dune_chemin_mer_ocean_plage_854235Aujourd'hui, à midi exactement, j'ai pris un an de plus. Ça m'est tombé dessus comme ça, comme un coup de marteau sur  mon cerveau déjà endolori par un état  de fatigue perpétuelle (merci l'insomnie)

Je sais que c'est pas bon de faire le bilan quand on se prend un an dans la tronche sans avoir rien demandé, mais tant pis, c'est le moment ou jamais.

Après analyse, voici ce que m'a apportée l'année écoulée:

- Petit un:  Le sentiment que je n'aime pas savoir que j'ai un an de plus que hier à la même heure, ça me met de mauvaise humeur parce que moi dans ma tête je n'ai pas vieilli depuis des années et des années, et je ne vois par pourquoi il faudrait que ça change justement aujourd'hui.

- Petit deux: un déménagement.  Je l'ai voulu, et pourtant je n'arrive pas à y trouver  de satisfaction. Côté pratique, cela n'a que des avantages. La maison était trop grande, je n'avais plus le temps de m'en occuper, les souvenirs qui s'y rattachaient  étaient pas terribles. Sur la balance, les mauvais pesaient bien plus lourds. Lui parti ailleurs, M... parti faire ses études à Toulouse, nous restions 3 + le chien (même la chatte nous avait abandonnés, écrasée 2 mois + tôt devant chez nous) . Cette maison, qui était remplie de bruits et de rires quelques années plus tôt était devenue une grande boite "à vivre" sans  joie et sans avenir. Je travaillais plus, j'avais besoin de me rapprocher de la ville pour que les enfants soient plus autonomes.  Et elle revenait trop cher à entretenir.

- Petit trois, qui découle du petit deux: j'ai une maison près du collège et du lycée, elle est aussi plus petite, avec un petit jardin plus facile à entretenir, un loyer abordable et des enfants ravis d'être proches des copains (même si l'ancienne maison, en campagne leur manque aux beaux jours). Je devrais donc être satisfaite, m'y sentir bien. Ce n'est pas le cas, je n'aime pas cette maison, même si je l'ai choisie, dans l'urgence et par "nécessité". Je n'arrive pas à m'y sentir chez moi. Je n'arrive pas à m'attacher à ses murs, aux pièces. Après un an, il y a encore des tableaux qui traînent, posés contre le mur, pas de poissons dans l'aquarium, des plantes que j'oublie d'arroser. une cuisine que je n'aime pas, et  où donc je ne prends pas plaisir à cuisiner. Il n'y a que dans ma chambre  que je me sens "chez moi". C'est mon havre de paix, ma cabane, mon refuge. Tout le reste m'est étranger.  Et c'est sans doute pour ça que je passe si peu de temps dans cette maison et quand j'y suis, je me hâte à  faire les tâches ménagères (le minimum syndical, et encore!) pour aller vite me réfugier dans ma chambre. Je ne regarde jamais la télé (où si peu) , je ne m'installe jamais sur le canapé pour faire de la lecture, et je passe le moins de temps possible à table. Je sais, vis à vis des enfants, ce n'est pas bien, je le sais bien et pourtant rien n'y change. Eux sont bien ici, et c'est pour moi le principal.

- Petit quatre: j'ai changé de travail, je suis partie plus loin, quitte à me compliquer la vie. Mais j'avais besoin de tourner vraiment la page, d'amorcer autre chose. Si j'avais pu j'aurai aussi déménagé dans une autre ville, je ne l'ai pas fait parce que  mes enfants  sont bien ici et j'ai d'abord pensé à eux. Je suis satisfaite de travailler ailleurs, et pourtant,  ce n'est pas facile au vu des soucis  que j'ai face à certaines situations (voir mes entrées précédentes)

