J’ai planté un arbre
J’ai planté un arbre, derrière le mur, un bel arbre feuillu, avec un tronc robuste et de longues racines. Je voulais être sûre qu’ici il vivrait. Qu’il aimerait cette terre et en ferait sienne. .
Ce mur qui ne soutient plus rien, il fut un temps il avait un toit. C’était sans doute une maison modeste avec peut être un jardin devant. Sur ces terres arides, des hommes et des femmes se sont aimés. Ils ont ici travaillé la terre, ont vu grandir leurs enfants, et y ont rendu leur dernier soupir.
Nous aimions cet endroit et je rêvais à voix haute ce qu’était la vie des gens d’ici. Toi tu m’écoutais, toujours étonné de la capacité que j’avais à inventer une vie entière, à redessiner une maison, une cheminée, et même à délimiter le petit bout de jardin. Et puis tu finissais par te prendre au jeu, ajoutant des détails pour compléter mon décor.
Nous avions marché dans des tas de lieux, arpenté ces montagnes d’est en ouest et du nord au sud. Nous avions longé des murets, photographié des centaines de maisons en ruines. Mais c’était précisément cet endroit là que nous préférions. Je ne saurais dire pourquoi nous avions eu un coup de cœur pour cet endroit précis. Je me souviens t’avoir dit que même âgés, nous serions capables de monter jusque là, pas plus haut, mais au moins jusque là. Tu m’avais répondue que oui, certainement, que c’était sans doute parce que ce mur et la maison que nous imaginions autour nous appartenaient un peu.
Et puis un après-midi où nous étions assis à même le sol, le dos appuyé au mur, j’ai éprouvé un besoin urgent de te parler de quelque chose d’important, D’habitude tu éludais le sujet en disant "c’est trop tôt ". Cette fois-ci tu m’as laissée parler.
- Si je pars avant toi, promets-moi de ne pas m’amener à l’église, et je souhaite que mes cendres soient éparpillées à cet endroit même, et que tu consacres une journée de ton année à venir voir si les fleurs sont belles au printemps. Et qui sait, peut être un jour un arbre prendra racine pour te dire qu’ici je suis bien. Tu le verras de loin, derrière le mur, tu l’auras en point de mire et ton cœur se réchauffera à mesure que tu t’approcheras. C’est ainsi que je te sentirai arriver.
- Oui, je ferai ce que tu me demandes, c’est un très bel endroit pour se mélanger à la terre. Et comme elle est généreuse, il y aura sans doute une place pour moi. Tu veux bien partager ton petit bout de jardin ?
Je suis revenue seule planter un arbre derrière le mur, à l’endroit même où il y a un an j’ai semé tes cendres. J’ai trouvé des fleurs, des tas de fleurs des montagnes. Il me semblait qu’elles étaient dix fois plus nombreuses que l’année précédente. J’ai planté un arbre, un arbre que je puisse avoir en point de mire en arrivant. C’est un hêtre sylvestre. Sa couleur passe du vert clair au printemps, au vert foncé en été, pour virer au jaune d’or et au marron à l’automne. Il vivra entre 300 et 500 ans. Il va s’enraciner et grandir et sera le témoin de notre histoire, de mon chagrin, toi de l’autre côté du chemin, et moi à présent seule du côté de la vie.
2012 ou la fin d'un monde
2012, fin de l’histoire, fin de vie, fin du monde, et tous les possibles à vivre.
Et puisqu’on me le propose, en ce début d’année, je choisis de revenir sur trois moments de ma vie passée, et je m’applique à les revivre intensément, pour partir sans regret :
- juillet 1993 : randonnée de quelques jours en montagne. Traversée à pied d’un petit bout de Pyrénées. Poser la tente chaque nuit près d’un lac. Tremper mes pieds dans l’eau glacée. Ecouter le silence dans l’obscurité d’une nuit étoilée. Me réveiller avec l’aube, et me sentir en osmose totale avec une nature préservée. Revivre intensément ces heures où, serrée dans tes bras, notre fils fut conçu. Ne plus avoir envie de redescendre dans la vallée.
