Le camp de Gurs
Lorsque j’ai terminé l’écriture de “haïze Hegoa” je me suis fait la promesse d’aller voir le camp de Gurs, ou plutôt ce qu’il en reste. Ce camp d’internement est un lieu essentiel du roman. Il se trouve à une cinquantaine de kilomètres de chez moi.
Jusqu’à présent je n’avais pas eu l’occasion d’y aller. C’est chose faite .
Ce camp, construit en moins de 2 mois, était à l’origine un lieu d’accueil des réfugiés espagnols . A partir de 1940 , il devient un camp d’internement pour des milliers de juifs étrangers, et français.
En quelques semaines il est passé de 1200 prisonniers à plus de 12 000. Construit en pleine campagne, sur une terre marécageuse, il est le plus grand camp d’internement du sud de la France.
Les baraques, construites en bois se voyaient de la route.
les prisonniers étaient amenés jusqu’à Oloron en train, puis par camion. Nul dans la région ne pouvait ignorer cet endroit.
Voici la reconstitution d’un de ces baraquements
Dans cette baraque s’entassaient plus de 60 personnes
Il faut imaginer les gens vivre ici: ils arrivaient avec une petite valise, étaient habillés de vêtements et de chaussures de villes. 

La boue se collaient aux semelles et marcher dans le camp était un supplice, dans ce lieu ou l’eau, la boue, les odeurs se mêlaient.
A la fin de la guerre, le camp a été brûlé par mesure de sécurité sanitaire (et peut être aussi pour effacer les preuves de la contribution de cette partie de France au regroupement des juifs en vue d’envoi vers les camps de la mort)
Dans l’allée centrale, juste avant les îlots des baraquements, des associations se sont installées pour aider les prisonniers.
Malgré leur courage, leur ténacité, leur énergie, ils n’ont pu empêcher un millier de personnes de mourir de froid, de faim ou de dysenterie.
Le seul vestige de cette époque est la petite maison de bois d’Elsbeth Kasser, infirmière Suisse qui a mis toute son énergie à soigner et nourrir les bébés et les enfants juifs.
Plus loin, avant les panneaux signalant les îlots de baraquement, je tombe sur ce panneau:
Il ne reste rien des bâtiments où tant de gens ont soufferts. Au même endroit, pour conjurer le sort, parce que la vie a repris ses droits, je ne peux m’empêcher d’admirer la beauté de ces chevaux.
Partout ailleurs, la forêt, plantée juste après la destruction du camp, a recouvert presque toutes les traces de cet enfer.
Je parcours le camp, l’émotion au bord des lèvres. Le chant des oiseaux accompagne ma visite.
Je pense à tous ceux qui savaient et qui ont risqué leur vie pour aider des juifs à s’échapper puis à se cacher.
Je pense à tous ceux qui savaient et qui n’ont rien dit, rien fait, tous ceux qui se sont tus.
Je pense à tous ceux qui savaient et qui ont pris part à l’organisation de ce camp .
Je pose la question à mon compagnon:
_ Aurions nous eu le courage de choisir la révolte?
_ Je crois que oui, me dit-il
Je ne suis sûre de rien; aujourd’hui je pense qu’il a raison, mais dans un tel contexte, qui peut dire ce qu’il aurait fait?
Nous repassons devant le mémorial édifié en 1994 :
Puis nous allons nous recueillir dans le cimetière des déportés. 
Plus de 1000 juifs sont enterrés là.
Il règne ici un silence impressionnant. Je n’entends aucun oiseau, seul le vent soufflant de temps en temps dans les arbres.
Je suis très émue. Je fais le tour du cimetière puis m’avance dans une allée, je souhaite prendre une photo d’une stèle au hasard.
Mon regard est alors attiré vers l’une d’elle: quelques petits cailloux sont posés sur le dessus.
