(Texte 5 du marathon des bloggeurs)

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Cette nuit, il a gelé.

Le premier gel de l'année, l'hiver est là.

Une photo prise ce matin, pour immortaliser ce premier gel, de ce premier hiver, de cette première année dans cette nouvelle maison, ici.

Cette maison, c'est la seconde dont je suis propriétaire. La première c'était dans les années 90. Elle y a vu naître 2 de mes enfants, grandir les 3. J'y ai passé 7 ans. Avant il y avait eu plusieurs villes, des appartements en location, de plus en plus grands, puis des maisons pour avoir un jardin, un bout de verdure.

Après cette première maison achetée puis revendue, un nouveau déménagement, une nouvelle ville, une maison en location, et puis une autre.

Et aujourd'hui ici.

Ca ne m'a pas dérangée de déménager souvent. Je n'avais pas vraiment d'attaches dans ces lieux différents. Par contre, j'avais envie de boucler une boucle, revenir à l'endroit des mes premiers pas dans l'age adulte.

Ce que j'ai fait. Et une fois là, je me suis sentie en règle avec mon passé.

Je voulais sans doute vérifier si mes racines étaient les mêmes, si l'arbre était toujours aussi solide. Me sentir proche de la région qui m'avait vu naître et apaiser ce sentiment de ne jamais être à ma place. Ces 7 dernières années m'ont permise de combler mon besoin de revenir aux sources, de remplir mes veines de l'oxygène de ma terre.

C'était en fait pour m'aider à digérer ce manque de tant d'années. Il y avait encore du chemin à faire pour comprendre que mes racines, je peux les amener partout avec moi. Elles sont à l'intérieur de moi.

Il a sans doute fallut le décès de ma mère pour apaiser cette nostalgie du passé, bien qu'elle me revienne encore par bouffées.

Quand elle est partie, j'ai réalisé que ce besoin viscéral d'être à cet endroit précis, sur cette terre même, n'avait plus lieu d'être. Tout était dans mon coeur, dans ma tête.

Aujourd'hui je suis ailleurs. Toulouse me manque, parce que c'est Toulouse, pas par besoin d'y revenir. Mais j'avoue que j'ai envie de me sentir chez moi ici aussi, et pour l'instant je n'y arrive pas.

J'ai envie d'aimer cette maison, de me l'approprier. Je n'ai pas encore su m'y prendre. Alors je patiente. Je me dis qu'il faut du temps, pour que d'autres racines poussent. je me dis qu'il est encore trop tôt. Je me dis que cette maison sera peut être, sera sans doute, la dernière, alors: patience de rigueur. Le moment venu sans doute. L'avenir me le dira.

Mais il faut que vous lisiez ce magnifique texte d'un jeune auteur compositeur, qui écrit tout en émotion. Il s'appelle Renan Luce, et il ira loin. Il en parle si bien, de ses racines.

Mes racines sont profondes
Elles ont traversé l'onde
Et perforé la pierre
D'une fin de terre
Elles ont tissé leur toile
Sous un ciel sans étoiles
Et nettoyé par le vent
Attirée par devant
Ô ma presqu'île accrochée
Par quelques vieux rochers
Je garde une boussole
Pour rev'nir sur mes pas
Souv'nir du ras du sol
Quand je ne marchais pas

Mes racines sont vivantes
Comme dans ces terres arides
Elles cherchent la suivante
Quand une nappe est vide
Elles forcent mon voyage
Qu'importe où et quand
Mon existence péage
"Carte moins de vingt cinq ans"
Les sandwichs sur le pouce
Les amphis à l'index
Tous ces mots dans la bouche
Le corps comme un silex
Pour peu que l'on te touche
L'étincelle qui reste

Et mes racines grandissent
Une rencontre et puis dix
Un regard et puis cent
Je regarde impuissant
Le chemin que dessinent
Pour demain mes racines

Mes racines sont sonores
Et leurs échos opposent
Une vague - falaise nord -
Un Airbus - ville rose -
Mes racines sont tactiles
Reconnaissent à tâtons
La douceur du pistil
Le rugueux du béton
La peau fine des filles
Les griffes d'un chaton
Mes racines olfactives
Gardent précieusement
L'odeur de la lessive
Dans les jupes de Maman

Mes racines sont "famille"
P't'être pas assez souvent
Pourtant mon coeur fourmille
Toujours pareillement
De "Toc toc" à mon mur
"Viens dormir avec moi"
De cueillettes de mûres
De cabanes dans les bois
De vacances tous les cinq
"Crème solaire, pelle et seau"
C'est à vous que je trinque
Avec le verre bien haut
A la prochaine étreinte
Je vous attends bientôt

Et mes racines grandissent
Une rencontre et puis dix
Un regard et puis cent
Je regarde impuissant
Le chemin que dessinent
Pour demain
Mes racines grandissent
Une rencontre et puis dix
Un regard et puis cent
Je regarde impuissant
Le chemin que dessinent
Pour demain mes racines
Mes racines
Mes racines
Mes racines