Cette fois-ci, ne plus revenir.
- Août 1996 : vacances en famille en Aveyron, chère à mon cœur, pays de mes racines. La chaleur de l’été, mes enfants, nièce et neveu, réunis et leurs rires éclatants. Ma sœur alors en pleine santé, et maman, grand-mère comblée. Nos repas animés dans le grand pré, notre bonheur simple de partager. Etre bien. Et la vie qui s’écoule tranquille, témoin des souvenirs que l’on fabrique pour plus tard, lorsque le temps aura fait son œuvre.
- Noël 1998 : un cadeau inestimable, maman, accompagnée de mon père, qui me fait la surprise d’arriver en fin d’après-midi. Sans que je n’en sache rien, te croyant au travail, tu as roulé six heures pour aller les chercher. Nous sommes le 24 décembre, il est dix-sept heures, le chien aboie. Je sors sur la terrasse et je vois maman, rayonnante, passer le portail. Larmes à peine retenues. Ce soir pour la veillée, nous serons tous réunis. J’engrange les souvenirs. Premier noël tous ensemble depuis très longtemps, et dernier avant des années peut être.
Voilà, je suis prête à accepter le moment redouté. Plus que quelques mois. Je cherche une maison immense, lumineuse, au milieu des montagnes, au plus loin de la ville. J’y réunis tous ceux que j’aime. Mes enfants y viendront avec ceux qu’ils aiment, ma sœur, mon neveu et ma nièce feront de même. Les chiens dormiront dans le salon, les chats envahiront les chambres. Les portes resteront ouvertes, et les volets jamais fermés. J’aurai jeté tout ce qui nous relie au monde dans un grand feu de joie : téléphones, ordinateurs et téléviseurs. Nous lancerons nos montres dans les flammes. Il y aura un piano, des guitares, le saxo et la batterie de Charly, la flûte de Lucie.
Nous vivrons de musique et de chants, de longues promenades et de repas à la belle étoile ou au coin du feu.
Il n’y aura ni rancune, ni regret, ni remord.
Chaque jour ressemblera à une vie entière, sans que nous sachions quel en sera la date ni l’heure.
Le moment venu, nous ne le saurons pas, trop occupés à profiter de chaque seconde de la vie de l’autre.
Pour la consigne 197 de Kaléïdoplumes
Entre deux années
Je poserai sur une neige immaculée
Une bougie à la flamme vacillante
A même le sol, et son ombre dansante
Réchauffera mon cœur
C’est lui qui battra
Les douze coups de minuit
Je le devinerai, à une pleine lune
Accrochée comme un trophée
Dans un ciel étoilé
Le silence enveloppera
La trace de mes pas
Je n’aurai pas peur ni froid
Et dans le sablier que je retournerai
Il y aura des flocons
A cet instant là, dans la vallée 
Un voile blanc recouvrira les toits
Il y aura des chants et des rires d’enfants
Que je n’entendrai pas
Je ne prierai pas
Minuit passé
J’allumerai un feu de joie
Puis je m’endormirai emmitouflée
Dans un manteau d’hiver
Bercée par le crépitement
Des premières secondes du reste de ma vie
Bonne année
Un 13
J’ai la mémoire des dates, c’est ainsi, je ne peux rien y faire,
Si ma tête 'l’oublie, mon corps lui, jamais.
Ce nœud dans l’estomac, ce ventre gonflé et lourd,
Ce cœur oppressé, cette boule dans la gorge,
Cette nervosité, ces yeux désespérément ouverts et humides,
Alors qu’il est tard, alors que je suis lasse.
C’est un 13, un 13 décembre, maman,
Alors la moindre parcelle de ma peau revit ces instants là,
Ceux où je t’ai dis au revoir pour la dernière fois, cet adieu que tu n’as pas entendu,
Et puis ce coup de fil,un 13 décembre 2003, à 6 heures de matin.
