucher pour se ressentir... La douceur des cheveux de Ninon, les joues rebondies de Louise ; la peau blanche de Ninon, les taches de rousseur de Louise.

Observer le plus petit détail aimé chez l’autre : le regard impatient de Louise, la bouche en forme de cœur de Ninon… La mèche rebelle de Louise, le grain de beauté, au coin de l’œil de Ninon.

Elles restèrent longtemps ainsi, main dans la main, face à face. On aurait dit deux statues de cire. Mais à y regarder de plus près, on pouvait distinguer des larmes, un ruisseau de larmes couler le long de leurs joues.

 

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