Je m’approche et cadre sur cette rangée là. Et je me rends compte que sur cette stèle est gravé le nom que Pati et moi avons donné à la famille juive dont nous racontons une partie de l’histoire dans “Haïze Hegoa”, cette famille internée ici même, dont nous avons inventé les personnages. 
Je prends la photo en me disant que je me sépare enfin de ce livre, la boucle est bouclée. Je me sens à la fois très émue, sereine, et fière d’avoir porté cette histoire.
Et si je devais conclure en une phrase cette visite ce serait celle-ci:
“N’oublions jamais que nous sommes capables du pire comme du meilleur. Restons vigilants. Gardons notre capacité de révolte. Pour que tous ceux qui sont venus poser leur valise à Gurs ne l’aient pas fait en vain.”

Cédric
Ce soir là, lorsque tu t’es couché, tu as posé tout contre toi un monstre aux yeux clos de tendresse.
Tu l’as installé confortablement au dessus de ton épaule, tout contre ta tête, près de l’endroit même où le crabe avait élu domicile.
Ce soir là, tu l’as laissé poser sa patte velue sur ton cœur et tu l’as serré très fort. Lorsque tu étais enfant peut-être, lorsque tu doutais, ce monstre, bon et loyal, venait te rassurer et t’accompagner dans tes peurs nocturnes.
Ce soir là, tu l’as laissé te tenir compagnie, il t’a raconté des histoires jusqu’à ce que tes yeux commencent à picoter et lorsque tu t’es endormi, il s’est serré un peu plus contre toi. Il connaissait les mots, les gestes qui apaisent. Il n’a pas voulu te laisser seul pour ton grand départ.
Tu étais prêt et il le savait, il n’a eu qu’à répondre à ton appel silencieux.
Ta maman l’avait compris quelques jours avant, quand tu lui a dis, avec ton beau sourire : « J’en ai marre ». Il n’en suffisait pas plus pour que son amour de mère sache que le moment allait venir. Le monstre lui, a discrètement pris sa place, et il a posé sa patte velue sur ton cœur.
Au petit matin, lorsque ta maman est entrée dans ta chambre, tu avais les yeux clos et le visage apaisé. Tu avais traversé le miroir en douceur, accompagné du monstre resté près de toi jusqu’au bout. Et ce n’est que de l’autre côté du chemin, lorsque ton âme sereine a pris son envol, que le monstre s’en est retourné. Il avait encore tant et tant de tendresse à donner, et des milliers d’épaules qui attendaient sa venue.
Je pense à vous, maman de Cédric, maman courage, maman amputée d’un morceau de vous…
Je pense à toi Régine, mon cœur saigne de voir saigner le tien….
Je pense à toi Cédric…
" Il y a des monstres qui sont très bons
Qui s'assoient contre vous les yeux clos de tendresse
Et sur votre poignet
Posent une patte velue"
Marie-Sabine Roger (Vivement l'avenir)
Cédric est mort hier au petit matin, après 2 ans de lutte contre une putain de saloperie de maladie, il avait 37 ans.
J’ai mal à ma France
J’ai mal à ma France et vous en êtes responsable Mr Sarkozy
Vos grossiers appels du pied aux électeurs du front national me donnent envie de gerber
Votre stigmatisation de la gauche, comme si mon vote pourrait plonger la France dans le chaos, me donnent la nausée
Votre rabâchage perpétuel sur le scandale du droit de vote des étrangers, revenant comme un idée fixe (mais de quoi avez-vous peur? Il fut un temps où recevoir Khadafi et lui vendre des armes ne vous dérangeait pas plus que de prendre l’apéro sous sa tente!!!) Me fiche la chiasse.