J’ai eu une journée affreuse maman, une journée de merde.
La veille c’était pas terrible non plus, j’ai raté un avion, dépensé une fortune pour en prendre un autre trois heures plus tard, et culpabilisé 24 heures d’avoir payé aussi cher un retard de quelques minutes.
Ma semaine s’est illuminée avant hier, le 11 décembre: j’ai visité le musée d’Orsay à Paris.
Mais surtout, surtout j’ai admiré les œuvres de Monet, et comment te dire, ça m’a fait comme un choc, de voir ses toiles “en vrai”.
J’en rêvais depuis longtemps, et là, j’ai compris pourquoi j’aimais sa peinture. Je ne saurais pas t’expliquer avec des mots.
C’est comme si il avait tout compris du sens de la vie de chaque fleur, chaque grain de sable.
C’est comme si il ne voyait plus avec ses yeux mais avec tous ses sens.
C’est comme s’il me dévoilait par touche microscopique comment était né le soleil, le vent, la pluie, l’herbe ou les fleurs.
Moi j’étais comme une gosse qui découvre les crayons de couleurs et tout ce qu’on peut faire avec.
Je ne connais rien à l’art, mais parfois l’artiste sait me prendre la main et me guider vers le beau, et Monet sait le faire mieux qui quiconque.
Alors ce dimanche, maman, j’étais heureuse, parce que j’ai presque touché du doigt une peinture qui parle à mon âme.
Je suis allée chercher l’eau
Je suis allée chercher l’eau, avec ma plume, avec mes mots,
La consigne était inspirante et j’étais motivée,
Je la voulais surgissant, claire, bleutée,
D’un de ces magnifiques glaciers des Pyrénées.
Je la voulais sinueuse, éclaboussant les rochers des sommets,
Ceux que je foule sans cesse, sur les sentiers d’altitude.
Je la voulais fraîche, bruyante, envahissante,
Pour accompagner mes pas dans un décor verdoyant.
Oui, je suis allée chercher l’eau, celle que j’aime, que je respire,
Celle qui chante au rythme de mon corps que je rudoie,
Lorsque la pente se fait abrupte.
C’est ce que je m’apprêtais à faire à l’instant même,
Poser des mots sur le plaisir de l’eau.
Et mes pensées sont parties vagabonder vers un ailleurs,
Lorsqu’à la radio, la musique a fait place à l’info
« Danielle Mitterrand est décédée dans la nuit »
Je suis allée chercher l’eau, l’eau de votre vie,
Celle de votre fondation, France Libertés.
Dans cette simple bouteille de plastique,
En forme de feuille, puisque là où il y a des arbres, il y a la vie,
Et là où est la vie, l’eau n’a pas de prix.
C’est donc votre combat que j’ai choisi,
Pour illustrer l’eau, source de vie
Vous pour qui liberté signifiait égalité,
Parce que où que tu naisses, tu as le droit de vivre,
De penser librement, de manger à ta faim, et de boire sans compter
Je suis allée chercher l’eau, celle qui vient dans ma maison,
Celle qui jaillit d’un robinet dans ma cuisine,
J’en ai rempli la bouteille de plastique,
J’ai regardé le message inscrit dans son fond,
Se déformer à travers le clapotis :
« Bien commun de l’humanité
L’eau n’a pas de prix »
Et j’ai pensé à vous, Mme Mitterrand,
J’ai bu à la bouteille, en votre honneur Madame,
J’ai bu l’eau du robinet, en m’imprégnant de cette idée,
Que coulait dans ma gorge un trésor d’humanité.
