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Ces derniers temps, peu de temps pour écrire. Encore moins pour lire. J’ai survolé quelques blogs, mis 2 ou 3 commentaires. Ce soir, je me suis posée un peu plus. J’aime bien cette idée de rentrer chez les gens par la petite porte, discrètement, de regarder le mobilier, s’imprégner de l’ambiance du jour, ne faire que passer ou bien se sentir assez bien pour y rester.

Et puis surtout, j’aime bien cette idée d’être comme tout le monde. Sauf que ... Je ne suis pas comme tout le monde, et c’est en lisant les autres que ma réalité me revient en pleine face. Et il faut bien l’avouer, je suis jalouse. Oui jalouse, de vous, de vous tous . Je souffre de voir comme mes chaînes sont lourdes à porter quand je vois vos envols, vos audaces, votre capacité à partager.

Je lis chez beaucoup de blogueurs leur plaisir à partager autour un bon repas, l’envie de partir à la découverte d’autres et je les envie.

Je sais, vous allez me dire que j’ai aussi de l’audace, que j’avance, que je lutte. C’est vrai, j’en suis pleinement consciente. Si je regarde en arrière, il n’y a pas si longtemps que ça, 4 ans tout au plus, j’étais à terre, osant à peine sortir de chez moi. Je ne me supportais pas ainsi, mais c’est ainsi que je devais supporter la vie.

Aujourd’hui, je retravaille, je voyage, je roule sur l’autoroute. Aujourd’hui je vais à la terrasse des cafés, quelquefois même au restaurant. Aujourd’hui, j’ose imposer mes idées, j’ose quelquefois dire non.

Je sais aussi prendre des décisions, affronter la peur de me tromper.

Aujourd’hui je peux exprimer mes émotions. Je sais mettre des mots sur mes angoisses, et ne pas en avoir honte.

Je sais bien tout ça. Je suis fière de tout ça. Je goûte chaque jour le plaisir d’être en vie, quand même et malgré tout.

N’empêche! Je ne peux que constater le boulet que je traîne encore, et dont je ne sais comment me débarrasser. Pouvez vous imaginer une seconde ce que peut être mon angoisse à l’idée d’avoir des rapports humains autres que superficiels?

Pouvez vous sentir l’immense peur qui m’envahit lorsque je dois affronter un repas de famille, une réunion de travail ou une simple rencontre autour d’un café?

Pensez vous comprendre la panique qui est la mienne à l’idée de m’asseoir à une table et manger avec d’autres personnes?

Croyez vous qu’il soit possible de vivre ainsi, perpétuellement en danger, parce que le danger vous entoure? Et le danger pour moi, c’est l’autre.

L’autre qui s’installe dans le train juste à côté de moi. L’autre qui m’invite à s’asseoir à sa table pour passer un moment agréable. L’autre aussi qui me donne de l’importance, celui qui fait de moi son égal.

Celui là même qui me torture par le simple fait qu’il ME voit.

Car je ne peux que le constater. J’ai maintes fois retourner le problème dans ma tête. Qu’est-ce qui me fait aussi peur dans les autres, à partir du moment ou ils me voient, ou j’acquiers de l’importance à leurs yeux, si ce n’est le fait que j’existe à leurs yeux .

Et le plus terrible, c’est que, paradoxalement, je ne me sens pas en situation d’infériorité. Je ne me sens pas plus laide, plus bête, ou plus malheureuse que les autres. J’ai même souvent la sensation d’être plus intelligente que la moyenne, d’avoir un physique potable et une vie enviable (je dis ça mais j’avoue que c’est à la suite d’un long travail sur moi-même que je suis arrivée à cette conclusion, et il m’arrive encore parfois d’avoir l’impression d’être une merde)

Tout ça pour dire que je rêve souvent d’être normale: oser aller à la rencontre de quelqu’un, quitte à faire des milliers de kilomètres. Prendre un repas avec quelques amis ou parents, sans stress aucun. Et bien d’autres choses encore. Juste pour le plaisir d’être avec l’autre sans en avoir peur.