Alainx a lancé le marathon d'automne des bloggeurs. Ca se passe ici

Je me suis évidemment inscrite et j'ai hâte d'y participer à nouveau. Le but étant d'écrire toutes les heures le plus longtemps possible. La marathon aura lieu jusqu'à dimanche soir. Je n'ai pas encore choisi le jour, mais j'ai déjà hâte.

Concernant le marathon de printemps, j'avais écrit 15 textes. Deux seulement figurent ici. Je pense mettre les plus interessants dans mon blog, en les disséminant par ci par là.

Mais pour vous donner un avant-goût de ma participation du printemps, voici un de mes textes préférés.

M_m_

Ma grand mère. Il faut que je vous parle d'elle.

Mémé, une force de la nature. Elle a toujours vécu dans un petite maison de pierre, au fin fond de l'Aveyron, dernière maison d'un minuscule village posé au pied du causse. Une pièce principale, un évier de pierre, une mansarde au fond. Une chambre et un escalier de bois pour monter au grenier.

Femme costaud, petite, brune comme l'ébène, le visage bronzée par le soleil brûlant d'été, la peau ridée trop vite par les années. Le corps déformé par 18 grossesses successives.

Mémé, son tablier de nylon à carreaux gris, serré par une ceinture à peine assez longue, ses charentaises portées en sandales, ses bas saucissonnés sur ses mollets, ses restes de mise en plis approximative, et son sourire lumineux pas mal édenté.

Mémé et son odeur: une odeur de soupe longtemps mijotée sur la vieille cuisinière, de poulet en sauce ou de pain frotté à l'ail.

Mémé et ses mains calleuses, ramassant les oeufs dans le poulailler, gavant les oies à l'automne, plumant le poulet du dimanche, arrachant la mauvaise herbe du jardin.

Mémé et sa voix rocailleuse, à l'accent bien appuyé, roulant les "r" et arrondissant les voyelles.

Mémé, s'activant sans cesse, à petits pas décidés, portant un seau, traînant un cageot, passant le balai, touillant les pâtes, lavant la vaisselle, essuyant les verres.

Et puis mémé au coin du feu, près de la cuisinière, les mains croisées sur ses genoux, à attendre après le repas, que le soleil soit moins haut pour aller s'activer à l'extérieur.

Une grande table de bois, faisant presque la largeur de la cuisine, sur laquelle est étendue une nappe plastique au dessin effacé par le temps. Deux bancs de chaque coté, une chaise à moitié éventrée à chaque bout et une grande famille attablée. Pépé est à un bout de table, mémé à l'autre, coté murs les petits enfants, de l'autre coté les enfants.

Des verres à eau remplis de vin de pays laissant sur la nappe une auréole rouge et des yeux pétillants. Mémé et sa soupière fumante déposée sur la table.

Et la bonne odeur de pain trempé et de légumes mijotés. La grosse louche déposant dans les assiettes creuses ébréchés de l'amour à dévorer et du bonheur à déguster.