Votre envie de diviser encore et toujours les français, les vrais travailleurs d’un côté, les faux de l’autre …
( chez moi nous sommes 5, une fille prof de français = une grosse flémarde qui en fout pas une rame d’après vos sous entendu; une seconde assistante sociale = une inutile qui pique le salaire des vrais ouvriers je suppose; un fils lycéen = futur chômeur sans doute qui va profiter des allocations j’imagine; quand à moi, pauvre tarte que je suis, auto-entrepreneur, qui bosse plusieurs heures par jour pour gagner même pas 300 euros par mois, pas grave, je vous coûterai rien en retraite vu que j’aurai droit à 3 francs 6 sous à peine… En attendant au moins, je ne suis pas comptabilisé au pôle emploi, quelle chance pour vous. Ouf! Reste mon mari, cadre , lui un vrai de vrai travailleur, un mec qui bosse 60 heures par semaine et qui gagne de moins en moins puisque les primes ont fondues comme neige au soleil…
Ce désir donc, de diviser me fait ressentir une profonde honte de vous avoir comme président.
Monsieur le président, pour 3 jours encore, sachez que je m’assois sur votre hymne national, moi j’en ai choisi un autre.
Sachez que vous avez oublié un point essentiel dans votre campagne de rentre dedans, de donneur de leçon, de racoleur en tout genre: Monsieur le président: la majorité des français n’est pas un ramassis d’abrutis.
Et non, C’est pourquoi, je porte haut et fort les notes de l’hymne national que j’ai choisi pour ses 3 prochains jours.
Ainsi que la couleur de mon drapeau France, il aura, en attendant votre départ les couleurs du partage.
Et je souhaite que tous ceux qui me lisent et qui croient encore aux mélange des couleurs, fassent suivre l’hymne ainsi que le drapeau…
On la trouvait plutôt jolie, Lily
Elle arrivait des Somalies Lily
Dans un bateau plein d'émigrés
Qui venaient tous de leur plein gré
Vider les poubelles à Paris
Elle croyait qu'on était égaux Lily
Au pays de Voltaire et d'Hugo Lily
Mais pour Debussy en revanche
Il faut deux noires pour une blanche
Ça fait un sacré distinguo
Elle aimait tant la liberté Lily
Elle rêvait de fraternité Lily
Un hôtelier rue Secrétan
Lui a précisé en arrivant
Qu'on ne recevait que des Blancs
Elle a déchargé des cageots Lily
Elle s'est tapé les sales boulots Lily
Elle crie pour vendre des choux-fleurs
Dans la rue ses frères de couleur
L'accompagnent au marteau-piqueur
Et quand on l'appelait Blanche-Neige Lily
Elle se laissait plus prendre au piège Lily
Elle trouvait ça très amusant
Même s'il fallait serrer les dents
Ils auraient été trop contents
Elle aima un beau blond frisé Lily
Qui était tout prêt à l'épouser Lily
Mais la belle-famille lui dit nous
Ne sommes pas racistes pour deux sous
Mais on veut pas de ça chez nous
Elle a essayé l'Amérique Lily
Ce grand pays démocratique Lily
Elle aurait pas cru sans le voir
Que la couleur du désespoir
Là-bas aussi ce fût le noir
Mais dans un meeting à Memphis Lily
Elle a vu Angela Davis Lily
Qui lui dit viens ma petite sœur
En s'unissant on a moins peur
Des loups qui guettent le trappeur
Et c'est pour conjurer sa peur Lily
Qu'elle lève aussi un poing rageur Lily
Au milieu de tous ces gugus
Qui foutent le feu aux autobus
Interdits aux gens de couleur
Mais dans ton combat quotidien Lily
Tu connaîtras un type bien Lily
Et l'enfant qui naîtra un jour
Aura la couleur de l'amour
Contre laquelle on ne peut rien
On la trouvait plutôt jolie, Lily
Elle arrivait des Somalies Lily
Dans un bateau plein d'émigrés
Qui venaient tous de leur plein gré
Vider les poubelles à Paris.
