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Bientôt un an que je travaille sur Toulouse. Et je constate que je prends le train avec de moins en moins d'angoisse.

J'ai de la chance, car la plupart du temps, je peux adapter mes horaires. Alors j'ai monté toute une suite de stratagèmes pour prendre le train dans les meilleures conditions possibles. Ça ne marche pas à tous les coups, mais c'est pas si mal.

Ainsi, j'essaie de prendre le plus possible des trains directs et pas trop plein. Et puis aussi des trains qui sont moins souvent en retard (certaines lignes son plus aléatoires que d'autres au niveau horaire)

Évidemment, c'est toujours plus facile à l'aller qu'au retour, mais cela me fait au moins un trajet correct. Sur deux, c'est pas si mal.

Donc, la plupart du temps, l'aller se fait dans de bonnes conditions. Le choix du wagon est très important: à moitié vide, pour être sûre que personne n'aura l'idée de s'asseoir à côté de moi (généralement le dernier, car les gens ont la flegme de marcher jusque là)

J'ai en permanence avec moi un sac rempli de livre, de cahiers, de journaux et un MP3. D'autres feraient la même chose pour passer le temps. Pour moi, c'est surtout pour oublier que la crise de panique peut me prendre à tout moment. Malgré tout, j'ai fini par "prendre le parti" de ces trajets "choisis". Il m'arrive même d'apprécier de plus en plus ce temps intermédiaires.

Le train du soir est bien plus stressant pour moi, en tout cas celui des heures de pointes (entre 16h30 et 18h30). Impossible de m'isoler, alors j'essaie d'en prendre un direct, et dès que mon espace vital est envahi, je suffoque en silence. Je sens mon rythme cardiaque s'accélérer dès que quelqu'un s'avance dans l'allée centrale. Je sais que  la place vide à côté de moi ne le restera pas longtemps et je me focalise dessus. Car, du moment où elle sera prise d'assaut, une bataille intérieure commencera pour moi, qui durera le temps du trajet. Le plus souvent, je me contrôle, mais c'est épuisant.

Ma plus grande angoisse? Que le train s'arrête en pleine voie. Cela arrive assez souvent. Dans ce cas là, j'ai l'impression de tomber dans un gouffre sans fin. Je compte les demi secondes, me débats dans une bataille intérieure dont la plupart du temps, personne ne perçoit la force. Je m'épuise à supporter l'insupportable, je regarde dehors. Je suis en prison dans un corps qui refuse d'être raisonnable. Et le train qui redémarre me libère d'une étreinte de plus en plus incontrôlable.

Avant, quand la crise arrivait, j'avais envie de mourir, parce que la panique était trop grande, et parce que j'avais honte de réagir ainsi. Maintenant, j'ose parler, exprimer, dire: Je suis mal, laissez moi respirer. M'accepter ainsi a été l'aboutissement d'un long travail, qui amène les autres à accepter ma différence.

Que de chemin parcouru, mais combien à parcourir encore. Allez Cassy, allez Cassy !!!!!!!!!