Sans importance

Soit dit en passant j'ai beaucoup à apprendre

01 juillet 2009

Le savoir

Dès les premiers jours, nous savons tout ce qui est à savoir. L'odeur de la mère nourricière, la douceur d'une peau aimante, le souffle de la vie.

Nous savons pleurer pour réclamer, rire pour charmer, sourire pour aimer.

La vie, la mort, l'oubli, la peur, c'est à travers le regard, le toucher, de la mère que nous en percevons l'étrange sensation: mélange de plaisir et de souffrance à la fois.

Maman je ne peux te quitter car je t'aime

Mon fils, tu me quitteras car je t'aime.

Maman, comment apprendre à lâcher ta main.

Mon fils, le moment venu, je lâcherai la tienne.

Tout au long de notre vie, nous ne cessons d'apprendre.

Pourtant nous savons l'essentiel, dès nos premiers jours.

Maman, j'ai besoin de ton odeur pour me sentir chez moi

Mon fils, l'odeur du large est un appel au voyage.

Maman, j'ai besoin de ta présence pour connaître ma valeur.

Mon fils, ta valeur n'est rien d'autre que la fierté que j'ai de t'avoir pour fils.

Soif d'apprendre, soif de savoir, tout savoir, jusqu'à l'inutile.

Besoin de comprendre, d'expliquer, d'aller au delà de l'infiniment petit.

S'imaginer l'infiniment grand et un jour se sentir prêt.

Maman, tu as encore tant de choses à m'apprendre.

Mon fils, Monte dans ce bateau et vogue vers ton avenir.

Maman, tu sais que je t'aime tant, même si je pars.

Mon fils, je sais que tu m'aimes, puisque je te laisse aller.

Dès les premiers jours, je t'ai offert tout ce que je savais.

Dès ton premier cri, j'ai su que tu partirai.

La vie, la mort, la peur, l'oubli le lisais tu dans mes yeux?

Tant d'amour à te donner, que déjà je savais que tu ne m'appartenais pas.

Va, mon amour. Ne rate pas ton départ, la mer est calme.

Le bateau est fier mon fils. Prends soin de toi puisque je t'aime.

Trainmusical

Photo de Trainmusical

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19 juin 2009

Arrogance

Je suis « Le Lampadaire ».ST831330

Ne vous méprenez pas mes frères,

Je ne suis pas n'importe quel luminaire.

Je suis l'unique lampadaire

De l'impasse des Bruyères.

Ma lumière discrète et pâle

Veille sur la nuit des notables.

Ceux qui ont des décapotables,

Et sont tout en haut de l'échelle sociale.

La nuit, je suis le seul témoin,

Du calme et de la beauté de leurs jardins.

J'illumine la rue du soir au matin,

Et écrase mes confrères de mon dédain.

Les notables admirent ma discrétion,

Leurs femmes ma stratégique position,

Qui éloigne les mauvaises intentions.

D'ou l'importance de ma profession.

Respecté par grands et petits,

Les jeux de ballon sont interdits.

Chiens et chats fuient ma compagnie,

Sur moi serait sacrilège de faire pipi.

Mais à la même heure chaque soir,

Je pleure de désespoir.

Un chien laid blanc et noir,

S'empresse de venir me voir.

Il tourne autour de moi en se moquant,

Puis me flaire en me narguant.

Enfin après un clin d'oeil outrageant,

Il lève la patte en m'innondant!

Consigne 77 de Kaléïdoplumes

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16 juin 2009

Trop!

 

Ai-je oublié de penser à toi une seule minute aujourd'hui?

Sans doute!

Tu dirais: quelle importance!

Ai-je pensé à toi tout au long de la journée?

Je ne crois pas!

Tu dirais: baï cagat! ça va changer quoi?

T'ai-je dit plusieurs fois dans ma tête: "Tu me manques"?

Pas assez je pense.

Toi tu dira: "T'as pas autre chose à faire?"

Me suis-je répétée "Je t'aime maman" suffisamment?

Oui, puisque j'en ai pleuré.

Toi, tu rirais: "Tu veux me faire chialer moi aussi?"

Il se trouve qu'aujourd'hui j'ai besoin de toi maman.

Je veux qu'on pleure ensemble, je veux te consoler, je veux que tu me consoles.

Je veux que tu me dises ta confiance, ton courage.

Maman, demain, ma soeur, mon aînée, rentre en clinique.

Putain de sclérose en plaques qui veut la mettre à terre.

Je sais, tu vas me dire: elle a déjà connu ça, tu la connais ta soeur, solide comme un roc, elle ne pliera pas!

Et moi je reste là, devant ce clavier à parler à une morte.

Une morte dont l'anniversaire serait aujourd'hui,

Un morte qui ne peut me voir pleurer, rager.

