21 mai 2009
La sieste
Il y a la pelouse à tondre, les tomates à planter, et puis les rosiers à tailler, et la chaise longue qui me fait de l'oeil.
Par une journée ensoleillée, le jardin sent bon le printemps. Les températures grimpent, et la chaise longue n'attend que moi.
Après le repas, vaisselle faite, cuisine rangée, je prends mon café, à l'ombre du cerisier.
J'ai sorti table et chaises de jardin. Les premiers repas « dehors » rassurent et le moral est au beau fixe.
Je n'ai pas sorti le parasol, on a tant besoin de chaleur sur nos peaux frileuses et blanches. La chaise longue me tend les bras. Il n'est pas encore l'heure.
Je l'ai juste sortie « au cas où » ou pour tout à l'heure. Après la promenade des chiens, après que le linge soit étendu. Après que le coup de fil soit passé.
Et puis je me décide enfin. Lunettes de soleil, livre dans une main, perrier orange dans l'autre, je m'installe enfin.
Tête à l'ombre, corps au soleil, j'apprécie l'instant présent.
Non, je ne fais pas la sieste, je me détends simplement.
Je lis quelques ligne, bois une gorgée, me replonge dans mon livre. Puis pars à la dérive.
La chaise longue prête à la contemplation. Des avions tracent des lignes impeccables dans un ciel sans nuage.
Je me concentre sur le chant des oiseaux. Je fais taire mes chiens. Silence! Non! Je ne fais pas la sieste, je prends du bon temps.
Tout doucement, je me laisse aller à une torpeur douce et légère. Un petit vent vient rafraîchir l'atmosphère, juste assez pour ne pas sentir la morsure du soleil. Juste assez pour se sentir de mieux en mieux.
Je ne fais jamais la sieste, vous savez! Pas le temps, pas envie, trop de choses à faire et jamais le temps de rien.
Je me suis allongée quelques instants. Je suis en train de lire un livre très intéressant.
Je me suis laissée aller à ne plus penser à rien, du coton a envahi mon cerveau. Une apesanteur bien sympathique a pris possession de mes muscles.
J'ai bien essayé de lutter. Non! Je ne fais pas la sieste. J'ai ce livre à finir, et puis un texte à écrire.
Il faut aussi que j'entame le marathon. Voyez, pas de temps à perdre.
La chaise longue m'a prise par surprise.
Le temps était à l'orage. Sur ma chaise longue, je voulais bouquiner. Je me suis endormie, sans y penser. Une petite sieste j'ai fait.