(Pierre Perret)
Je te demande pardon
Le jardin est d’un triste à mourir, il pleut depuis des jours, et je crois ne pas avoir mis les pieds dehors depuis au moins une semaine. Dans le silence de la maison vide, seul le feu crépite. J’ai envie d’écrire, mais rien ne vient, je tourne en rond. Le front appuyé contre le carreau de la fenêtre, j’observe les gouttes d’eau qui ruissellent le long des feuilles du palmier. J’essaie de laisser mon esprit s’évader, au-delà de la maison, au-delà du jardin, pour trouver l’inspiration, mais toujours rien. C’est à désespérer, et mes vieux démons refont surface : et si je ne savais plus écrire ? Et si j’avais déjà tout écrit ? Et si…
Je sursaute ! La sonnette du portail vient de retentir. Je n’attends personne ! C’est bizarre, mes chiens n’ont même pas aboyé, comme s’ils connaissaient le visiteur. J’hésite, je n’aime pas les imprévus. Je ne bouge pas, sans doute un voisin, il reviendra plus tard. Je me rapproche du feu, j’ai froid tout à coup. Je sursaute une seconde fois ! C’est à la porte qu’on vient de frapper à l’instant, toujours aucune réaction de mes chiens. A travers la vitre teintée, je vois une silhouette se dessiner, de femme me semble-t-il. Je me sens pris au piège et n’ai d’autre choix que d’aller ouvrir. Ma fille a peut-être oublié sa clef, je n’ai pas à me sentir en danger, et pourtant… Je déverrouille la porte et l’ouvre en grand, avec, comme à chaque fois, un pincement au cœur, peut être un peu plus important cette fois-ci, allez savoir pourquoi !
Mon cœur chavire, ma tête est prise dans un étau, mon esprit tourbillonne dans une immense confusion. Je ferme les yeux et les rouvre aussitôt, pour être sûr que ce que je vois est bien réel. Et je constate, tétanisée par la surprise, peut être la peur, que c’est bien toi qui te tiens là devant moi.
Tu me parais si jeune, tu dois avoir seize ans, dix-huit peut être. C’est vrai que tu ne faisais pas ton âge. Tu as de longs cheveux bruns détachés, une frange qui mange ton visage. Et un regard froid que tu poses sur moi, un regard sans concession. Je te trouve jolie, je te sens conquérante, je ne vois ni faiblesse dans ton attitude, ni hésitation dans ta posture. Je sens d’emblée que tu es exactement là où tu veux être, que tu n’as pas peur. Je réalise soudain que tu tes venue régler tes comptes.
Ta voix, que je n’ai jamais aimée, s’élève soudain. Je la trouve douce, pas si aigüe que ça. L’accent est chantant, émouvant. Tu ne zozotes pas, comme dans mes souvenirs, tes « s » sont appliqués. Tu n’hésites pas non plus sur les mots, tu ne trembles pas quand tu parles, tu regardes droit dans les yeux et tu parais sûre de toi. Je discerne malgré tout une certaine fragilité dans ton attitude, bien que tu sois déterminée. Mais peut être que je me trompe aussi sur ce point…
Je ne t’invite pas à entrer, je sais que c’est inutile, tu es comme une ombre furtive qui passe, à peine le temps d’apparaître, et qui va s’évaporer, je l’ai sentie à l’instant même ou j’ai ouvert ma porte.
Je vacille, j’ai l’impression de te découvrir pour la première fois, je te connais pourtant depuis si longtemps. Je t’avais perdue de vue, pardonne-moi, oserais-je te le dire ? Que tu m’as manquée, que je voudrais rembobiner le fil de ma vie, pour aller à ta rencontre, plus intensément, avec toute l’expérience de mes cinquante ans ? Non je ne dirai rien, j’attends, je sais que tu vas parler, et j’ai la conviction que ce que tu vas me dire va bouleverser ma vie.
Comment plus tard, raconter ? Comment expliquer, qu’en cette après-midi pluvieuse, alors que je n’attendais personne, quelqu’un est venu frapper à ma porte ? Comment écrire que lorsque j’ai ouvert, c’est un peu comme si j’avais laissé échapper un gros morceau de vie.
