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Un onze novembre, tes jours sont à présent comptés.

Parce que ce jour là, j'ai été  maître d'oeuvre de ton départ en pointillés.

Dans l'ambulance qui t'amenait, tu devais avoir la tête qui te tournait.

Peut être essayais-tu de te souvenir de ce parc, des ces murs blancs, de ces larges couloirs.

Mais ce n'était pas ta mémoire qui vacillait, juste le lieu qui t'était inconnu.

Je n'avais pas dormi la nuit précédente, cette décision si lourde de conséquences,

cette décision me torturait. Et si la solution était ailleurs?

Tu regardais autour de toi, comme un animal apeuré,

C'était toi l'enfant et moi l'adulte qui te condamnait

Par amour, par respect. Pour te rendre ta dignité.

Je n'avais pas vu tes rides se former, tes joues se creuser.

Je n'avais pas vu tout ce temps passé, toutes ses années envolées.

Ta maladie m'a rendue notre réalité, tu n'étais pas immortelle.

Je n'ai pas pu te déshabiller, t'aider à te doucher,

trop dur de voir tes yeux vides, ton corps presque inerte.

Impudique mon regard, impudiques mes pensées, impudique ta mort prochaine.

Trop lourd fardeau à assumer.

Un autre onze novembre, une blessure qui se réveille.

Une douleur qui me pénètre, l'absence d'une mère.

Un autre onze novembre et je refais le parcours,

je suis à la case départ d'un compte à rebours de 4 semaines.

Pour la quatrième année consécutive, je refais notre chemin de croix,

pour la troisième année..... Sans toi.