Quelques_ann_esLettre que je n'écrirai pas, mots qui resteront ici, sur ce blog, protégé par ma lâcheté.

C'est toi qui a téléphoné, presque gênée de me déranger.

Mais tu ne me dérangeais pas, comment pouvais tu un instant le penser?

Comment pouvais tu imaginer que mon silence était la preuve peut être de mon indifférence?

Comment pouvais tu vouloir que ce soit la dernière fois, qu'ensuite tu n'insisterais pas, que tu me libérerais de cette obligation.

Comment te dire que je t'aime? que le lien qui nous unit est plus fort qu'un lien de vie,

Comment oser t'expliquer  que je ne te rejete pas, et que si je t'évite, c'est pour ne pas souffrir?

Comment te décrire l'angoisse qui me tenaille d'être vue dans toute ma fragilité?

Comment te raconter mes batailles du moment.

Me montrer à toi me torture, l'angoisse m'étreint  de ne pouvoir soutenir ton regard, pourtant si aimant.

Tu me dis: je serai toujours là pour toi, et je te crois.

Je ne sais comment te dire que je suis toujours là, et que jamais, pas un instant je ne désire te rayer de ma vie.

Je t'aime de loin, en silence, invisible et je me bats pour un jour retrouver une certaine innocence,

celle qui me permettra de goûter à la présence des autres sans souffrir, sans me haïr, sans aucune honte.

Je sens encore ta main dans la mienne,

lorsque pour me défendre, tu faisais face aux autres, ceux qui me bousculaient dans la cour de l'école.

Tu criais: "c'est ma petite soeur, gare à celui qui la touche"

J'entends encore tes mots durs et assassins,

lorsque tu te mettais entre notre père et moi hurlant: " tapes moi si tu veux, mais laisse la tranquille".

Je te revois te précipiter d'un air inquiet à mon chevet, pleurant d'avoir faillit me perdre, tremblant encore de me voir si faible.

Je sens encore tes bras autour de mes épaules et tes larmes dans mon cou, lorsque nous regardions hagardes, le cercueil de maman disparaître dans le caveau familial.

Il n'y a que du bon en toi, de l'authentique. Rien de surfait, rien de parfait. Que du vrai, un coeur énorme et des mains qu'on croirait milles, pour donner sans compter.

Petite j'ai voulu te ressembler,

J'ai vite compris que je ne le pourrai jamais

Alors je t'ai admirée en silence, me disant qu'un jour, peut être, j'apprendrai à être toi.

Ce jour n'ai jamais arrivé mais je me suis finalement persuadée, que si tu m'aimais encore et malgré tout, c'est qu'un petit bout de mon âme  était assez jolie pour la montrer ici et à travers tous mes écrits.

Il faut que je vous dise, c'est ma soeur, et son âme est magnifique.