Pour la consigne191 de Kaléïdoplumes
Le circuit d’Arrièlère
Pour accéder au point de départ de cette rando, Il faut tout d’abord dépasser le village d’Aulon
Et grimper la petite route à lacets
Nous laissons la voiture au hameau des Granges de Lurgues, que nous visiterons au retour
Nous sommes à 1400m d’alt. Nous empruntons le sentier qui remonte sur le flanc nord de la vallée d’Aulon
Nous sortons du petit bois
Et nous continuons à grimper
L’eau est omni-présente, elle est claire et chantante
Nous laissons la vallée loin derrière
Nous allons bientôt atteindre la cabane d’Auloueilh
La voici au loin
Elle est située à 1853 m d’alt.
Elle est occupée en été par un berger. Une partie est réservée aux randonneurs. 
Le domaine pastoral est immense.
Beaucoup s’arrêtent là pour passer la journée et profiter de la beauté de ce paysage.
Nous décidons de poursuivre notre route en prenant le sentier qui monte vers le col, au sud de la cabane
C’est la partie la plus dure,
ça monte très fort pendant une bonne demie-heure.
Je ne suis pas à la fête
Nous arrivons enfin au sommet, le Pène d’Arrièlère, 2050m d’alt.
Le décor est magnifique,
encore une fois, la montée en valait la peine 
Derrière, au fond, nous apercevons la cabane d’Auloueilh, c'est là que nous étions il y a une heure
Même Pollux est sous le charme
Nous allons rejoindre la cabane de Coussitirou, en suivans la crête
Nous passons cette barrière qui sert au comptage des bêtes
Et descendons vers le vallon de Rabat, avec la cabane en point de mire
Nous ferons la pause casse-croute près de là
Ici aussi il y a un berger durant les mois d’été
Installons-nous
Et busons un thé brûlant en trinquant à la montagne
Prenons des forces, nous devons redescendre jusqu’au bois que vous apercevez là-bas.
Allez, il faut terminer la boucle
Nous allons descendre le sentier qui suit le torrent,
jusqu’à cette petite cabane, qui se trouve juste avant la forêt de sapins.
Elle sert de gites de fortune pour les randonneurs.
A l’intérieur, une cheminée, une mezzanine avec un matelas douteux,
et des prénoms gravés sur la pierre
Nous laissons derrière nous, là-haut, un goût de revenez-y
¨Pour s’enfoncer dans le bois
Traverser le petit pont
Et descendre encore. Jusqu’au hameau de Lurgues
¨Pollux ne revient pas bredouille
Flânons dans le hameau. Les granges sont superbement restaurées
Les fils électriques sont enterrées, ce qui donne encore plus de charme à la petite ruelle qui s’enfonce entre les maisons
La vieille pierre est totalement en osmose avec la nature
Ici, loin des grandes villes, des stations de skis et des autoroutes, on cultive le bonheur
Au rythme de l’eau qui s’écoule et en distille les secrets
C’était un 20 novembre sur un bout de terre, près du Néouvielle
Sampa chien fidèle
Je m’appelle Sampa et je suis chien bâtard
Je m’appelle Sampa et mon histoire est belle
Mon maître mon ami, que j’accompagne ainsi
Mon ami et mon maître, pour son dernier voyage
M’a fait durant longtemps une vie belle et douce
Une vie de pacha,
Une vie de roi
Il y a plus de dix ans, derrière des barreaux,
Je me laissais mourir, d’ennui et de chagrin
Nul ne voulait d’un chien adulte et malade,
Enfermé dans cet enclos sombre et sale.
Je me laissais mourir, lentement, consciencieusement.
Sous le regard d'éventuels adoptants, je n’étais rien
Rien qu’un parmi tant d'autres
Je n’avais pas de nom, je restais dans mon coin
Pendant que mes compagnons d’infortune, aux grillages jappaient
Sous l’œil attendri des mômes et leurs parents
Je n’avais pas d’espoir, je ne croyais plus en rien,
Je n’avais connu que des coups de bâtons,
Le sol froid du dehors pour couchage
Et la gamelle seulement un jour sur deux
Puis vint ce jeune homme timide,
Son regard se posa sur moi, au fond de cette cage,
Moi, roulé en boule, les yeux désabusés à peine levés sur lui.