Comment dire avec des mots simples, que je ne suis pas folle, que je n’ai pas rêvé, et que derrière cette porte la jeune fille qui se tenait debout, et qui m’observait à la dérobée, n’était autre que moi avec quelques trente années de moins. Comment résumer cette rencontre, expliquer ces quelques mots échangés sur ce pas de porte :
_ Pourquoi tu ne m’as pas fait confiance ? Pourquoi tu as oublié de m’aimer ?
_ Je te demande pardon, je n’avais pas appris à aimer.
_ Le temps presse, il n’en reste plus beaucoup, quelques années tout au plus, pour que nous fassions enfin connaissance, et j’ai besoin de toi.
Comment ne pas éclater en sanglot devant tout ce gâchis, ce temps perdu.
Comment vous raconter que cette jeune fille, qui n’était autre que moi, je l’ai prise dans mes bras. Pour la première fois, je pensais qu’elle en valait la peine. Je l’ai embrassée, cajolée, et je lui ai dit, encore et encore que je l’aimais et que si tout pouvait être défait et refait, je lui prendrais la main, confiante, pour emprunter le bon chemin.
Elle m’a souri, soulagée je crois, puis s’est évaporée. Entre mes bras, ne restait qu’un souffle chaud et un léger parfum de jeunesse.
J’ai refermé la porte, dans un état second, et j’ai pleuré tout mon saoul, avant de me précipiter sur mon clavier, laisser mes doigts courir après les mots retrouvés.
Je ne pense pas qu’elle reviendra…
Dix bonnes raisons d’aller voter demain… Bonnes, moins bonnes … ou carrément loufoques!
1/ Parce que le vote utile, cela peut-être dès le premier tour
2/ Pour montrer à Philippe Poutou, qu’on a trouvé ses clips de campagne super originaux et amusants
3/ Pour montrer à François Bayrou qu’on pense que, de tous les candidats, c’est lui le plus cultivé
4/ Pour dire à Eva Joly qu’on aime ses idées vertes ainsi que ses lunettes
5/ Pour dire à Jean-Luc Mélanchon que sur une scène, il gagne le prix du meilleur interprète
6/ Pour montrer à Nathalie Arthaud qu’on la préfère en prof qu’en candidate
7/ Pour prouver à François hollande qu’on veut un vrai changement social
8/ Pour déchirer le bulletin de Marine Le Pen
9/ Pour oublier de prendre le bulletin de Nicolas Sarkosy
10/ Mais surtout, surtout…
Parce que ceux qui votent Marine iront TOUS, TOUS aux urnes
Mon cher Nicolas
Mon cher Nicolas,
En réponse à votre charmante lettre comprenant les grandes lignes de votre programme, que vous avez eu la grande amabilité de m’envoyer, je me permets de vous répondre point par point, afin que vous sachiez que vous avez été lu, attentivement.
Mon cher Nicolas vous me précisez qu’un “monde nouveau est apparu”, vous voulez sans doute parler de ce murmure qui prend de l’ampleur, de ces voix qui s’élèvent, de plus en plus nombreuses, et qui crient qu’on ne les y reprendra pas une seconde fois? Non? Mince, je crois que nous ne sommes pas sur la même longueur d’onde…
Mon Cher Nicolas, vous m’écrivez ceci:
Pendant les crises, ma seule préoccupation a été de protéger la France et les Français: je dois vous avouer qu’il y a méprise, je ne suis ni banquière, ni spéculatrice, mais vous avez raison sur un point: je suis Française!
