imagesCA124TJ4Ce sont les mêmes mains qui ont caressés cette femme, bercé cet enfant.

Ce sont ces mains  qui ont bâti cette maison, retourné cette terre vierge pour la rendre fertile.

Mes mains, celles qui ont un jour lâché celles de ma mère pour faire mes premiers pas.

Les mêmes qui ont à leur tour lâché celles de mon enfant, parti découvrir la vie.

Ce sont ces mains là qui en ont serré des centaines d'autres. Fermement, par conviction. Doucement, par amitié. Tendrement, par amour. Agressivement par colère.

Ces mains ouvertes pour accueillir la vie.

Ces mains aussi qui ont fermé les yeux de mon père sur son lit de mort.

Mes mains, ce prolongement de mes émotions En poings serrés pour ne pas pleurer. Paumes ouvertes pour les poser sur le corps de la femme aimée. Poings levés pour manifester mes révoltes. Bras le long du corps pour dire ma lassitude.

Et même quelques fois jointes dans une prière incertaine, quand il n'y avait plus d'espoir, que faire semblant de croire.

Je les regarde, ces mains, qui aujourd'hui tournent et retournent cette foutue lettre qui me condamne. Et ces mots qui résonnent dans ma tête comme autant de coup bas: Délocalisation..... Licenciement..... Plus de 50 ans......

Je les observe longuement, ces mains, mes mains, juste un peu plus ridées, un peu plus abîmées, une peu plus tâchées. Et j'y pose ma tête, pour mieux cacher mon désarroi.