Parce que ma soeur, l'unique, la seule, celle que j'aime de tout mon coeur,

celle qui a partagé mes rires et mes pleurs, celle qui m'a protégée, choyée, aimée.

Cette soeur que j'aime au point de ne pas savoir comment lui dire que j'ai peur, de la voir, de la toucher, de l'aimer.

Mais cette soeur qui est seule à partager l'immense amour que nous avons pour toi.

Elle n'a pas besoin de moi pour affronter cette putain de maladie.

Elle, elle veut juste que je lui dise je t'aime.

Je voudrais faire tellement mieux.¨

être meilleure.

Je l'ai, cette envie au fond de moi, alors pourquoi elle reste là?

Régine, Régine , lis ce blog, lis que je t'aime, lis que je me sens nulle, lis que je t'admire, lis que ton mal, je pourrai le prendre, le porter, à ta place s'il le fallait. Si on m'enlevait, cette putain de peur qui me ronge, cette putain de peur des autres!!!!!!!!!!!!

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04 juin 2009

Un p'tit vent

Puisqu'il faut que la vie soit ainsi,

je ne peux que me soumettre,

au désir de mon maître.

J'aurais aimé avoir la force d'un ouragan, intrépide et fascinant.

Ou la fraîcheur du vent du nord, glacé et frissonnant.

J'aurais aimé être un vent d'autan, et chasser les nuages en concquerrant.

Mais je ne suis qu'un petit vent de sud, non répertorié et même pas dominant.

Le géomètre ai rencontré, il m'a tout expliqué, me prouvant par A+B qui j'étais.

Traçant des lignes, des droites et peu de courbes, il m'a montré d'où je venais.

Maintenant, je le sais, je suis un petit vent du sud, aimable et caressant.

J'ai l'odeur d'un pamplemousse et la douceur d'un chat aimant.

Et les yeux des garçons, se posant sur les jambes des filles,

quand le printemps les déshabille, c'est grâce à moi qu'ils brillent.

Je n'irai jamais souffler, me déchaîner sur le grand lac Huron,

L'Amérique, même celle du nord, ne me tente pas, de toute façon.

Mon maître dieu du vent Eole, ne s'y est finalement pas trompé,

Il m'a inventé et placé en première ligne durant les mois d'été.

Ainsi je souffle quand bon me semble durant la saison,

me concentrant principalement sur les jupons.

Jupons qui virevoltent sous les yeux des garçons.

Ne dit-on pas qu'aux amours, propice est la saison?

Pour la consigne 75 de Kaléïdoplumes

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03 juin 2009

Grande gueule

082207175800Le vieux Léon, assis sur un banc,

comme chaque jour, face à l'océan.

Les 2 mains posées sur le pommeau de sa canne,

la casquette vissée sur son crâne.

Le vieux Pierrot le rejoint, traînant les pieds,

les mains dans ses poches, bien enfoncées.

Un signe de la tête, il s'assoit à son tour

Chacun sa place, comme chaque jour.

_..............

_..............

_ Hé oui! Souffle le vieux Léon

_ Hé oui! Répond en écho le vieux Pierrot

_ ............

_............

_ Hé oui!!!!

_ Hé oui!!!!

Le temps passe. Le dialogue improbable se poursuit.

Sur les coups de 17h, un petit vieux arrive, et s'assoit à son tour sur le banc.

_ Hé oui! Souffle le vieux Léon

_Hé oui! Répond en écho le vieux Pierrot.

_ Hé oui oui oui! Ajoute le nouveau venu.

Le temps passe. Le dialogue improbable se poursuit. Jusqu'à l'heure du souper.

Le lendemain, même heure, même endroit.

Le vieux Léon est assis sur son banc.

Le vieux Pierrot le rejoint face à l'océan.

Un signe de tête et à son tour il s'assoit.

_..........

_..........

_Hé oui!

_Hé oui!

_ Au fait Pierrot, c'était qui cette grande gueule hier?

_ Je sais pas, mais quel emmerdeur !!!!!

Pour la consigne 73 de Kaléïdoplumes   (PHoto de Pati)

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02 juin 2009

Sur les traces de la marmotte

Pollux aime la neige

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Moi, les fleurs haut perchées

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Le silence et le vent de face nous aide

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En voilà une qui ponte le bout de son nez

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Un peu plus bas près d'un ruisseau

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Elle est là, curieuse et confiante

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Puis, à la vue du chien, disparaît dans son terrier

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Je ne peux plus vivre sans la montagne près de moi

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J'y trouve des trésors

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Sans cesse renouvelés

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Anayet

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Les Pyrénées côté espagnol, le pic d'Ossau côté Sud

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Nous débutonsà 1500m d'alt.