La France est un pays qui a construit sa force sur son unité: sans doute cela remonte-t-il à bien loin, car j’ai le souvenir que de loin en loin nous, peuple français, nous nous divisons souvent. Pétainistes ou gaullistes, chacun son camp en 42. D’un côté les justes sauvaient des enfants juifs, pendant que d’autres les mettaient en cage en attendant le grand voyage. Plus près de nous, certains ne trouvent leur bonheur que dans le mélange des couleurs, alors que d’autres sont prêts à faire la chasse à la sorcière, point levé et main sur le cœur. Il y aurait encore tant d’autres exemples, mais je ne veux abuser de votre temps, que je sais fort précieux…
La France forte, c’est une France qui défend ses valeurs et assure la sécurité des Français: Voilà qui est parlé Nicolas, un policier derrière chaque homme de couleur si possible, des vigiles armés dans chaque collège et une cellule dans chaque lycée. Avez-vous songé à la peine de mort pour un vol de portable et à la lapidation pour vitesse excessive? Peut être que Marine pourrait vous donner des conseils sur la façon de mener sa barque, elle en connait un rayon sur la sécurité…N’oubliez pas aussi de stériliser les sans papiers, il ne faudrait pas qu’en plus nos allocations familiales partent en fumée.
La France forte, c’est une France qui préserve son identité: la mienne se confond avec celle de Rachid, Ahmed, Andelagid, mes valeurs sont celles de l’humain avant celle de la France, Je veux mélanger le cassoulet avec le couscous, le noir avec le blanc, le thé à la menthe avec le café bien serré. Je veux l’odeur d’henné mélangé à l’eau de cologne. Je veux entendre parler arabe dans l’escalier, occitan dans le métro, espagnol, français, sur la place du capitole. Je veux l’égalité, comme vous, la liberté, comme vous, je me moque pas mal du mérite et de l’amour de la France, je leur préfère l’ouverture d’esprit, le partage de culture, l’acceptation de l’autre dans toute sa différence, sa richesse culturelle et intellectuelle. Je veux que l’étranger qui vit dans mon immeuble puisse voter comme je le fais aux élections régionales ou municipales, je veux qu’il me fasse visiter une mosquée, qu’il me prête le coran, qu’il m’apprenne à écrire “bienvenue” en arabe.
Oui je sais cher Nicolas, nous n’avons pas les mêmes valeurs, je ne peux que le regretter.
La France forte, c’est une France qui décide elle-même qui peut s’installer sur son territoire:Vous souhaitez diviser par 2 l’immigration pour préserver notre protection sociale, comme si tout était quantifiable à souhait. 50 immigrés sont dans un bateau, 20 tombent à l’eau, combien en reste-t-il. 20 sont retournés à l’envoyeur, combien en reste-t-il, 5 vivent au crochet de notre société, combien en reste-t-il, 4 vivent au dessous du seuil de pauvreté, sous payé et non déclaré par des français pure souche, combien en reste-t-il, 1 fait la manche au coin de ma rue, combien en reste-t-il…
Pauvres français que nous sommes à nous raccrocher à un drapeau en lambeaux, déchiré par des dirigeants peut attentionnés, plus préoccupés par le CAC 40 que par le RSA.
La France forte, c’est une France qui affirme la valeur de l’autorité: Vous souhaitez rétablir l’autorité des professeurs, revaloriser leur statut, et pourtant vous ne les écoutez pas et vous êtes le premier à les critiquer, à penser qu’ils ne travaillent pas assez. Des classes surchargées, du travail supplémentaire le soir et les w-ends, à corriger les copies, préparer les cours, du soutien scolaire, des réunions de classes, de profs, des responsabilité tant et plus, des gosses en perdition parce que noyés dans la masse. Je vous le dis tout net cher Nicolas, vous perdez pied, le bateau coule, écopez si vous ne voulez pas vous noyer à votre tour.
La France forte c’est une France qui croit à la responsabilité: Je frôle la crise cardiaque Nicolas et c’est votre faute, quand je lis que le bénéficiaire du RSA devra avoir une activité d’intérêt général . Faut il vous rappeler cher Nicolas, que le revenu de solidarité est, non pas un devoir, mais un DROIT, tout comme les allocations chômage. Faut-il vous rappeler que lorsqu’on est en situation précaire, on perd tout repère, toute dignité, et que de traiter ainsi des personnes fragiles peut les amener à leur perte. Voyez-vous ce qui me chagrine Nicolas, c’est que je ne lis dans votre courrier que droit, devoir, obligation, sécurité. Ses mots là ne font pas partie de mon vocabulaire, j’en suis désolée pour vous…
La France forte, c’est une France qui met toute son énergie dans la protection du travail: Je n’aurai qu’une question, Cher Nicolas, à ce sujet: où étiez-vous ses 5 dernières années???????
