P5070292

J’ai du boulot par dessus la tête, je fais plein d’heures sups, et mon fils est malade. Oui, je sais, c’est rien, juste une grippe. Mais vous pouvez pas savoir comme un grain de sable dans ma mécanique est difficile à gérer.

Hier, j’ai passé la journée, pendue au téléphone à m’inquiéter de sa santé. Je travaillais la tête ailleurs, calculant comment j’allais gérer cette crise, car pour moi, le moindre chamboulement dans ma vie active, est vécue comme un échec.

Ce matin, branlement de combat, la fièvre avait montée, il était de plus en plus mal. Trouver quelqu’un pour me remplacer au boulot, avec un sentiment de culpabilité que je ne devrais pas avoir puisque j’ai droit à rester avec mon fils quand il est malade. mais peux pas m’empêcher, comme si c’était ma faute.

le toubib qui ne peut se déplacer car trop de boulot. C’est donc moi qui me suis déplacée, avec mon fils à moitié endormie. 1h30 d’attente. Et si vous saviez comme c’est dur pour moi d’attendre. c’est une torture que je fuis le plus possible. Mais là, pas le choix. Le 1er quart d’heure, ça va, je gère. la suite est de pire en pire. L’angoisse monte en flêche. Et à chaque fois que mon fils me demande “c’est quand qu’on passe? je suis fatiguée” Je m’angoisse encore plus. Pas parce que j’ai peur pour lui. Je sais qu’il a la grippe, je sais que c’est pas grave, je sais qu’il sera remis sur pied d’ici quelques jours.

Non! ce qui m’angoisse, c’est moi, et mes phobies, moi et mon angoisse d’attendre là, moi et ma culpabilité de n’être jamais à la hauteur. Comme si tout était de MA faute, et comme si c’était fait pour m’ouvrir les yeux, et ceux des autres, sur mon incapacité à être normale.

Mon fils dort tranquille dans son lit, il sait que je veille sur lui. Demain, et le jour suivant, c’est son père qui viendra le garder, car je ne peux (ou peut être je crois que je ne peux?) m’absenter trop longtemps du boulot. Et moi, j’ai cette immense sentiment d’échec qui me hante. Et cette colère qui envahit au moindre ratage.

C’est bizarre, ce sentiment d’échec à chaque fois, comme si mon corps revivait quelque chose, alors que ma mémoire est vierge. Quel échec? Et pourquoi toute cette colère qui bout à l’intérieur de moi. Cette rage qui m’habite. Hurler ”je te hais” Mais à qui? et pourquoi?

Une enfant qui souffre, un passé douloureux, et c’est toute une vie d’adulte qui saigne. Je voudrais bien poser les armes. Je me déteste en colère, je ne me reconnais pas dans cette colère là, dans cette pensée négative.

Rien de ce que je vis ne me plaît en ce moment. Décidément, l’année commence mal.....