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2000m, spectacle lunaire

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Le pic d'Ossau, ou Jean-Pierre, magnifique

7109

2200m, la neige résiste

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Un petit lac encore gelé

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Un second plus grand

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Nous partons sur les traces des marmottes

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22 mai 2009

Marathon en duo

Une maison de ville de deux étages.

Deux appartements à chaque étage.

Fenêtres côté rue: les passants passent sur le trottoir d'en face

Fenêtres côté jardin: au fond de l'allée centrale, un cabanon s'écroule.

A l'intérieur: un escalier de bois, rampe patinée par la main des enfants.

A l'extérieur côté rue: 3 marches pour retrouver les passants du trottoir côté impair.

A l'extérieur côté jardin: un balcon puis un escalier de pierre et une rambarde en fer.

Au bas de l'escalier, une cour, terre noire, herbe inexistante.

Après la cour, les jardins de chaque côté de l'allée centrale.

Au gré des jardins: des rangées de tomates, poireaux et autres plantations.

Mais encore? Des clapiers. A l'intérieur, des lapins et du foin.

Le troisième à gauche: jardin familial. Les tomates sont mûres.

Aussitôt cueillie, aussitôt croquée, parce que l'enfance c'est à pleine dents qu'on mord dedans.

Revenons vers la cour.

Sur la droite, la pompe à eau. Elle pompe pendant que je glisse mes pieds nus sous l'eau fraîche.

Je pompe et ses mains réunies récupère l'eau dont elle se régale.

Sous le balcon, et la maison: les caves, sombres et inquiétantes.

Lumière minutée, notre cave est la plus éloignée, je n'aime pas y aller.

Les odeurs, je ne vous ai pas parlé des odeurs.

Odeur de renfermé dans les caves.

Odeurs de bois ciré dans les escaliers.

Odeur de terre mouillée dans la cour.

Odeur de fruits mûrs dans les jardins.

Odeur d'enfance côté rue, comme côté jardin.

Odeur de simplicité à tous les étages.

Instantannés, pour un texte nostalgique à souhait.

Voilà comment était la maison de mon enfance.

Voilà  comment, par le miracle d'un marathon d'écriture, feuille a transformé ma maison :

C'est une vieille maison que j'ai acheté, une grande maison de ville, deux étages et un grand jardin.

Côté rue, trois marches pour un numéro impair, le cinq. Elle ressemble un peu à toutes les autres dans la rue, discrète, mais rassurante. Des quatre appartements, j'ai fait une grande maison chaleureuse. En y entrant, j'ai tout de suite aimé ses pierres et ses boiseries. On en voyait peu, mais ça suffisait pour me réjouir. J'ai réussit à retrouver les grandes cheminées cachées derrières d'horribles panneaux d'un bois quelconque, papiers-peints fleuris. Depuis, je sens qu'elle respire mieux.

L'escalier me causa quelques soucis. Le déplacer ? impossible. Je l'ai habillé de velours et fleurs de lys. Sa majesté peut ainsi admirer son jardin royal au travers de grandes porte-fenêtres.

Côté jardin, ce fut mon coup de cœur. Un coin de campagne en pleine ville. Je dirais même que la maison n'existe que pour ce jardin. A droite, une antique pompe à eau et sa pataugeoire, improvisée par le temps. J'irais y mettre quelques poissons rouges. Ils chatouillerons les orteils de Cassymary. Un peu plus loin, un vieux jardin potager où la menthe et le thym se disputent entre les mauvaises herbes. Au bout de l'allée, des clapiers vides. Ils me rappellent ceux de mes grand-parents et le lapin du dimanche qu'il fallait tuer et dépecer. Au fond un cabanon sans âge, toujours sur le point de s'écrouler entre les mûres sauvages. Peut-être cache-t-il un trésor ?

La maison est vieille et silencieuse, comme la belle au bois dormant, elle attend

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21 mai 2009

La sieste

Il y a la pelouse à tondre, les tomates à planter, et puis les rosiers à tailler, et la chaise longue qui me fait de l'oeil.

Par une journée ensoleillée, le jardin sent bon le printemps. Les températures grimpent, et la chaise longue n'attend que moi.

Après le repas, vaisselle faite, cuisine rangée, je prends mon café, à l'ombre du cerisier.

J'ai sorti table et chaises de jardin. Les premiers repas « dehors » rassurent et le moral est au beau fixe.

Je n'ai pas sorti le parasol, on a tant besoin de chaleur sur nos peaux frileuses et blanches. La chaise longue me tend les bras. Il n'est pas encore l'heure.

Je l'ai juste sortie « au cas où » ou pour tout à l'heure. Après la promenade des chiens, après que le linge soit étendu. Après que le coup de fil soit passé.

Et puis je me décide enfin. Lunettes de soleil, livre dans une main, perrier orange dans l'autre, je m'installe enfin.

Tête à l'ombre, corps au soleil, j'apprécie l'instant présent.