La France forte, c’est une France juste qui met l’éducation et la formation au cœur de la solidarité: enfin un mot qui m’est familier. Mais je vous rassure cher Nicolas, je n’ai pas attendu votre second hypothétique mandat présidentiel pour éduquer mes enfants. Et je crois savoir qu’ils savent conjuguer le verbe “être solidaire” à tous les temps passé, présent et futur.
La France forte, c’est une France qui protège les plus fragiles: comme je vous comprends, il ne devait pas y avoir de personnes “fragiles” durant ces 5 dernières années, autrement, vous auriez pris ces décisions depuis bien longtemps…
La France forte, c’est celle qui pèse de tout son poids dans une Europe qui protège: ambition légitime cher Nicolas, malheureusement, je crains que vous ne vous berciez d’illusions, l’Europe ne vous appartient pas, et pour jouer dans sa cours de récréation il faut accepter les règles imposées par le proviseur. On dit Mme Merkel intransigeante, ne le saviez-vous pas????
Vous terminez votre lettre, cher Nicolas, en écrivant:
Français de métropole,d’outre-mer et de l’étranger, j’ai besoin de vous, aidez-moi à construire la France forte.
Permettez moi de terminer à mon tour , cher Nicolas, en vous retournant la question, quelque peu transformée:
Monsieur le président, qu’avez-vous fait pendant 5 ans? Les français avaient besoin de vous, pour garder leurs emplois, pour sortir du chômage, pour vivre dignement.
Les professeurs avaient besoin de vous pour alléger leurs classes, les soutenir dans leur travail, leur donner les moyens d’exercer leur métier pleinement, pour que chaque enfant, quelque soit son niveau social, puisse réussir ses études.
Les retraités avaient besoin de vous, pour ne pas avoir l’impression d’être devenus des boulets qui demandent la charité.
La liste serait longue et je n’ai ni le temps, ni l’énergie de la terminer, tant je sais l’inutilité de ma démarche.
Alors cher Nicolas, permettez-moi de vous quitter sur ces mots:
La France solidaire a décidé, votre temps est révolu, il n’y aura pas de seconde chance. le bouton “expulsion” est enclenché, n’ayez crainte, ce sera sans douleur… pour nous français…
Au dessus du col de l’Aubisque
Départ d’ici:
Pour monter encore plus haut
Tu me suis?
Alors viens voir comme la montagne est belle
Du vert
Du marron
Du gris
Du blanc
Du bleu
De larges trainées de poudre
Saupoudrage
En bas
En haut
Quand les couleurs se mélangent
Marcher sur les crêtes
Au dessus des lacs d’altitude
Le bonheur c’est simple comme une montagne
Redescendre, parce qu'il le faut bien
C’était un lundi de Pâques là-haut sur la montagne
Le lac d’ER
Le but de la randonnée du jour était le lac d’Er, en vallée d’Ossau.
Un dénivelé de 800m, la plus grande partie se faisant dans une belle forêt de hêtres et de sapins.
Le sentier poursuit énergiquement son ascension le long d’un ruisseau.
nous constatons que celui-ci est presque à sec, ce qui est inhabituel en cette saison
Après 1 heure 45mn d’un montée très raide, nous débouchons sur la clairière d’Ayguebère
Nous empruntons alors un nouveau sentier qui va nous amener plus au nord-ouest, en rentrant à nouveau dans la forêt
45 minutes après, nous découvrons la neige, qui ralentit pas mal notre ascencion
Et alors que nous ne sommes plus qu’a 15 mn de notre point d’arrivée, nous devons renoncer, sans raquettes, le parcours devient trop dangereux. Nous savons que nous reviendrons voir le lac d’Er, peut être à l’automne, les couleurs doivent être très belles ici à cette saison là.
