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La nuit, je ne dors pas, l'insomnie ne me quitte pas et le sommeil tarde à venir.

Alors la nuit, seule dans mon lit, je refais ma journée et tant qu'à y être, j'anticipe la journée à venir.
Quelquefois je m'assoupis. Je n'aime pas cet entre-deux. Car à peine consciente, je baisse ma garde. Pas suffisamment pour un laisser aller rassurant, et déjà trop pour garder le contrôle de mes pensées.

C'est dans ces moments là que mon corps, à peine détendu, recrache toutes les tensions accumulées. je ressens son malaise grandissant. Il me dit ma faiblesse, mon découragement, et les montagnes d'énergie qu'il me faudra encore pour affronter mes démons. Il me dit qu'il est las de se battre, qu'il aimerait se reposer.

Et quand je sors de cet état d'entre deux, je prends peur. J'ai conscience bien sûr que je suis toujours à la limite, qu'affronter à nouveau mes défis me mets en danger, mais je ne veux pas vivre  moitié, ou à peine survivre.

La nuit aussi, j'écris. Dans ma tête les mots coulent comme de l'eau fraîche. Ces lettres n'accrochent pas, elles se fondent dans des phrases que j'aime d'emblée. Je me dis alors que tous ces mots  que je trouve avec tant de facilité, demain, oui c'est sûr, je n'aurai qu'à les coucher sur le papier.

C'est au petit matin que je m'endors enfin, pour quelques heures de sommeil insuffisant. Et au réveil, tous les mots se sont envolés.

Je passe alors ma journée, à essayer de les retrouver!