Lorsqu’il me désigna du doigt, je ne bronchai pas,
Pensant à une erreur, à une mauvaise blague,
Mais c’était moi et moi seul qu’il voulait
C’est avec une corde de fortune qu’il m’emmena chez lui,
A quelques rues de là.
Il me donna un nom, et je devins Sampa.
Il me soigna, patiemment, tendrement,
Dans son foyer, je repris goût à la vie
Mon maître mon ami sut m’aimer, me chérir.
Je devins son complice, chaque instant de sa vie,
Lui rendis son amour au centuple.
Je me souviens de nos longues promenades,
Le long de la Garonne,
De nos vacances à la campagne,
De la place qu’il me faisait au pied de son lit.
Je me souviens de ses caresses, de ses mots apaisants,
Lorsque j’avais peur d’une main inconnue qui se tendait vers moi.
Je me souviens de la crainte qui s’empara de moi,
Lorsqu’il rencontra sa future,
De la terreur qui fut la mienne,
Lorsqu’un premier enfant vint combler la famille.
Il fut pourtant toujours fidèle,
Comme je le fus tout entier, corps et âme.
Je m’appelle Sampa et je suis chien bâtard,
Je m’appelle sampa et je suis chien fidèle,
Aujourd’hui, mon maître, mon ami,
Aujourd’hui je t’accompagne en ta dernière demeure,
Et lorsque la terre t’aura avalé,
Lorsqu’il ne restera sur toi que le poids de mon chagrin,
Je me coucherai là, près de toi, corps et âme,
Et j’attendrai de te rejoindre enfin.
Ne pleure pas, toi qui lis mon histoire,
Je pars heureux et fier d’avoir eu cet homme pour maître
Souviens-toi de Sampa chien bâtard, chien fidèle,
Sampa dont l’histoire fut vraie et belle.
Pour Kaléïdoplumes, consigne 190
Librement inspiré de la chanson “Sampa” de Georges Chelon.
Sampa: nom que j’ai donné à mon 1er chien, adopté à la SPA, en hommage à cette très belle chanson.
Le plateau de Saugué
Nous partons aujourd’hui admirer les granges de Saugué, situées à 1600m d’alt. Au départ du village de Gavarnie.
Nous laissons la voiture près de cette cascade
Et descendons vers le bas du village.
Nous traversons une première fois le Gave 
Et le longeons.
Nous empruntons un sentier qui traverse un petit bois
Nous voici à Bareilles, petit hameau de Gavarnie. Nous longeons une ferme
Accolée à cette ferme, une ancienne chapelle
Nous traversons à nouveau le Gave
Nous montons vers un petit groupe d’habitations, laissant derrière nous les cols enneigés du site de Gavarnie
Le sentier de Saugué passe entre deux maisons et grimpe sèchement, entre deux murets de pierre, la vue est magnifique
Plus haut une petit groupe de granges que nous longeons
Le cirque de Gavarnie s’offre à nous, au loin, derrière le village où nous avons démarré
Nous arrivons sur le plateau
Et poursuivons notre route
Sous l’œil curieux de quelques habitants
Nous longeons plusieurs granges


Jusqu’au bout du plateau
Nous nous installons pour le casse-croûte au dessus de celle qui me parait la plus belle
Ici les granges sont orientées Nord-Sud pour résister au mauvais temps qui, lorsqu’il vient d’Espagne, souffle en violentes bourrasques
Il est malheureusement temps de redescendre
Nous reprenons le sentier en sens inverse
Sentier escarpé jusqu’au Gave, où nous empruntons ce joli pont de bois
Et longeons le Gave qui s’engouffre dans un défilé étroit 
L’occasion de faire de belles photos
Le défilé passe sous ce pont de pierre
Puis au niveau de cette grange à moitié en ruine
C’était un 13 novembre, en direct d’un coin de paradis
La cabane d’Aygues-Cluses
Randonnée dans les Hautes Pyrénées. Nous laissons la voiture sur les pentes du Tourmalet, au pont de la Gaubie. C’est parti pour 5 heures de randonnées.
