P3170297Il faut un grand, un très grand courage pour aller chez le coiffeur. Et pour des tas de raisons.

Moi ma raison première c’est que je suis phobique. Je suis donc incapable de prendre rendez-vous. Il faut que ce soit très spontané.

Je me lève un matin et je me regarde dans le miroir et tout en me brossant les dents, je réalise l’étendue des dégâts.

C’est insupportable. Il FAUT que j’aille me faire couper les cheveux. Et pas dans 3 jours, ni dans 2. Ni même dans 4 heures. C’est un cas d’urgence.

 

1ère étape: Je me précipite chez le coiffeur, celui que je sais qui prend sans rendez-vous. Avec un peu de chance, il n’y aura pas grand monde. Oui, parce que je suis incapable de patienter plus de 15mn.  C’est mon record pour maîtriser mes émotions. Après, si je ne suis pas  au bac de lavage, je ne maîtrise plus rien.

Donc je rentre. Super, il n’y a que deux personnes avant moi. Et 2 coiffeuses. Et une a presque fini.

Bon, tout se passe bien jusqu’à présent.

 

 

2ème étape : faire en sorte que la séance de torture ne dure pas plus de ¾ d’heure. Avec les 15mn d’attente, ça nous fera une heure. C’est faisable, pas facile, mais supportable.

Et  c’est là que tout se complique. Et vous allez voir qu’à partir de maintenant, beaucoup d’entre vous mesdames (et quelques messieurs aussi) vont se reconnaître.

D’abord on vous habille d’une horrible blouse noire, qui, sur un superbe mannequin, peut passer pour un peignoir d’intérieur, mais qui sur vous, a tout de suite l’aspect d’un sac à patate, et vous avez beau tirer sur la ceinture pour souligner votre taille de guêpe (Quoi ! On peut toujours rêver !) Il y a, je ne sais pas pourquoi, toujours un pan qui baille plus que l’autre, quand vous ne vous prenez pas carrément les pieds dans votre « peignoir d’intérieur ».

Ensuite, on vous demande de passer au bac de lavage ou là, à moins que vous mesuriez 1m80, vous êtes obligée de vous enfoncer dans le siège, jambes ballantes, tête tirée en arrière, au risque de vous briser les cervicales.

Vous pensez avoir droit à un peu de tranquillité ? A un agréable massage du cuir chevelu, qui apaise votre stress (en tout cas le mon mien de phobique) Que nenni ! Et si vous aviez encore des doutes sur  votre sex-appeal, la shampouineuse vous les enlève en vous assénant quelques vérités bien senties.

_ Tirer la tête en arrière. Hum ! Vous avez les cheveux très secs sur les pointes. Ah ! Mais vous avez fait des mèches ? Hum, elles sont fades. Oui ça assèche. Sinon, la racine c’est quand même gras. Vous n’avez pas lavé depuis 3 jours ?  Moui !!!!!!!! Bon !!!! Va falloir faire un soin pour « réparer » tout ça. Ca va redonner du tonus à vos cheveux ternes, plats, et raides. Ca va leur faire un bien fou !

Ah oui ? Ben après ce que je subis, c’est la moindre des choses ! Je vous passe le malaxage, à la limite du piercing. Le rinçage à l’eau trop chaude, puis trop froide. Le démêlage ultra efficace.

Après, il n'est pas rare qu'on vous "oublie" une bonne  vingtaine de minutes, le temps que le soin démélant fasse effet (ce qui devrait se faire en 5mn, mais c'est sans compter sur l'hyperactive coiffeuse qui en profite pour aller préparer la couleur de la dame d'à côté qui commence à s'impatienter). Vous osez à peine relever la tête pour vous dégourdir la nuque, mais mince, ça dégouline de partout. Vous  reposez aussitôt votre cerveau et tout ce qui l'entoure sur le bac, avant que la dame d'à côté, des bigoudis plein le crâne, n'entame  une conversation dont vous n'avez strictement rien à peigner... Je veux dire cirer!

 

 

3ème étape : Face au miroir, cheveux trempés, aplatis sur le visage, vous êtes au bord de l’évanouissement. ARGGGGGGGGGGGGGGGG ! C’est moi ça ? Vous vérifiez dans le miroir que personne ne vous a remarquée. Les autres sont dans le même état que vous. Ca vous rassure.

 

Alors, on fait quoi comme coupe. Ben justement, je sais pas trop, j’ai envie de changer. On vous montre des magasines avec des supers coupes, sur de jolis têtes bien faites. Visiblement, la coiffeuse n’a pas envie de « créer » une nouvelle tête. Elle attend vos ordres. Vous jetez votre dévolu sur une coupe dégradé. C’est pas mal ça non ? Oui mais c’est un peu ce que vous avez en plus court. Ah ! Et celle là ? C’est la même, en plus carré. Alors celle là ?  A ben là c’est plus effilé.

Pfffffffff Je vais pas m’en sortir. J’opte pour un court sans l’être. Dès le premier coup de ciseau, je me pose milles questions. Et merde, j’aurai du choisir l’autre. Aie ! Ça va être trop court je le sens. Et ma frange, elle va en faire quoi ? Finalement ma coupe elle était pas si mal. Bien coiffée, un doigt de laque, c’était supportable. Et au moins j’y étais habituée.

Toute façon c’est trop tard, elle en a fait la moitié.

 

Coupe terminée. Brushing ? Non, je préfère naturel. C’est parti pour le séchage, trop chaud, trop froid. Un peu de cire pour « structurer ? Oui, c’est ça, structurons, ça va faire comme sur la photo !

Ca gratte, j’ai des cheveux dans les yeux, c’est quand que c’est fini ?

 

Ahhhhhhhhhhh ! Ca vous change ! Hey ! Mais c’est vrai que c’est pas mal. Plutôt contente du résultat.

 

Mais pourquoi, alors pourquoi, le temps que je monte dans ma voiture, que j’arrive chez moi 10mn après et que je m’installe devant  le miroir (le même que ce matin il m’a fait sentir que j’étais hideuse avec ma tête sans coupe), je constate que j'ai changé de coupe durant le trajet et que c'est pas du tout ce que la coiffeuse m'a montré juste avant que je paye la note!?

C’est mon miroir qui est périmé ? Ou celui de la coiffeuse qui est enchanté !

 

Toujours est-il que là, devant mon miroir, j’ai le porte monnaie un peu plus léger et je suis toujours aussi mal coiffée.

Tel un soufflet, tout est retombé, plus trace de cire structurante, mes cheveux décidément très indisciplinés n’en font qu’à leur tête.

 

Conclusion: Me reste l’irrésistible envie de   relaver mes cheveux  avec MON champoing. De les sécher avec MON sèche-cheveux, de NE PAS les coiffer et de mettre  un peu de gel LA OU ça me chante.

 

 

Snif! Là j’ai l’air de rien, mais dans quelques jours, je suis sûre que je me sentirais mieux.

Je vais manger un truffe en chocolat, ça me  rendra pas plus belle, mais c'est bon pour ce que j'ai!