Non, je ne fais pas la sieste, je me détends simplement.

Je lis quelques ligne, bois une gorgée, me replonge dans mon livre. Puis pars à la dérive.

La chaise longue prête à la contemplation. Des avions tracent des lignes impeccables dans un ciel sans nuage.

Je me concentre sur le chant des oiseaux. Je fais taire mes chiens. Silence! Non! Je ne fais pas la sieste, je prends du bon temps.

Tout doucement, je me laisse aller à une torpeur douce et légère. Un petit vent vient rafraîchir l'atmosphère, juste assez pour ne pas sentir la morsure du soleil. Juste assez pour se sentir de mieux en mieux.

Je ne fais jamais la sieste, vous savez! Pas le temps, pas envie, trop de choses à faire et jamais le temps de rien.

Je me suis allongée quelques instants. Je suis en train de lire un livre très intéressant.

Je me suis laissée aller à ne plus penser à rien, du coton a envahi mon cerveau. Une apesanteur bien sympathique a pris possession de mes muscles.

J'ai bien essayé de lutter. Non! Je ne fais pas la sieste. J'ai ce livre à finir, et puis un texte à écrire.

Il faut aussi que j'entame le marathon. Voyez, pas de temps à perdre.

La chaise longue m'a prise par surprise.

Le temps était à l'orage. Sur ma chaise longue, je voulais bouquiner. Je me suis endormie, sans y penser. Une petite sieste j'ai fait.

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20 mai 2009

Marathon (2)

J'aime les arbres, pour ce qu'ils représentent. Dans un arbre, je vois la vie, je vois le temps qui s'écoule lentement.

Je vois les saisons, je vois le décor qu'ils dessinent dès qu'ils sont à plusieurs.

J'aime toucher le tronc rugueux, c'est leur fierté d'exhiber cette force tranquille.

Et la fragilité qui les caractérise aussi dans leur feuillage qui se balance au gré des intempéries.

Et tout un monde qu'il cache dans leurs racines: l'attachement à leur terre, autant de cordons ombilicaux qui les relient à leur mère nourricière.

 

Près des arbres il y a souvent de l'eau.

Dans les montagnes, les ruisseaux sont des cascades.

Les milliers de gouttelettes jouent une symphonie qui, si vous n'y prenez gare, vous hypnotise au point de vous clouer au sol de longues heures encore.

Il faut s'éloigner des villes, oublier les routes surchargées.

Il faut emprunter des petites routes de campagne, puis des chemins de terre.

Il faut laisser la voiture et continuer en marchant.

Et puis il faut grimper, parfois à travers les rochers, loin des sentiers balisés.

Il faut suer sang et eau pour atteindre la source.

Et puis on pose le sac à dos, on enlève chaussures et chaussettes, on trempe ses pieds meurtris dans l'eau glacé et tout est oublié.

Je me sens souvent « bête » dans la montagne. Je souris sans raison, je respire à plein poumon, je me roule dans l'herbe.

Je me sens libre de ressentir des émotions vierges de toute pollution extérieure.

La futilité dans laquelle nous plonge la société actuelle, la course éfrénée au bonheur « virtuel »; entendez par là bonheur fabriqué par pub interposée, apparence à exhiber, et rôle à tenir en société; me devient insupportable.

Alors, couchée dans l'herbe avec le soleil pour témoin, je rêve que plus jamais je ne redescendrai dans la vallée.

Et puisque j'aime les arbres, je les photographie.

Je cherche le détail qui les identifie. Qui fait qu'un arbre ne ressemble à aucun autre.

Dans chaque paysage où je pose mes pas il y a des arbres. Et parmi eux je cherche MON arbre.

Mon arbre, c'est celui qui me ressemble. Il va attirer mon oeil par un détail, que parfois je suis seule à remarquer.

Ou bien il va s'imposer à moi par son caractère affirmé, se positionnant de façon très particulière. Ainsi mon regard sera aussitôt attiré vers lui.

Ne pensez pas que ce soit facile de découvrir son arbre, dans chaque lieu de balade. Il faut parfois chercher, marcher longtemps, y penser au détour de chaque arbre, et puis ne plus y penser du tout, plongé dans la beauté du paysage.

Jusqu'à ce que, au détour d'un chemin, l'arbre apparaisse enfin.

Une aubépine au sommet d'une montagne nue.

Un vieux chêne malade dans une forêt de sapins.

Un bouleau pris dans un fil de fer barbelé.

On immortalise l'instant pour laisser une trace quelque part, un peu comme un tampon au bas d'une feuille administrative.

Fait à tel endroit, tel jour. Ceci est mon arbre, dans ce paysage là.

Chaque arbre ainsi répertorié est une de mes racines.

Chaque racine me maintient en vie.

Posté par cassymary à 20:00 - Ecrire - Permalien [#]
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