Départ à 1538m. Dès le départ, nous admirons le pic du midi, juste derrière et à droite du courtaou de la Gaubie (cabane de berger en ruine)
L’élevage a été durant des centaines d’années l’activité principale dans les vallées du massif. Tout au long du sentier, il y a des vestiges de cabanes de bergers. Elles étaient habitées plusieurs mois de l’année,à la belle époque du pastoralisme.
La plupart ont été emportées par des avalanches et des chutes de pierre,et il ne reste plus que des ruines aujourd’hui.
Chemin faisant, je me laisse emporter par mon imagination qui m’amène des centaines d’années en arrière, au temps ou ce sentier était rempli du cri des bergers appelant les moutons.
Arrivée au pond du Pountou

Nous prenons à gauche le sentier qui monte ver Aygues-Cluses
Nous suivons le torrent, le traversant à plusieurs reprises
Jusqu’ un petit plateau où nous découvrons la neige.
Le torrent y fait des méandres avant de disparaître dans les éboulis
Nous suivons le sentier qui longe le torrent; jusqu’à un abri sous roche, nommé cabane de la Pègue. 
Plus haut, une cabane de berger en ruine, au centre d’un couloir d’avalanche, où les rochers s’amoncellent
Nous rentrons dans un bois de pin, nous continuons à suivre le torrent.
Un peu plus loin, nous découvrons la trace des isards
Ils viennent se désaltérer à cet endroit là

Le parcours est superbe.
L’odeur des pins remplit l’espace.
Le bruit du torrent,
tout proche,
nous accompagne.
La montée devient un peu plus technique.
Des plaques de glace ça et là nous imposent un peu plus de vigilance.
Nous arrivons à un embranchement.
Il nous faut traverser à nouveau le torrent pour remonter une croupe enneigée
Encore un bon quart d’heure de marche et nous atteignons notre but, après 2h 45 de montée (la neige nous a pas mal retardés)
La cabane d’Aygues –Cluses est prise en photo sous toutes ses coutures
Un petit coucou de ma future maison de vacances

Nous nous installons sur un rocher pour casser la croûte.
Le décor est grandiose
il y a un lac près de la cabane, scindé en deux parties.
Le lac de Couyela Gran
Il est glacé, mais pas encore recouvert de neige.
C’est exceptionnel de découvrir un lac encore visible alors que le paysage est enneigé. On est venu au bon moment, dans quelques jours sans doute, la neige aura tout recouvert
Nous sommes à 2150 m d’alt. La température s’est considérablement rafraichie.
Il ne doit pas faire loin de 0°. Heureusement, le soleil est présent et nous réchauffe.
Pollux est tout à son aise sur ces hauteurs
Il est temps de redescendre. Les photos du retour au point de départ
Nous n’avions pas prévu les raquettes, et c’était limite par endroit. Nous n’imaginions pas qu’il avait neigé les jours précédents sur le massif, et la température sur le lieu de départ était de 11°.
Heureusement, nous sommes prévoyants et plusieurs vêtements avaient été mis dans le sac à dos. On n’est jamais trop prudent, surtout en montagne.
Mais le soleil nous a accompagné tout au long de la balade, et la neige sous le soleil, c’est féérique.


Nous paraissons minuscules au milieu de la montagne. Et le sentiment de liberté qui se dégage d’un tel décor nous permet de nous ressourcer pour plusieurs jours.


Cet énorme rocher, qui surplombe le torrent, sert de mur d’escalades aux mordus de ce sport.
Avouez qu’on est bien mieux ici que dans une salle de sport
Le dernier mot à Pollux:
Si je fais semblant d’être épuisé, tu me donneras un bout de ton casse-croûte?
C’était un 11 novembre en direct d’un petit morceau de Pyrénées



