C’est très frustrant d’arriver si près du but, et de devoir faire demi-tour, sachant que nous avons sué pendant 2h et demi, mais c’est ainsi, il faut parfois savoir se faire humble face à la montagne.
Nous redescendons au niveau de la clairière d’Ayguebère
pour nous restaurer et profiter du soleil et du paysage.
Avant d’entamer le retour sur un sentier abrupt et périlleux.
C’était un 31 mars là-haut dans la montagne
Hors saison
L’immense plage quasi déserte
C’est ainsi que je l’aime
Dans l’intimité printanière
Hors saison la lumière est plus belle
Le sable plus doux
Le ciel plus éclatant
Le vent plus vivifiant
Il est maitre en ses lieux
Il gronde et les vagues qu’il offre
Ont un goût d’interdit
Hors saison les traces que je laisse
Sur le sable mouillé
Rêvent d’aventure
Un voilier en point de mire
Hors saison les minutes s’égrènent
Nous avons perdu une heure
Nous la retrouverons ailleurs
Hors saison, c’est ainsi que je t’aime
Toi, la plage, d’ici jusqu’au phare et puis toi Océan
Et tes vagues hésitant entre aller et venir
Je me laisse emporter jusqu’à ta ligne d’horizon
Pour Kaléïdoplumes
Listo ou Lacrouzat?
Depuis que je vis au pied des Pyrénées, je monte à Listo, une ou deux fois par an.
Les premiers années, j’y allais pour la vue imprenable qu’il y a au dessus du village, pour l’histoire de ce village, tombé dans 'l’oubli puis ressuscité il y a une dizaine d’années.
J’y allais pour sa ruelle centrale, très étroite, qui passe au pied des maisons et pour ces vieilles pierres qui, j’en ai l’impression, me racontent toujours une histoire.
Aujourd’hui j’y monte pour toutes ces raisons là, mais aussi parce qu’à chaque fois, j’ai l’impression de monter “chez moi”.
Je pars de Louvie-Soubiron et tout au long de la montée, je pense à “Haïze Hegoa” ce roman que j’ai écrit avec Pati et dont le décor se situe sur ce bout de montagne.
Je refais le chemin des personnages de notre roman, je remonte à pied les 3 kms qui sépare Louvie de Listo, avec le plaisir d’aller retrouver “Louise” ou peut être “ninon”.
Ma première halte, je la fais au pied du lavoir.
Je trempe mes mains dans l’eau fraiche
Je prends des photos à tout va
Puis j’emprunte le sentier intérieur, et le village m’apparaît enfin, c’est à chaque fois un mélange d’émotions qui m’étreint J’ai vécu avec cet endroit pendant des mois, au fil de l’histoire que je racontais. Tant et si bien que j’ai l’impression d’avoir vécu dans cette grande maison à l’entrée du village.
Je traverse le village et prend le sentier qui monte au pic de Listo. En chemin voici une grange, perdue dans la verdure
C’est là que je me pose pour grignoter un casse-croute bien mérité, avec vue sur la montagne verte, juste en face de moi
Je quitte avec regret cet endroit pour continuer ma grimpette jusqu’au pic.
Pour la première rando , ce n’est pas moins de 4h30 de marche que nous nous sommes imposés.
Les pieds et les mollets s’en ressentent.
Le temps était magnifique, température estivale .
Bientôt la verdure aura recouvert les sommets,
La couleur verte s’imposera et le blanc disparaîtra.
La montagne renait à chaque saison
C’est pourquoi elle ne nous déçoit jamais
Et ce n’est ni les chèvres rencontrées là
ni pollux qui me contrediront
C’était un 25 mars, en direct d’un bout de montagne 




















































