Je me suis trouvée, et puis je t'ai retrouvée100_0367

Je m'étais perdue, ente deux âges, entre deux vies

Je n'étais plus l'une, je n'étais pas encore l'autre,

J'étais dans les eaux troubles d'un entre-deux.

Je ne cherchais rien, je n'avais pas de nostalgie,

J'avais été quelqu'un, une fille, une épouse, une mère,

Puis j'avais chaviré, et je m'étais presque noyée,

M'était restée un gout d'eau salée dans ma tête en friche,

Qui m'empêchait de sentir les odeurs d'un passé,

Le parfum d'un quelconque avenir!

Pardonne-moi, je ne le voulais pas, j'étais perdue,

Je venais de naitre une seconde fois, dans un corps d'adulte,

Un retour sur le passé aurait été trop douloureux,

En perdant la mère, j'avais perdu mes repères,

Il me restait tout à faire,

Apprendre à me connaitre, à me satisfaire, de ce que j'étais,

Apprendre à faire confiance, à larguer mes amarres,

Apprendre à aimer l'image que le miroir me renvoyait100_0323

Apprendre à parler, exprimer enfin.

Rire ou pleurer par nécessité,

Me mettre en colère sans penser à “oser”.

Puis revenir enfin.

J'ai été longue, je sais.

Le chemin a été long tu sais!

Je me suis perdue longtemps,

J'ai sans doute tourné en rond souvent.

Je ne connaissais pas la route,

J'ai même cru parfois que j'étais dans une impasse.

Au bout du compte, je me suis retrouvée devant ta porte.

Au bout du compte il me reste toi,

Ta constance, ton amour.

Je m'étais perdue,

Je ne savais pas comment revenir.

J'allais faire avec toi ce que j'avais fait avec d'autres: m'éloigner, effacer les traces.

L'errance est terminée, elle a pris fin devant ta porte!

Quand nos enfants seront loin,

Quand nous serons plus vieilles encore,

Lorsque tes jambes ne te porteront plus,

Lorsque mes mots se mélangeront,

Il y aura toi encore!

Lorsque d'autres coups du sort nous égratigneront,

Lorsque mon dos se courbera un peu plus,

Lorsque j'aurai peur de la mort,

Il y aura toi encore!

Lorsque j'évoquerai mon bonheur d'avoir écrit,

Lorsque je bercerai ma premier petit enfant,

Lorsque j'évoquerai maman,

Lorsque je penserai a la croix, au causse,

Il y aura toi encore!

Lorsque je rejoindrai Ramonville à métro,

Lorsque je me goinfrerai de crêpe à la confiture de châtaigne,

Lorsque je fumerai la dernière clope sur ta terrasse, en regardant les étoiles,

Il y aura toi encore!

Lorsque je te prendrai dans les bras, comme tu le faisais avec moi quand j'étais enfant,

Lorsque je me laisserai aller à pleurer pour évacuer le trop plein,

Lorsque je me souviendrai du rire de nos enfants à Saillac, dans le pré cherchant les œufs,

Il y aura toi encore!

Et la prochaine fois que tu me diras: je suis heureuse de t'avoir retrouvée,

Je te répondrai Régine, que je ne repartirai plus!

Et que notre histoire est belle.

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