-Petit cinq: mes rapports avec LUI se sont véritablement améliorés. Lorsqu'il y a quelques mois, il est revenu vers moi, j'ai à peine entrouvert la porte. Lorsque la confiance s'en est allé, il est bien difficile de se remettre en question. Beaucoup d'eau était passée sous le pont de ma vie, je n'étais pas prête à refaire confiance, à essayer à nouveau. Aujourd'hui, petit à petit j'ouvre ma porte un peu plus grand chaque jour. Je reste sur mes gardes, c'est mon instinct de survie, même si je sais qu'il est sincère  qu'il a cheminé de son côté et qu'il sait maintenant ce qu'il veut. Il y a que comme dit sanantonio sur son blog, il faut arrêter de se poser trop de questions à un moment donné et laisser venir à soi ce qu'il y a de bon à prendre. Les fils de la pelote de vie s'emmêlent puis se démêlent.  Et les choses s'imposent à soi, naturellement. Il y a des solutions, d'autres solutions, d'autres chemins à prendre, et puis la vie fait qu'un seul est le bon. On avance ainsi sur le chemin de la vie.  Et après trois ans de séparation, une vie chacun de notre côté (puisqu'il vit à 250 km d'ici) nous avons peut être quelque chose d'autre à construire, le tout est de savoir quoi et comment s'y prendre, et pour l'instant on est  encore pas mal dans le flou! Mais ce qui me rassure, ce sont les rapports nouveaux qu'il entretient avec nos enfants. Un vrai dialogue, de vrais échanges, ils s'aiment et ça se voit, et il aura fallut une tempête pour arriver à ce résultat, ça valait donc la peine!

- Petit six qui découle du petit cinq: J'ai pas envie d'être seule, j'ai besoin qu'on prenne soin de moi,  je veux pouvoir m'appuyer sur quelqu'un dans les moments difficiles, je veux pouvoir partager des moments agréables, un concert, une lecture, un film, un bon repas. J'ai fait d'immenses progrès dans  mon combat contre les phobies. Je voudrai maintenant "profiter" et si possible, pas seule.  Il n'y avait personne pour m'aider le jour où j'ai décidé que je ne pouvais pas continuer à m'enfermer chez moi. C'est au moment où j'allais le plus mal que je me suis retrouvée seule et mes démons étaient nombreux à venir enfoncer le couteau dans la plaie. Je suis fière d'avoir "survécue"  d'avoir réussie à affronter seule, alors que je ne pensais jamais y parvenir. Il en reste  que  je ne pourrai oublier certains passages  douloureux ! Et maintenant j'aspire d'autant plus à ce qu'on me donne, autant que moi j'ai pu donner par le passé... Parce que je le vaux bien (enfin je crois........... enfin j'espère)

-Petit sept:  les mois écoulés n'ont fait que renforcer l'amitié, la complicité, et le respect qui me lie à mon ami de là-bas. Parce qu'il me ressemble par  beaucoup de points, parce qu'il me fait confiance, qu'il me donne la sienne. Parce que son écoute est sincère. Parce que jamais il ne me juge, parce qu'il est toujours présent, même loin.  Je veux que cette amitié dure le plus longtemps possible.  Je veux surtout qu'un jour, bientôt j'espère de tout mon coeur, il trouve enfin la paix, qu'enfin il dépose les armes et que le danger s'éloigne.. Parce qu'il le vaut bien.

-Petit huit: les mois écoulés me prouvent à quel point j'ai besoin d'écrire, à quel point j'aime écrire, que ce soit ici ou sur Obsolettres.  Je ne savais pas avant que je pouvais écrire. C'est maintenant chose acquise, et c'est bon à savoir.

-Petit neuf: je me fous de ces années qui passent, ce ne sont  que des chiffres sur un cahier imaginaire, ce ne sont que des dates sur un calendrier inutile. Je n'ai plus d'âge depuis que je sais qu'il y a un chemin pour aller plus loin! Dans ma tête j'ai quoi.... 15... peut être 20 ans.... Le reste n'est qu'un prolongement de mes 20 ans!