marie_b_b_

Je me souviens lorsque ma fille aînée est venue au monde. La première question qui m'est venue à l'esprit, c'est : est-ce que je suis capable de l'aimer? Et de quelle façon? avec quelle intensité? Et si je ne ressentais rien. Et si ce que je ressentais c'était un "amour obligé"

L'amour maternel c'est quoi? Un amour inné ou un amour qui s'acquiert au fil des premières semaines de vie de son enfant.

Et si cette fibre là, cet amour là, je ne l'avais pas. Pendant neuf mois, il y a quelque chose là dans le creux de votre ventre, qui change votre perception de la vie. Vous êtes deux, imbriqués l'un dans l'autre, vous et cet enfant qui va naître. Cet enfant qui réclame son indépendance déjà, à quelques mois de vie foetale, en vous donnant des grands coups de pieds:

"Hey, pousse toi que je m'y mette"

Tant et si bien que vous imaginez déjà ce que son caractère sera.

Mais cette envie de l'aimer, ce désir de le protéger déjà, pendant ces neuf mois, là, n'est-ce pas tout simplement dû aux hormones?

Et si à l'arrivée, la déception était là. Si au final, l'amour pour ce petit être qui se différencie de vous n'était plus aussi évident que celui qui vous a envahi lorsque vous deux ne faisiez qu'un?

Et puis l'enfant est là, depuis quelques semaines déjà. Débordée par les nouvelles tâches, fatiguée par les nuits sans sommeil, vous ne vous êtes plus posée la question. Jusqu'à ce jour, où vous le tenez dans vos bras, où vous le bercez tout en le nourrissant. C'est à ce moment là qu'il y a comme une onde d'amour qui vous traverse, qui vous submerge.

Ca fait presque mal, tant c'est intense. Vous regardez votre enfant et il y a ces émotions qui vous noient presque. C'est tellement fort que vous pourriez presque le toucher du doigt.

Je me souviens de mes pensées à ce moment là:

Comment ai-je pu douter? c'est inscrit dans ma chair, je l'aime à en mourir.